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PROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTI
SUR L’ÉCRAN DE LA SALLE 4, À PARTIR DU 4 JUILLETPROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTIpour les storyboards des films de Matteo Garrone Né à Salerno le 23 juin 1978, Giuseppe Liotti est diplômé en Sciences de la communication. En 2001, il s’investit pendant un an dans une production ...

C'EST LA FÊTE DU CINÉMA
Du Dimanche 1er au Mercredi 4 JUILLET4 euros pour tout le monde à toutes les séances... Lire C'EST LA FÊTE DU CINÉMA...

Savez-vous quel est le point commun entre le Linky et le RGPD ? L’exploitation des données personnelles.
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BURNING

LEE Chang-Dong - Corée du Sud 2018 2h28mn VOSTF - avec Yoo Ah-in, Steven Yeun, Jeon Jeong-seo... Scénario de Lee Chang-Dong et Oh Jung-mi, d'après une nouvelle de Haruki Murakami. Festival de Cannes 2018, Prix de la Critique Internationale (Fipresci).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

BURNINGLors du dernier Festival de Cannes, la presse internationale, quasi unanime, avait fait de Burning son grand favori pour la Palme d'or… le jury en a décidé autrement ! Mais peu importent les récompenses, le film du coréen Lee Chang-Dong est une réussite impressionnante. Transposant en Corée la nouvelle du grand écrivain japonais Haruki Murakami, Lee Chang-Dong nous donne une œuvre magnétique, aux images d'une beauté hypnotique. Dès qu’on y pénètre, on est rivé aux pas des personnages, qu’on n’a plus envie de lâcher. On s’attache à eux, à leurs errances, à leurs silences effarouchés. On est pris par un récit intrigant qui ne cesse, plus il avance, de gagner en densité. On est envoûté par la poésie qui s’immisce subtilement dans les détails infimes et improbables de la vie.

Tout commence par un coup de foudre, dans un endroit qui n’a rien de romantique, en plein quartier commercial de Seoul. Lee Jong-soo effectue une banale livraison pour son boulot lorsqu'une jeune femme de son âge, tous sourires dehors, le ferre de son regard espiègle, plus acéré qu’un hameçon. C’est qu’il faut drôlement insister pour se faire remarquer par ce charmant garçon qui semble passer un peu à côté de la vie et qui regarde d'ailleurs la fille d'un air hébété quand elle l’interpelle par son nom : entre eux un passé qu’il a oublié, à moins qu’il n’ait jamais existé ? Cette question nous titillera tout au long du film, entêtante, jusqu’à devenir obsessionnelle. En tout cas, à cet instant-là, devant un étal de gadgets clinquants, notre livreur tombe irrémédiablement sous le charme de celle qui dit être son ancienne camarade d’école. Plus tard dans la soirée, autour de quelques verres de bière et de soju, Jong-soo boit chaque parole, chaque geste de la pétillante Hae-mi tandis qu’elle se délecte de quartiers de mandarines imaginaires qu’elle épluche avec grâce, en fervente pratiquante de la pantomime… Entre ses mains, la réalité parait soudain plus virtuelle que les rêves, tant il lui suffit de la réinventer.
Le jeune homme a à peine le temps de goûter à cette douce complicité naissante que la donzelle lui annonce son départ en Afrique, tout en lui demandant de veiller sur son appartement durant son absence. Bien que Jongsoo doive régler en parallèle une histoire familiale épineuse, il vient chaque jour, méticuleusement, changer l’eau d’un chat invisible… Il respire les parfums de la femme aimée, espère la chaleur de sa peau dans les froissements de ses draps. L’attente se fait lumineuse, à l’image de l’unique rayon de soleil fugace qui pénètre chaque jour un bref instant, par ricochet, dans le minuscule appartement.

Mais quand Hae-mi revient de son périple, c’est quasiment aux bras d’un autre garçon, aussi rayonnant que Gatsby le magnifique. Tout dans la vie semble sourir à Ben, rien ne peut lui résister. Il fréquente les beaux quartiers, occupe mystérieusement ses journées sans avoir l’air de travailler, roule dans une Porsche rutilante avec laquelle la vieille camionnette brinquebalante de Jong-soo ne saurait rivaliser. Entre les trois se tisse une relation ambiguë, à géométrie variable, presque élastique. Plus le récit avance, plus on comprend qu’on est loin d’avoir compris et émergent une foultitude de scénarios. C’est un film sans cesse intrigant, palpitant, qui à chaque virage qu’il prend se métamorphose en autre chose. Cerise sur le gâteau, c’est une plongée dans une Corée du Sud authentique, dans ses contrastes, ses contradictions. La populeuse Séoul transpire la solitude, ses tours dorées (celles de Gangnam) font toujours plus d’ombre aux quartiers qui plongent dans la précarité. Le high tech de la capitale flirte avec la pauvreté des terres agricoles alentour, depuis lesquelles on entend les borborygmes nord-coréens…