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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
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Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

Jeudi 22 SEPTEMBRE 2022 à 20h15

CINÉMA RETROUVÉ


Rendez-vous mensuel, consacré aux films classiques et aux raretés du cinéma mondial en copies restaurées, proposé par l’association RIFIFI en partenariat avec Positif.
Un cycle de séances pour renouer avec le patrimoine cinématographique dans les meilleures conditions - Séance précédée d'une présentation

NOUS NOUS SOMMES TANT AIMÉS

(C’éravamo tanto amati) Ettore SCOLA - Italie 1974 2h VOSTF - avec Nino Manfredi, Vittorio Gassman, Stefania Sandrelli, Stefano Satta Flores... Scénario d’Ettore Scola, Furio Scarpelli et Agenore Incrocci Musique d’Armando Trovajoli
Copie restaurée

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

NOUS NOUS SOMMES TANT AIMÉSQuoi de mieux pour démarrer cette deuxième saison de Cinéma retrouvé qu’un des fleurons de l’âge d’or de la comédie douce-amère italienne ! Scola, Risi, Monicelli et Comencini : un quatuor de tête qui élevait alors une forme populaire vers des sommets d’émotion, de réflexions politiques et de rire. Loin d’être un simple constat sur la société transalpine des années 70, Nous nous sommes tant aimés confirme aujourd’hui la force et l’actualité de son propos : qu’avons-nous fait de nos idéaux de jeunesse, de nos amitiés et de nos amours ?
À l’issue de la Seconde Guerre Mondiale, trois amis résistants, issus d’horizons sociaux et politiques différents, reprennent leurs vies romaines au gré des bouleversements rapides du pays. Ils font la connaissance de Luciana, une jeune femme qui accompagnera trente ans de l’évolution de leur amitié, de leurs convictions et des rapports contrariés qu’ils entretiennent tous trois avec elle.
« Nous croyions changer le monde, mais le monde nous a changé. » Ce bout de dialogue lance un écho bouleversant sur tout le film, qui use pourtant d’une trame éprouvée : la chronique intime d’individus comme reflet de la société dans laquelle ils évoluent. Cette perfection narrative vient remettre en question notre doxa étriquée de la politique des auteurs. Impossible, en effet, d’attribuer au seul réalisateur la réussite de ce chef-d’œuvre tant elle est partagée avec le duo de scénaristes Age-Scarpelli, véritables architectes du cinéma italien d’alors avec plus de cent films à leur actif (Le Pigeon, Les Monstres, Les Camarades…) dont une quinzaine avec Ettore Scola.
Impossible également de minimiser le faste des acteurs, Vittorio Gassman et Nino Manfredi portant la forte charge émotionnelle du film avec la grande Stefania Sandrelli qui, outre ses collaborations avec Bernardo Bertolucci, réalise certainement ici sa plus belle interprétation.
Dimension inédite enfin : Ettore Scola enrichit son propos par des références directes à l’histoire du cinéma italien. De l’importance du néo-réalisme dans l’après-guerre (caméo de Vittorio de Sica et citation du Voleur de bicyclette), aux apparitions de Federico Fellini et Marcello Mastroianni, pour évoquer les années « Dolce vita » de Rome, jusqu’au thème de l’incommunicabilité cher à Michelangelo Antonioni. Le cinéaste affirme ainsi une croyance en le 7e Art comme scrutateur direct des soubresauts de la société.

Cerise sur le gâteau : une B.O. incroyable composée par le mésestimé Armando Trovajoli qui vous saisit par sa mélancolie dès la (sublime) scène d’ouverture.
Du sommet de son œuvre, Ettore Scola disait : « Je crois avoir travaillé dans ce sens : vers une comédie italienne qui, au-delà de l’héritage du néo-réalisme et de la satire, laissait entrevoir l’apologue civil. »

Gianni, Nicola, Antonio sont amis, font partie de ceux qui résistent contre le nazisme, mais, la guerre finie, la paix sépare le trio. L’un est brancardier à Rome, l’autre est avocat stagiaire chez un grand du barreau, le troisième s’est marié et enseigne dans une petite ville de province. Mais dans l’Italie d’après guerre, qui voit la république triompher de la monarchie et les Etats-Unis peser de tout leur poids économique (prêt de 100 millions de dollars au gouvernement de Gasperi) et idéologique sur la vie du pays, il est difficile de réussir avec des idées de gauche. Chacun des trois amis va virer de cap : Nicola plante là sa famille pour « monter » à Rome fonder une revue de cinéma ; Gianni épouse la fortune et de mauvaises causes ; Antonio, lui,reste fidèle à ses idées et ne parvient pas davantage à réussir socialement qu’à retenir Luciana, la femme qu’il aime…
Les années passent, les amours comme les amitiés se nouent et se dénouent… Au détour d’une rue, d’une émission de télévision, le temps d’une liaison éphémère, les uns et les autres se retrouvent par à-coups et par hasard. La société n’a pas bougé, la Démocratie Chrétienne est toujours au pouvoir, Luciana se demande comment elle a pu tenter de se suicider par amour… Antonio, qui n’a pas renoncé à se battre, peut-il croire encore à ce « futur différent » pour lequel les trois amis luttaient dans la Résistance ? Il y a quelque chose de bougrement actuel dans ce film qui s’interroge sur le devenir des idéaux de jeunesse…