BORDEAUX

LES HORAIRES (format PDF)

LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance sur fond gris : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

Quiz des "trente dernière secondes" du n°1 au n°50
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°1 au n°50  Quiz cinéma : les 30 dernières secondesPour célébrer la fin de l’année écoulée et vous présenter nos meilleurs vœux pour 2021, l’équipe d’Utopia Bordeaux (sur un colossal travail d’archiviste d...

Le monde du silence
LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

TRAVAIL AU NOIR

(MOONLIGHTING) Écrit et réalisé par Jerzy SKOLIMOWSKI - Angleterre 1982 1h37mn VOSTF - Avec Jeremy Irons, Jiri Stanislav, Eugene Lipinski, Eugeniusz Haczkiewicz... Prix du Meilleur Scénario, Festival de Cannes 1982.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TRAVAIL AU NOIRTourné à Londres, comme Deep end que nous vous avons montré ce été, Travail au noir est un film absolument formidable, peut-être le chef d'œuvre de Skolimowki. Un chef d'œuvre en mineur, en douce, par la bande, un chef d'œuvre au noir. Comédie grinçante et sarcastique qui est aussi une tragédie humaine en même temps qu'un grand film politique. Trente ans après sa réalisation, la fable n'a rien perdu de sa force percutante, qui tient autant à l'intelligence acérée de son scénario qu'à la maîtrise incroyable de sa mise en scène, incisive, épurée, sans une once de gras. Sans compter que ce fut pour beaucoup la révélation d'un immense acteur : Jeremy Irons, découvert l'année précédente dans La Maîtresse du lieutenant français de Karel Reisz (très beau film un peu oublié), réussit une composition extraordinaire, en contremaître plus polonais que nature, deus ex machina malgré lui d'une entreprise qui le dépasse.

Décembre 1981, quatre ouvriers polonais débarquent à Londres pour le compte d'un riche compatriote qui fait rénover à bon compte sa demeure british en les embauchant au noir. Les travaux doivent durer un mois et les quatre hommes doivent pour cela toucher l'équivalent d'un an de salaire dans leur pays.
Le contremaître, Novak (Jeremy Irons donc), est le seul à comprendre et parler l'anglais et il se charge de tous les rapports avec l'extérieur : les courses au supermarché du coin, les relations orageuses avec les voisins de ce quartier bourgeois qui regardent d'un œil soupçonneux l'activité fébrile qui règne dans la maison, de l'aube à la tombée de la nuit, sept jours sur sept, même le fameux Sunday où en principe all is closed…
C'est bien sûr Novak, et seulement Novak, qui apprend le 12 décembre par la radio que l'état de siège a été décrété en Pologne, que le général Jaruzelski a pris le pouvoir et que le syndicat Solidarnosc est interdit. Il décide de cacher cette information à ses camarades, de crainte qu'ils abandonnent dare-dare le chantier pour rentrer au pays… Il faut dire que Novak croit avoir des intérêts tout particuliers, tant professionnels que personnels, à ce que la mission que lui a confiée son boss se passe sans embrouilles, et dans les temps…
Mais les mauvaises surprises s'accumulent, la somme allouée aux travaux diminue à vue d'oeil, et Novak doit se livrer à des acrobaties invraisemblables pour maintenir sa petite entreprise clandestine à flots, pour éviter que le moral se fasse la malle et la motivation avec, pour ravitailler les troupes, pour les empêcher de se poser des questions et accessoirement de téléphoner chez eux pour avoir des nouvelles… Les douze travaux d'Hercule, au black !

Avec un humour noir d'une allègre férocité – qui n'empêche pas d'ailleurs une réelle empathie pour ces pauvres bougres, représentants de tous les dindons de la farce de toutes les époques et de toutes les contrées – Skolimowski l'exilé met à nu les mécanismes de la dictature, de la censure, du mensonge, de la manipulation, de la collaboration, de la compromission. Satire terrible du nouveau régime polonais bien sûr, mais aussi de l'Angleterre – et par extension de l'Occident – nantie et confite dans ses petits conforts. Écrit, produit, tourné, monté en une poignée de semaines par une équipe qu'on imagine comme un commando infiltré en territoire dangereux, Travail au noir brûle de ce feu de l'urgence, tout en affichant une totale maîtrise de facture. Du très grand art.