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FELLINI SATYRICON

Federico FELLINI - Italie 1969 2h04mn VOSTF - avec Martin Potter, Hiram Keller, Max Born, Magalie Noël, Alain Cuny, Capucine, Salvo Randone, Lucia Bosé... Scénario de Federico Fellini, Bernardino Zapponi et Brunello Rondi, d’après l’œuvre attribuée à Petrone. Musique originale de Nino Rota.

Du 13/05/22 au 30/05/22

FELLINI SATYRICONDans la Rome antique, Encolpe et Ascylte, deux étudiants qui cohabitent dans le quartier souterrain de Subure où ils vivent de rapines, se disputent les faveurs de leur jeune esclave Giton. Les trois comparses, tour à tour réunis et désunis, vont vivre différentes aventures au gré de leurs rencontres.

Après des films comme La Strada, La Dolce vita et Huit et demi, chef d’œuvre introspectif, Federico Fellini opère un tournant radical vers un cinéma de l’excès, du débordement, en tournant son Satyricon en pleine période de libération sexuelle et de trips psychédéliques. Le baroque visible dans ses autres films atteint ici son paroxysme. Comme l’écrit Olivier Père dans Les Inrocks, « en adaptant Pétrone, Fellini livre une sorte de version antique et hallucinée de La Dolce vita, plus proche de la science-fiction, de la pop culture et du cinéma fantastique que du péplum traditionnel. Satyricon organise une visite guidée de la Rome décadente, de ses vices et de ses excès, mais aussi des propres obsessions du réalisateur. »
Fellini a en effet expliqué que, gravement malade, il avait retrouvé l’inspiration grâce à ce récit de Pétrone, lu pendant sa jeunesse. Satyricon est le premier roman picaresque européen. Écrit sous Néron, vers le milieu du premier siècle, seulement deux fragments des livres XV et XVI nous sont parvenus ; le festin chez Trimalcion occupe plus de la moitié des vers. Fellini indique que l’aspect lacunaire de l’œuvre l’avait fasciné car elle permettait d’imaginer les épisodes manquants. C’est ce délire d’imagination qui fait la force du film.
Cela rejoint les propos du maestro lors de la sortie du film : il déclare qu’il s’agit d’« une grande galaxie onirique, une sorte d’essai de science-fiction du passé, un voyage dans un monde mystérieux », où les personnages, avec leurs costumes et leurs maquillages outranciers, transcendés par la lumière de Giuseppe Rotunno, sont d’une beauté monstrueuse. Encople et Ascylte deviennent alors les témoins et les acteurs de cette tragi-comédie dantesque, menée à travers une série de tableaux.

Fellini trouve dans les valeurs esthétiques de la Rome de la décadence (la surcharge, le foisonnement) des solutions nouvelles qu’il applique avec générosité à toutes les formes d’art. Satyricon multiplie en effet les références aux autres expressions artistiques : du récit (le corps du mari prenant la place du pendu pour sauver l’amant) à la peinture (les multiples fresques), en passant par le théâtre (les scènes cruelles du théâtre de Vernaccio) et les jeux du cirque (le faux Minotaure). Chaque scène, orgie ou autre bataille flamboyante, est un sommet d’expérimentation plastique. Dans chaque recoin de l’image se cache un détail comique, ou tragique, alors que les personnages regardent vers nous avec curiosité, comme pour nous dire : sommes-nous les seuls à être étranges ?
Loin d’être une œuvre malade, le Satyricon est bien plutôt une œuvre de renaissance, première d’une série de films où le cinéaste se veut totalement novateur (Fellini Roma, Amarcord, Le Casanova de Fellini).