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Mardi 11 OCTOBRE 2022 à 20h15

Les Épisodes #6


Programme détaillé sur le site de Monoquini

Les Épisodes #6 / LE CINÉMA, AUTREMENT

Durée de la séance : 1h10

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

Il y a une certaine fascination à tenir entre ses doigts un fragment de pellicule cinématographique : d’emblée, une histoire se raconte dès qu’on porte le ruban filmique à une source lumineuse. De même, certains accidents de tirage produisent des images à la beauté imprévue. Isolées d’une logique narrative, elles deviennent d’énigmatiques tableaux granuleux. Par ailleurs, il n’est pas si compliqué de faire un film, même sans grands moyens financiers. Le matériau est disponible dans des chutiers, dans des archives, sur une rondelle en plastique ou sur internet, prêt à être coupé, collé, remonté.
Le détournement de sources préexistantes dans la production artistique est une pratique courante à l’ère de la reproduction numérique mais aussi une tradition avant-gardiste. Ces emprunts visent souvent à dépasser le matériau d’origine en lui conférant une nouvelle dimension, procurant une seconde vie aux images. Ainsi chez Johann Lurf et Volker Schreiner. Le premier, avec Twelve tales told, se joue des logos animés de douze studios hollywoodiens, les hachant et les entrelaçant en un générique total, métaphore de la domination planétaire de la culture par le consortium des grands groupes nord-américains. Le second, avec Hollywood movie, réunit un casting à faire pâlir tout producteur grâce à un montage virtuose. S’inspirant d’un texte de Nam June Paik, Film scenario, il livre une magistrale et drolatique leçon de cinéma expérimental.
Pour sa part, Emmanuel Piton a rassemblé l’ensemble de ses films Super 8 pour ne conserver que les images de fin de bobines. À même la pellicule est gravé le mot « Exposed », un élément habituellement coupé au montage mais qui devient ici la matière première d’un collage de souvenirs épars. Dans un esprit voisin, Grayson Cooke, remettant la main sur de vieilles archives photographiques personnelles et s’interrogeant sur notre obsession d’accumulation d’images stockées et souvent oubliées dans de capricieux disques durs, procède à une ultime expérience en appliquant acides, composés chimiques et agents oxydants sur ses propres négatifs et tirages argentiques : les images se tordent et se dissolvent sous nos yeux en d’étranges précipités.
A l’inverse de cette démarche de récupération qui s’apparente à une forme de cinema povera, le réalisateur de documentaires Eric M. Nilsson s’est vu attribuer une confortable subvention dans le cadre d’un projet censé soutenir la création de courts métrages de qualité en Suède. Il a donc pu disposer sans contrainte de matériel et de pellicule, lui donnant l’occasion de juxtaposer avec un humour provocateur une série d’images fixes et animées afin d’interroger, en voix-off, le processus même du tournage et la notion très subjective de « qualité » d’un film réalisé avec l’argent public.
Enfin, Morgan Fisher, qui fut monteur dans les années 70 chez Roger Corman pour des productions à petit budget, nous raconte des histoires captivantes de films. Non pas à propos de leur contenu mais de leur aspect physique, en tant qu’objets : amorces opérateur, photogrammes choisis, images trouvées, éléments de tirage en Technicolor… Ces fragments issus des poubelles de l’industrie cinématographique nous rappellent la matérialité subtile de ce support disparu qu’est la pellicule 35mm, supplantée par le numérique.

Au programme :
TWELVE TALES TOLD de Johann Lurf (Autriche / 2014 / 4 mn)
BRUTAL d’Eric M. Nilsson (Suède / 1980 / 7 mn / VOSTF)
AFTER | IMAGE de Grayson Cooke (Australie / 2020 / 10 mn 40)
HOLLYWOOD MOVIE de Volker Schreiner (Allemagne / 2012 / 7 mn)
EXPOSED d’Emmanuel Piton (France / 2017 / 6 mn 40)
STANDARD GAUGE de Morgan Fisher (USA / 1984 / 35 mn / VOSTF)