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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

ZOMBI CHILD

Écrit et réalisé par Bertrand BONELLO - France 2019 1h43mn - avec Louise Labeque, Wislanda Louimat, Mackenson Bijou, Katiana Milfort... Festival de Cannes 2019, Quinzaine des Réalisateurs.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ZOMBI CHILDPassionné par Haïti, par la richesse et la singularité de sa culture, Bertrand Bonello s'est plongé dans la tradition vaudou et l'une de ses figures emblématiques : le zombi. On écrira donc zombi et non zombie, qui est l'orthographe américaine. Bonello revient ici à l'origine haïtienne de cette créature retirée du monde, condamnée à la mort sociale, empoisonnée, enterrée puis exhumée pour devenir, sous l’effet de la drogue et de la sujétion, un marginal sous contrôle, un esclave pour dire le mot… Zombi child se présente ainsi comme la suture formelle d’une plaie historique. Deux récits de temporalité différente y alternent et s’y aimantent.
Ici, filmée en Haïti et rendue célèbre par l’étude de l’anthropologue Wade Davis (Le Serpent et l’arc-en-ciel), l’histoire d’un des plus célèbres zombis haïtiens. Celle de Clairvius Narcisse, zombifié par son propre frère pour une question d’héritage, et donc mort deux fois : en 1962, de mort culturelle, et en 1994, de mort naturelle. Là, recluse dans un établissement d’excellence de la région parisienne destiné à des jeunes filles issues de familles ayant mérité de la nation (la Maison d'éducation de la Légion d'Honneur à Saint-Denis), une histoire d’amour et d’amitié contemporaines au sein d’une sororité.

La partie haïtienne suit l’homme zombifié réduit en esclavage et sa libération. Elle est tout en mouvement alangui, se déplace dans le monde magique des esprits, se dispense de discours, s’expose au théâtre de la nature, où elle alterne l’explosion solaire et la sous-exposition crépusculaire de l’homme aliéné. La partie française raconte le chagrin d’amour épistolaire d’une adolescente et son histoire d’amitié avec un groupe de jeunes filles dans lequel elle a fait entrer Mélissa, qui n’est autre que la petite-fille du marabouté. On est ici et à la fois dans le huis clos de la méritocratie républicaine et dans la vivacité romantique d’un imaginaire de jeunes filles.
Deux réalités a priori très éloignées l’une de l’autre – formellement et culturellement –, que Bertrand Bonello tisse subtilement entre elles. Il y a, bien sûr, le personnage de Mélissa, mais aussi le professeur d’histoire du collège, interprété par Patrick Boucheron, qui pose la question épineuse de la conformité de la République aux valeurs qui la fondent. Il y a la férule institutionnelle qui ne possède pas moins l’esprit et le corps que le vaudou. Il y a le terme à double face (collégial et féministe) de « sororité », qui témoigne lui aussi d’une expérience de minorisation sociale. Il y a enfin Fanny, brisée par son chagrin d’amour, qui sollicite auprès de la tante de Mélissa un désenvoûtement vaudou.

Très beau film en conséquence, avec ce que peut avoir de lacunaire et de vivifiant un budget et un tournage ultra-serrés, qui s’arc-boute avec grâce au-dessus d’une brèche historique et culturelle. Monde primitif et monde civilisé. Magie et rationalité. Tragédie des opprimés et comédie des maîtres. Autant de pôles antagonistes que le cinéma – posant l’équivalence de la sensation et de la pensée – raccommode à défaut de les réconcilier, en montrant le degré d’intimité qui les fait s’appartenir plutôt que s’exclure. (d'après J. Mandelbaum, Le Monde)