LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 55€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance avant 13h : 5€
Moins de 18 ans : 5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

La Paix, éternelle Utopie ?
Pas facile de décrypter le chaos du monde pour les spectateurs, plus ou moins lointains, que nous sommes, face aux faits tragiques qui nous submergent en avalanche via la presse, les réseaux sociaux, vraies ou fausses nouvelles… Et c’est dans ces moments-là que nous avons encore plus envie de croire...

LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
Vous y croyez, vous, au bon sens qui voudrait que partir se bronzer les fesses à l’autre bout du monde  avec des avions Macron volant avec du bio kérozène made in France serait bon pour votre corps et la planète ? Cela ne ressemblerait-il pas étrangement au discours tenu il y a quelqu...

Rosmerta continue ! Vous connaissez l’histoire ? 
Depuis les débuts, et même avant, Utopia Avignon suit l’histoire de près ! Ça fait presque cinq ans qu’on vous en parle dans nos gazettes, à chaque rebondissement. Ce qu’il s’est passé depuis 2018 : réquisition citoyenne d’une école vétuste appartenant au diocèse, procès et appel...

La LDH, attaquée, appelle au combat pour les libertés et la démocratie
Le ministre de l’intérieur menace de lui supprimer ses subventions, la première ministre lui reproche ses « ambiguïtés », d’autres polémistes de droites extrêmes leur faisant écho.Si on peut reprocher quelque chose à la LDH, c’est la constance de ses positions et de ses combats. Créée en 1...

Soutenez Utopia Palmer

KINDS OF KINDNESS

Yorgos LANTHIMOS - USA / GB 2024 2h44 VOSTF - avec Emma Stone, Jesse Plemons, Willem Dafoe, Margaret Qualley, Hong Chau... Scénario de Yorgos Lanthimos et Efthymis Filippou. Festival de Cannes 2024, Prix d’interprétation masculine pour Jesse Plemons.

Du 26/06/24 au 30/07/24

KINDS OF KINDNESSYórgos Lánthimos qualifie Kinds of kindness de « fable en triptyque ». On y a vu, de notre côté, un récit de trois nouvelles qui, chacune à sa manière, déclinent les mêmes thèmes : l’autorité, l’emprise, le libre arbitre, la dépendance affective et le désir d’appartenance. Motifs que Lánthimos et son co-scénariste, Efthymis Filippou, ont tricotés en mailles serrées, enchevêtrées jusqu’à l’excès.
À ce canevas le cinéaste a adjoint une sauce piquante qu’on lui connaît bien. Une pincée de cruauté, une bonne dose de perversité, une pointe d’humour et une giclée de sang frais. Le plat est salé. Trop parfois…
Reconnaissons-le néanmoins, Yórgos Lánthimos réalise avec Kinds of kindness un film sobre − il a été tourné en format panoramique sur pellicule −, plus proche de ses débuts que de ses dernières compositions baroques. Remisant au placard costumes d’époque, décors d’apparat et monstres fabriqués, le cinéaste semble s’offrir une pause entre deux productions lourdes. Et met cette fois en lumière (naturelle) une société américaine contemporaine (plutôt aisée), dont les habitants, malgré une apparence similaire à la nôtre, n’en dégagent pas moins une sorte d’étrangeté inquiétante qui suffirait à leur accorder le statut de créatures.
Celles-ci, bien barrées tout de même, traversent trois histoires qui s’entremêlent et se répondent, déportent et multiplient les points de vue autour de couples et d’amitiés dont les cartes se redistribuent à mesure des épreuves auxquelles ils sont soumis. Les acteurs, dont la permanence crée une sorte de fil rouge, changent de personnages d’un récit à l’autre. Les liens qui les unissaient précédemment revêtent d’autres formes, se perpétuent en traînées de poudre, se brisent selon les forces qui les dirigent, les contraintes qui les freinent.
Un homme marié (Jesse Plemons), soumis chaque matin aux ordres d’un patron (Willem Dafoe), obéit au doigt et à l’œil. Mange et boit ce qui lui a été dicté, prend du poids ou maigrit, lit Anna Karénine, fait l’amour à sa femme (ou pas), renverse un homme dans la rue, selon le bon vouloir du maître dont il finira par s’émanciper.
On le retrouve ensuite en policier inquiet de la disparition en mer de son épouse (Emma Stone). Lorsque celle-ci réapparaît, elle ne lui semble plus tout à fait la même. L’intuition vire au délire paranoïaque qui agira aux dépens de la rescapée. Et au profit d’une folie proprement dévorante.
Le maître de la première histoire, quant à lui, sera « devenu », dans la troisième, gourou au sein d’une secte qui tente de trouver le moyen de ressusciter les morts. Quitte, pour y parvenir, à commettre des meurtres.

Dans ce jeu à tiroirs, dont il n’est ici livré qu’un pauvre aperçu, dans cet espace plein de farces et de trappes, où les personnages tentent de trouver celui de leur liberté, le spectateur, lui, se perd, s’amuse, s’échine à trouver les correspondances qui pourraient l’éclairer. C’est au fond un casse-tête que met en scène Yórgos Lánthimos…


(V. Cauhapé, Le Monde)