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Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
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Quiz des "trente dernière secondes" du n°1 au n°50
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Le monde du silence
LE MONDE DU SILENCE Mardi 15, Mercredi 16, Samedi 19 et Dimanche 20 décembre, le cinéma Utopia de Bordeaux assurera symboliquement les séances initialement prévues dans son programme de réouverture. Les projecteurs seront allumés, les salles seront dans le noir et les images défileront sur nos écran...

LES MAGNÉTIQUES

Vincent Maël CARDONA - France 2021 1h38mn - avec Timothée Robard, Marie Colomb, Joseph Olivennes, Fabrice Adde... Scénario de Vincent Maël Cardona, Chloë Larouchi, Maël Le Garrec, Rose Philippon, Catherine Paillé et Romain Compingt.

Du 17/11/21 au 07/12/21

LES MAGNÉTIQUES« La voix, c’était toi. Moi, j’étais juste le petit frère qui poussait les boutons, mais cela m’allait très bien. On faisait de la radio, on était des hors la loi et j’étais très fier. »
Nous sommes le 10 mai 1981 et à la télévision apparaît le visage du nouveau président de la République française : un certain F.M. Bientôt justement, les radios FM (comme Frequency Modulation) qui prolifèrent seront légalisées, mais pour l’instant Philippe (celui qui parle ci-dessus) et son frère aîné Jérôme s’en donnent à cœur joie dans leur petite ville de province, sur leurs propres ondes de Radio Warsaw, s’enflammant sur Marquis de Sade, The Sonics, Iggy and the Stooges, pleurant sur Ian Curtis et Joy Division, inventant des jingles et mixant de sons avant d’aller poursuivre la fête arrosée, enfumée et dansante au bar ou en pleine nature.

Cette jeunesse croquant la vie à pleine dents sans deviner encore que ce moment est l’acmé d’une période libertaire que viendront refroidir les années 80 est au cœur du premier long métrage de Vincent Maël Cardona, Les Magnétiques, qui mêle les genres allègrement et avec beaucoup d’inventivité (de la chronique sociale à la comédie, du drame au récit romantique).
Philippe et Jérôme, qui vivent et travaillent avec leur père garagiste, sont le yin et le yang, le premier aussi gentiment coincé (mais un petit génie du son) que le second est un centre d’attraction et d’agitation locale. Par ailleurs le grand frère sort avec Marianne, venue de région parisienne le temps d’une année d’apprentissage en coiffure, pour laquelle Philippe couve un béguin secret… L’ambiance est néanmoins à l’enthousiasme débordant et à une forte complicité (le cadet mettant régulièrement au lit un Jérôme en état d’ivresse très avancé, au grand énervement de leur père). Mais c’est encore le temps du service militaire obligatoire et Philippe échoue, malgré tous ses efforts, à se faire réformer P4 (problèmes psychiques, recyclé à l’antenne en P for Peace) et le voilà envoyé pour un an sous l’uniforme à Berlin. Juste avant son départ, Marianne lui adresse quelques signaux encourageants… Philippe trouvera-t-il sa propre voix, ses propres ondes, dans le monde des mâles alpha ? Et que se passera-t-il en son absence ?

Dynamique, surfant sur un indéniable potentiel de sympathie, excellement interprété (le trio principal est formidable) et parsemé de passages drôles, Les Magnétiques utilise à merveille la musique sous différentes formes très créatives afin d’électriser le récit. Jouant toutes ses cartes avec beaucoup d’intelligence narrative, le film traite également, en sourdine, d’une bascule générationnelle en germe, des limites de l’existence provinciale, d’un monde géopolitique en pleine gestation (les muses de l’underground musical mondial s’encanaillent à Berlin-Est), d’un temps résonnant du mauvais présage de la mort de Bob Marley… Le règne des K7 et des vinyles touchait presque à sa fin, la société allait prendre le virage du business et de la rigueur, et se profilait l’âge adulte avec ses choix parfois dramatiques ou dépressifs, ses idylles envolées. Mais n’oublions pas, comme le chantaient The Undertones, « teenage dreams are so hard to beat. » (cineuropa.org)