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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

LES FLEURS DE SHANGHAI

HOU Hsiao-hsien - Taïwan 1998 1h55mn VOSTF - avec Tony Leung Chiu-Wai, Michiko Hada, Michelle Reis, Carina Lau... Scénario de Chu Tien-wen d’après le roman de Han Ziyun.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES FLEURS DE SHANGHAIC’est un film magnifique, que vous allez voir dans une version restaurée qui en restitue toute la splendeur. Un de ces moments de cinéma où le temps semble s’arrêter, où l’on retient son souffle pour ne pas perturber la magie. Œuvre majeure d’un immense cinéaste, Hou Hsiao-hsien, dont on n’a plus de nouvelles depuis le sublime The Assassin en 2016.

Nous sommes à Shanghai à la fin du xixe siècle, dans une de ces maisons closes suprêmement raffinées qu’on appelle les maisons des fleurs. Ici le moindre détail participe du culte du plaisir et de la beauté : tout est fait pour que le corps et l’esprit se libèrent de la pesanteur du quotidien afin que les sens, tous les sens exultent sans retenue. Tout se conjugue pour vous plonger dans un univers au charme vénéneux : les parfums, les couleurs et les sons se répondent et on y égrène des moments ludiques ou savoureux comme autant d’étapes vers le plaisir suprême.
Rien n’est laissé au hasard : du décor d’un luxe profond où l’or de la lumière valorise les couleurs chatoyantes des étoffes soyeuses, tamise le maquillage raffiné des visages… jusqu’aux parfums qui se conjuguent avec les effluves alanguissants de l’opium, en glissant par le raffinement des mets dont la seule vue évoque de subtiles saveurs…
Les hommes qui fréquentent la maison, l’élite masculine de Shanghaï, sont des habitués. Chacun y cultive une relation régulière : c’est que le corps vibre moins bien si le cœur n’y est pas. Ils ne se contentent donc pas de passer, ils ont leurs habitudes, leurs aises, jouent au mah-jong, boivent plus que de raison, s’amusent comme des gamins. C’est une vie en dehors de leur vie, dans un monde à l’écart de leur monde, comme une île entre paradis et enfer, d’où les hôtesses auraient expurgé soigneusement toute trace de laideur. Fait-il nuit, fait-il jour, l’heure a-t-elle la moindre importance ?…
Chacun peut s’abandonner en confiance, aimer sans contrainte, jouir sans entrave : la maîtresse de maison veille. Quand une jalouse se mêle de griffer, quand l’abus d’opium et d’alcool complique un peu le retour à la normale, quand il faut veiller au devenir des précieuses lorsque leur amant se détourne d’elles… elle punit, console, règne sur ce petit monde délicat dont les cœurs ne sont pas de pierre. Les fleurs ont pour noms Rubis, Emeraude, Trésor, Jade, Perle… et l’écrin qui leur sert de décor fait partie du plaisir qu’elles donnent… et qu’elles prennent aussi, car si leur empire est celui des sens, elles ne sont pas les dernières servies : servantes et souveraines à la fois.

Pour savourer pleinement ce film précieux, il faudrait pouvoir être comme ces amants de luxe qui débarquent dans la maison des fleurs… Laisser sa vie et sa montre au vestiaire, entrer, fermer les yeux comme un fumeur d’opium, et attendre l’enchantement qui ne manquera pas de venir doucement : car le plaisir ne trouve sa juste intensité que dans la disponibilité totale de l’esprit, et des sens.