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Le blog des profondeurs...
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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

KONGO

Hadrien LA VAPEUR et Corto VACLAV - documentaire France / Congo 2019 1h10mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

KONGOQuelle étrange affaire que ce Kongo ! Un film perché entre songe, mythe, documentaire, un véritable ovni franchement intrigant et dépaysant.
Autant il peut paraitre étrange à un occidental blanc comme un cachet d’aspirine de retrouver le matin dans sa boîte-aux-lettres la réclame d’un féticheur vous promettant amour, gloire et argent, autant ça relève en Afrique du quotidien et surtout des croyances profondes. Nous voilà rendus à Brazzaville, capitale de République du Congo, où, contrairement à notre vieille Europe, la chasse au sorciers n’a jamais fait partie des obsessions nationales, heureusement. Ce n’est pas pour autant qu’ils pullulent, mais ils sont clairement identifiés et ont pignon sur rue. Évidemment ils n’ont pas l' allure caricaturale de ceux, affublés de baguettes magiques et de chapeaux pointus, qu’on rencontre dans nos contes à dormir debout. Ils ont clairement une utilité sociale, d’écoute, de gestion des conflits, de guérisseurs bienveillants…

Médard est un de ceux-là, un Ngunza, un sacré personnage ! Il fait partie des figures locales incontournables, accueillant chacun dans son église bâtie sur une parcelle familiale où la collusion entre vie profane et sacrée est absolue. C’est ici qu’il aide ceux qui sont à la marge, qu'il calme leurs angoisses, qu'il les protège des mauvais sorts… sans oublier de les décharger de quelques deniers au passage. Car enfin, il faut bien qu’il vive, lui aussi. Et vous le verrez, il ne s’en prive pas. Sa religion ne lui impose visiblement pas le célibat… Pas bien sûr que ce soit très catholique, mais tous pourtant le baptisent l’apôtre Médard. On va le suivre dans ses tribulations ordinaires et extraordinaires, dans l’intimité des ménages, dans son quotidien imprévisible, qui va le devenir encore plus quand une de ses ouailles va l’accuser d’avoir pratiqué la magie noire. On vous laisse découvrir comment il fera face à cette odieuse accusation et ses preuves accablantes, avant d’aller piquer un plongeon en eaux troubles parmi les sirènes du fleuve…

Ces paysages ensorcelants, chargés d’esprits et de croyances séculaires vont nous amener à changer de paradigmes, à adopter un point de vue loin de nos certitudes étriquées, héritées, à nos corps défendants, de notre passé colonial. Le film ne s’en tient pas à un étrange périple anecdotique, il nous amène à nous questionner sur notre cartésianisme, la justesse de nos propres croyances, leur impact sur d’autres civilisations. Il n’y a qu’à observer et se taire, d’abord amusés, puis progressivement médusés par la prégnance du phénomène, son intensité. Malgré la colonisation, les campagnes d’évangélisation, cette profonde vibration spirituelle africaine, qui peut nous sembler irrationnelle, a survécu, défiant le temps. Elle a changé de forme, a dû s’adapter, certes, mais a survécu et l’on peut gager que c’est pour longtemps encore. Dans le fond toute cette sorcellerie qui plane est une forme de résistance protectrice, celle d’un monde qui, tout en rêvant de confort moderne, n’a pas encore complètement ployé sous les fourches caudines du capitalisme, ni cédé devant la rapacité des entreprises chinoises qui viennent à leur tour exploiter une terre qui n’est pas celle de leurs ancêtres. Reste à savoir si les esprits autochtones auront toujours la puissance de les bouter dehors à coups de mauvais sorts.