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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

ONCE UPON A TIME... IN HOLLYWOOD

Écrit et réalisé par Quentin TARANTINO - USA 2019 2h42mn VOSTF - avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie, Timothy Olyphant, Kurt Russell, Michael Madsen, Tim Roth, Al Pacino...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ONCE UPON A TIME... IN HOLLYWOODNous sommes à la fin des années 60, alors que le cinéma classique hollywoodien s'effondre au profit de la télévision et bientôt de l'éphémère mais retentissant « Nouvel Hollywood ». Rick Dalton (Leonardo DiCaprio, impressionnant, très en retenue) est un acteur sur le déclin, traînant derrière lui sa doublure et qui est aussi son fidèle comparse, Cliff Booth (Brad Pitt, extraordinaire). Tandis qu'il tente tant bien que mal de revenir sur le devant de la scène, Rick voit s'installer dans la grande demeure jouxtant la sienne le cinéaste Roman Polanski et son épouse Sharon Tate (Margot Robbie). Pendant qu'ils mènent chacun leur tumultueuse vie de cinéma, la « Famille » de Charles Manson se prépare à noyer dans le sang les idéaux du flower power.

Depuis Inglourious basterds, incursion loufoque et décomplexée dans le film de guerre historique, Quentin Tarantino semble prêter une oreille attentive aux échos de l'Histoire américaine, s'autorisant même de la remodeler comme bon lui semble, quitte à parfois frôler le blasphème. Ce n'est après tout que le prolongement logique de son cinéma qui longtemps raconta une autre histoire, celle du Septième Art lui-même, régurgitant ses formes et gimmicks oubliés, convoquant à chaque long métrage les lointains souvenirs d'un cinéma d'exploitation à l'imagination débordante. Once upon a time in… Hollywood possède en ce sens tous les atours du film-somme.
À n'en pas douter, les habituels détracteurs du cinéaste se feront de nouveau entendre, dénonçant par-ci la vacuité de son propos sur la violence et le lien qui unit fiction et réalité, condamnant par-là un maniérisme de façade ne reprenant que l'apparence d'un certain cinéma vintage. Il faut dire que Tarantino ne ménage pas son monde. Frôlant les trois heures, Once upon a time in… Hollywood se présente comme l'une de ses œuvres les plus radicales, peut-être même plus encore que ce bijou de huis-clos crépusculaire qu'était Les Huit salopards. S'autorisant le temps long pour dépeindre cette errance tragi-comique, Tarantino nous enserre dans la densité de ses dialogues, nous immerge dans une douce torpeur méditative, ponctuée de quelques moments de tension brillamment maîtrisés. Son Il était une fois… compile tous les aspects les plus fameux du « cinéma de Tarantino », alignant les gueules les plus célèbres (avec pour la première fois une apparition d'Al Pacino), distillant les citations, les pastiches, les extraits reconstitués de films ou de séries, jouissant d'une bande-son délicieusement kitsch et filmé avec brio par un Robert Richardson (le directeur de la photo) des grands jours. Pourtant, le film se révèle, par sa tonalité douce-amère et sa volonté de systématiquement désamorcer nos attentes, comme une étape nouvelle dans sa filmographie.

En effet, derrière l'imagerie pop dont se pare le film, Tarantino se livre à cœur ouvert, distillant une surprenante gravité… Contournant sans cesse nos attentes, le cinéaste donne à voir la déliquescence de l'industrie cinématographique de l'époque, la débâcle infernale d'une génération d'artistes oubliés et la fin de la dernière grande utopie américaine. Jamais le culte de l'hommage n'aura eu pour Tarantino une saveur aussi mélancolique.

(A. Roux, chaosreign.fr)

Une seule séance par semaine, chaque Dimanche soir