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Le blog des profondeurs...
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CITOYENS AMÉRICAINS DE BORDEAUX MÉTROPOLE
Les élections de mi-mandat, en novembre 2018, seront cruciales, inscrivez-vous sur les listes électorales ! (le renouvellement n’est pas automatique)Sur internet : VOTE FROM ABROAD  (site non partisan)En personne : au bureau d’inscription ouvertle Samedi 21 Avril de 14h à 18h dans le hall du cin...

Les Marronniers de Gambetta
Ne laissons pas couper pas les marronniers de la place Gambetta à Bordeaux !(Ci-dessous le contenu de la pétition adressée à Monsieur le Maire de Bordeaux, Alain Juppé. Et si vous n’avez pas internet, vous pouvez recopier ce texte, le dater, le signer et l’adresser à Monsieur Alain Juppé, maire ...

Revoir la rencontre avec F.J. Ossang pour 9 DOIGTS
Mardi 19 décembre 2017, F.J. Ossang venait nous présenter en avant-première son nouveau film “9 Doigts”. A l’occasion de la sortie de son film sur nos écrans quelques mois après, nous vous proposons de revoir cet échange avec cet artiste hors norme, accompagné de ses acteurs Damien Bonnard et Al...

Stop linky
Samedi 5 mai dans toute la France Rassemblement de tous les collectifs anti-linky !Pour Bordeaux Métropole, à l’heure où nous bouclons cette gazette les membres du collectif Stop Bordeaux Métropole n’ont pas encore décidé du lieu et de l’horaire. Mais la date est bonne : ...

Commémorer n'est pas célébrer…
Se rappeler des « moments lumineux » certes, mais aussi « braquer quelque lumière sur les périodes les plus sombres »… répondent de sages personnes à ceux qui s’obsèdent à préserver le petit peuple des mauvaise influences susceptibles de lui polluer le mental…En fait de mom...

MEKTOUB MY LOVE

(Canto Uno) Abdellatif KECHICHE - France / Italie 2017 2h55mn - avec Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, Salim Kechiouche, Alexia Chardard, Lou Luttiau, Hafsia Herzi, Mel Einda... Scénario d'Abdellatif Kechiche et Ghalia Lacroix, d'après le roman de François Bégaudeau.

Du 18/04/18 au 07/05/18

MEKTOUB MY LOVEC’est un incroyable torrent visuel que nous offre Abdellatif Kechiche, un film baigné de soleil et de sensualité, une ode à la vie, à l’amour sans entraves, aux corps libérés.
On est au cœur de l’été 1994, dans le Sud, plus précisément à Sète, cité portuaire et populaire chère au réalisateur. En cet été caniculaire, tout le monde écoute Supertramp, et tout le monde ne pense qu’à danser ou aller à la plage. Amine, qui poursuit sans trop de conviction ses études à Paris tout en écrivant occasionnellement des scénarios pour le cinéma, est revenu voir sa famille qui tient un restaurant tunisien/asiatique. Ce matin-là il chemine à vélo pour rendre une visite surprise à son amie Ophélie. Mais quand il arrive, des bruits provenant de la chambre ne laissent aucun doute, Ophélie est en train de faire l’amour : scène d’une intensité digne de celles que l’on pouvait voir dans La Vie d’Adèle. Amine attend que l’amant, son cousin Toni, s’en aille pour aller voir Ophélie. Laquelle est en principe promise à Clément – un marin du porte-avions Charles de Gaulle qu’on ne verra jamais – mais elle avoue à Amine entretenir depuis longtemps une relation avec Toni.
Peu après Toni et Amine se rendent à la plage où ils draguent gentiment des vacancières, Charlotte et Céline. Charlotte s’amourache très vite de Toni, qui se sert de ce genre d’amourettes comme paravent à sa relation avec Ophélie, tandis que Céline va papillonner d’aventures en aventures, filles et garçons confondus.

Le film va suivre les circonvolutions festives et sensuelles de ce groupe de jeunes gens durant trois heures qu’on ne voit absolument pas passer, tant Kechiche sait nous attraper pour nous entraîner dans cet ouragan de tchatche et de corps déchainés. Le tout dans une ambiance joyeusement méditerranéenne où tout le monde (et on s’en réjouit) se fout des différentes origines des uns et des autres. Mais tout cela pourrait être anecdotique voire répétitif si Kechiche ne maitrisait pas admirablement les cassures de rythmes. Alternent les séquences bluffantes d’énergie, quand toutes les générations confondues s’éclatent à la mer ou dansent dans les boites de nuits – scène d’anthologie avec un groupe de filles en transe, parmi lesquelles l’impressionnante Hafsia Herzi, dont on se souvient dans La Graine et le mulet du même Kechiche –, et des moments beaucoup plus sereins voire élégiaques : un des plus beaux nous montre Amine, passionné de photographie, guetter la nuit l’accouchement d’agneaux dans la ferme des parents d’Ophélie. Après les débordements festifs, Kechiche parvient à nous émouvoir aux larmes face à l’apparition simple et belle de la vie. Kechiche, à côté du tourbillon des corps, parvient à générer le mystère et la poésie à travers un couple atypique et platonique mais à la tension sexuelle omniprésente : la terrienne et voluptueuse Ophélie, pour qui semble avoir été créé le qualificatif de callipyge et dont Kechiche filme les formes avec gourmandise, et Amine, témoin beau et troublant des amours des autres sans jamais lui même consommer, confident tendre et à l’écoute, intellectuel qui aime la nuit regarder des classiques du cinéma soviétique pendant que d’autres s’enivrent. Un personnage fascinant dont on peut se demander s’il n’est pas l’alter ego du réalisateur, lui même observateur derrière sa caméra de la furia des corps et des passions des âmes.