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Mardi 4 OCTOBRE 2022 à 20h15

ÉCRANS URBAINS #5 – VILLE, ARCHITECTURE, PAYSAGE


Cycle de films proposé par arc en rêve centre d’architecture en partenariat avec la revue l’Architecture d’Aujourd’hui pour explorer les liens entre architecture et cinéma. Présentation du film et échanges avec Christophe Catsaros, critique d’art et d’architecture.

L’AMOUR À LA MER

Écrit et réalisé par Guy GILLES - France 1966 1h20mn - avec Geneviève Thénier, Daniel Moosman, Bernard Verley, Jean-Pierre Léaud… et Romy Schneider, Jean-Claude Brialy, Juliette Gréco, Alain Delon !...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’AMOUR À LA MERL’Amour à la mer est le premier long métrage de Guy Gilles, dont le tournage a commencé alors que le jeune cinéaste, arrivé d’Alger cinq ans plus tôt, est à peine âgé d’une vingtaine d’années. Dans le film, Daniel rentre lui aussi d’Alger, en marin désœuvré. Il retrouve Geneviève qu’il a rencontrée à Deauville. Elle vit à Paris et travaille comme secrétaire dactylo. Lui est affecté au port militaire de Brest. Guy Gilles construit attentivement l’intrigue de son film sur l’écart géographique séparant ses deux protagonistes, qui se rejoignent à la fin de l’été à Paris, le temps d’une permission, et se perdent dans l’hiver. Ce scénario, qui lui permet d’étoffer la complexité des personnages, se répercute aussi dans sa manière de représenter deux villes, Paris et Brest.

Le film témoigne d’une sensibilité photographique, manifestée dans de nombreuses séquences illustrant la matière urbaine des deux villes, lumière, rythmes, textures, enseignes et devantures. Cet attrait du réel est à la fois une forme de naïveté et d’honnêteté. Rares sont les films de cette époque à parler aussi ouvertement de la guerre d’Algérie, et encore plus rares à montrer les conséquences des bombardements de la Seconde Guerre mondiale sur les villes françaises. Au-delà de cette disposition documentaire, c’est la narration épistolaire croisée qui est au cœur de la double représentation urbaine de L’Amour à la mer.
Guy Gilles semble nous dire qu’on ne peut saisir une ville qu’à partir d’une autre ville. Ainsi, sa capacité à documenter le cadre urbain est augmentée par cette disposition à évoquer la ville comme la nécessaire hantise d’un ailleurs. L’interaction entre ces deux registres permet au film d’atteindre une intensité évocatrice inhabituelle pour un film de fiction. Paris n’est jamais plus vrai que dans l’imagination de celui qui y songe depuis le port lointain, qui à son tour n’existe nulle part de manière plus juste que dans le désir de celle qui y projette l’être aimé.

Cette tension transforme le désir des amants en désir de ville. Se met en place une véritable topographie affective, travaillant aussi bien sur le détail à portée de main que sur ce qui échappe. Le cinéma de Guy Gilles empruntera à plusieurs reprises cette manière croisée de dépeindre et d’évoquer les lieux. La redécouverte de ce réalisateur important et méconnu de la Nouvelle Vague est aussi une occasion de replonger dans un cinéma capable d’agir simultanément sur ces deux registres : celui de l’image et celui de l’imaginaire. D’un côté, la partie visible d’une ville, de l’autre, la partie invisible, faite des aspirations et des attentes qu’elle génère. Après deux siècles d’urbanisation, nous savons désormais à quel point l’attrait des villes doit autant à l’une qu’à l’autre, à l’image qu’au fantasme.

(C. Catsaros)