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Quiz des "trente dernière secondes" du n°1 au n°50
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Le monde du silence
LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

Mercredi 18 AOÛT 2021 à 20h15

PROJECTION SUIVIE D’UNE RENCONTRE avec Marc Olry
, redécouvreur et distributeur du film - qui viendra avec des petits cadeaux pour les spectateurs chanceux.
(The Wicker man est ensuite programmé jusqu’au Mardi 31 Août)

THE WICKER MAN

Robin HARDY - GB 1973 1h34mn VOSTF - avec Edward Woodward, Christopher Lee, Britt Ekland, Diane Cliento, Ingrid Pitt... Scénario d’Anthony Shaffer. VERSION INTÉGRALE RESTAURÉE.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE WICKER MANVoilà un bijou qui nous revient de loin ! Sorti en catimini, d’abord uniquement à l’étranger, puis remonté et amputé de 10 minutes pour le marché anglais où il fut projeté en double-programme dans les cinémas de seconde zone, les scènes coupées du film supposées perdues (opportunément réapparues dans les caves de Roger Corman), victime d’une tentative de destruction de la totalité des copies par la rock-star Rod Stewart parce que sa compagne, Britt Ekland, y apparaissait nue (mais doublée !) – pas grand-chose n’aura été épargné à The Wicker man sur le chemin accidenté qui fait la réputation des films dits « cultes ». Il aura donc fallu presque cinquante ans pour que le film de Robin Hardy, dont Christopher Lee n’a cessé de proclamer qu’il y avait trouvé le meilleur rôle de sa carrière, arrive sur les écrans français – et qu’y opère enfin, par la grâce d’une restauration aux petits oignons, son charme vénéneux, à peine suranné, subtil alliage de thriller et de cinéma fantastique, mâtiné d’une bonne dose d’humour grinçant et de fantasmagorie naturaliste. Un genre en soi, a-t-on pu lire, de « film d’horreur hippie » – même si l’expression « film d’horreur » est très exagérée. Mais on imagine volontiers tout ce que cette enquête scabreuse menée par un flic confit en bigoterie, puceau, égaré sur une île peuplée de païens heureux et dont les rites et le mode de vie sont autant de pieds de nez à sa foi et à son sens moral, pouvait avoir d’inacceptable et de foncièrement « horrible » dans la très puritaine Angleterre qui s’apprêtait à se donner au conservatisme thatchérien.

Lorsque le sergent Neil Howie, fervent chrétien et représentant assermenté de la police de Sa Majesté, débarque de son hydravion sur Summerisle pour enquêter sur la disparition d’une jeune fille, Rowan Morrison, il est loin d’imaginer qu’il commence, littéralement, un périlleux chemin de croix. La petite île écossaise – qui vit pour l’essentiel de ses vergers donnant une étonnante production de fruits sur des terres plutôt arides (mais semble-t-il bénies des dieux) – a tout de la carte postale, de sa jetée squattée par les vieux marins bougons jusqu’à ses petits commerces proprets. Accueilli avec méfiance par une population coupée du monde, Neil Howie est rapidement confronté à un mur : ici, personne, pas plus sa mère supposée que l’institutrice, n’a jamais vu ni entendu parler de la jeune Rowan Morrison. Dont de multiples mais discrets indices attestent pourtant de l’existence. Mené par son enquête têtue, il pénètre peu à peu un monde étrange qui heurte violemment ses principes moraux. Entre joyeuse liberté sexuelle et adoration d’une nature divinisée, les rites païens auxquels se livre les habitants, qu’il découvre en un long cauchemar éveillé, lui font entrevoir que la disparue pourrait avoir été la victime d’un sacrifice humain. Impression renforcée par son entrevue avec le châtelain-maître de l’île, Lord Summerisle, qui justifie le paganisme des insulaires par la nécessité d’obtenir de bonnes récoltes.

Alternant astucieusement le drame et les clins d’œil humoristiques liés au dogmatisme religieux de Neil Howie, de bout en bout malmené, The Wicker man mêle avec bonheur le thriller, la comédie, le suspense, le documentaire, la critique théologique et, tout de même, l’horreur. Mais sous ses faux airs de film « de genre », il prend le contre-pied des productions horrifiques habituelles, distillant l’inquiétude dans un cadre bucolique et champêtre, aux couleurs printanières, vives et resplendissantes. Plus oniriques que macabres, les rituels, célébration séduisante de la vie et de la fertilité, sont pratiqués dans des cathédrales en ruines et fleuries. Mais on se doute bien que, comme en toute religion, l’innocence n’est que de façade…