LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance sur fond gris : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
Le collectif Stop Bolloré a vu le jour en décembre 2021 et rassemble des membres et des organisations de la société civile qui s’inquiètent de la concentration des médias et de l’édition en France et des dangers que cela représente pour la démocratie. Le projet du collectif, qui est poli...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

Quiz des "trente dernière secondes" du n°1 au n°50
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°1 au n°50  Quiz cinéma : les 30 dernières secondesPour célébrer la fin de l’année écoulée et vous présenter nos meilleurs vœux pour 2021, l’équipe d’Utopia Bordeaux (sur un colossal travail d’archiviste d...

MAGDALA

Damien MANIVEL - France 2022 1h18mn - avec Elsa Wollisaston, Aimie Lombard, Olga Mouak, Saphir Shraga... Scénario de Damien Manivel et Julien Dieudonné.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MAGDALADepuis la mort de Jésus, Marie-Madeleine s’est retirée hors du monde. Ses cheveux sont devenus blancs, elle se nourrit de baies, boit l’eau de pluie et dort parmi les arbres.
Signé Damien Manivel, ancien danseur devenu cinéaste-artisan minimaliste et poète du geste, ce film revisite donc la figure de la Sainte Marie-Madeleine des Évangiles, en se nourrissant des légendes du Moyen Âge selon lesquelles, après la mort du Christ, elle se serait isolée dans une forêt, avec le souvenir de son amour perdu et un seul espoir chevillé à l’âme : celui de le retrouver.
Ce portrait d’une femme exilée, puissamment amoureuse, que les anges porteront au ciel, est incarné par la chorégraphe Elsa Wolliaston, née en 1945 en Jamaïque, pionnière de la danse africaine en Europe et complice du cinéaste, avec qui elle tourne pour la troisième fois.

La beauté de Magdala tient d’abord dans la performance de l’actrice, avec laquelle interagit la caméra de Manivel. Le cinéaste filme un corps en fusion avec la nature, dans la végétation sublime des monts d’Arrée, en Bretagne. Gestes lents, regard d’une force et d’une expressivité rares, Elsa Wolliaston amène le spectateur à porter une attention infinie au moindre de ses mouvements. Elle fabrique une petite croix à l’aide de deux brindilles et d’un ruban d’herbe, dessine le visage de Jésus sur la terre, avec l’extrémité d’un bâton. S’allonge sur le dos, un petit oiseau entre ses mains, qui semble inanimé. Puis qui soudain s’envole. Quand Magdala détache sa robe écrue, le souvenir d’elle et de Jésus, au bord de l’eau, refait surface. Elle lui a offert son cœur, et dans un plan palpitant et rougeoyant, Manivel filme le miracle de ce don.

Le cinéaste garde la bonne distance avec la dimension religion du personnage, en travaillant les diverses représentations de Marie-Madeleine dans l’histoire de l’art – elle est parfois représentée dénudée, à côté d’un crâne. Les rares fois où elle s’exprime, la sainte parle en araméen, la langue de Jésus, dont s’est emparé le réalisateur avec l’aide d’un traducteur, afin d’en restituer les accents mystérieux.
Ce film envoûtant est une rêverie sur les derniers jours de Marie-Madeleine, avant sa mort. Dans la grotte où elle vit ses derniers instants, Manivel continue de filmer en lumière naturelle, à la bougie, laquelle se consume en même temps que le souffle ralentit. Le film, projeté pendant le Festival de Cannes au cinéma Le Raimu de La Bocca, quartier périphérique de la ville, a captivé les spectateurs, jeunes ou vieux. Un monsieur, qui a sans doute vécu la mort d’un proche, souligne : « On n’est pas comme au cinéma, où une personne meurt et s’arrête de respirer d’une seconde à l’autre. Dans la vie, et dans votre film, la respiration s’éteint doucement. » En offrant une « mort cinématographique » à Elsa Wolliaston, selon sa propre expression, Damien Manivel immortalise la chorégraphe avec le plus beau des écrins, le ciel. (d’après C. Fabre, Le Monde)