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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
Le collectif Stop Bolloré a vu le jour en décembre 2021 et rassemble des membres et des organisations de la société civile qui s’inquiètent de la concentration des médias et de l’édition en France et des dangers que cela représente pour la démocratie. Le projet du collectif, qui est poli...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

LOST HIGHWAY

David LYNCH - USA 1997 2h15mn VOSTF - avec Bill Pullman, Patricia Arquette, Balthazar Getty, Robert Blake...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LOST HIGHWAY« Je n’ai pas de caméra. J’aime garder mon propre souvenir des choses » affirme le jazzman Fred Madison aux deux inspecteurs de police qui l’interrogent. Dans Lost Highway, David Lynch propose une expérience qui dépasse les présupposés classiques du film. Œuvre narrative et picturale unique en son genre, ce septième long-métrage est une poursuite de ses obsessions en même temps qu’un point de rupture dans la carrière du réalisateur culte. En 1997, Lynch reprend une fois de plus à son compte une Amérique 50's spectrale qui ne cesse de revenir nous hanter et plonge le film néo-noir dans une reverb sans fin. Un saxophoniste (Bill Pullman) soupçonne sa femme (Patricia Arquette) de le tromper. Son angoisse est amplifiée de jour en jour par la réception de mystérieuses bandes vidéos contenant des images de leur intimité puis par des rêves effrayants. Pris de folie, il finit par la tuer et est condamné à la peine capitale. A cet endroit, Lynch déchire la narration classique et ouvre une deuxième enquête, celle que doit résoudre le spectateur pour avancer dans le film. Les points de vue se mélangent, les « déjà vus » et les indices sont semés au gré d’un schéma chronologique aussi free que le jazz joué par son anti-héros. Cette route perdue, qui a bien plus à voir avec celle de Cormac Mccarthy que celle de Jack Kerouac, nous mène par le bout du nez dans les limbes d’une mémoire populaire effrayante et fascinante à la fois.

On ne compte plus les théories et interprétations du sens plus ou moins caché de Lost Highway. Film « lynchien » par excellence, sommet d’une esthétique de l’inquiétude tant de fois copiée mais jamais égalée, ce récit évoque un mythe hollywoodien qui se dissout plus qu’il ne s’effrite. Prenant pour décor une version esthétisée à l’extrême de Los Angeles, le réalisateur (qui a d’abord été peintre) y exprime son talent pour les tableaux visuels hypnotisants. Dans Lost Highway, Lynch ne s’interdit rien (à commencer par ses petites gouttes d’humour acide et absurde disséminées par endroits) et se positionne à contre-courant d’une grande partie du cinéma de divertissement. La clé de cette énigme sans solution c’est (peut-être) l’abandon à la liberté créative du cinéaste. Sa seule concession au monde contemporain tangible est peut-être sa bande-originale où brillent David Bowie, Nine Inch Nails, Cocteau Twins et Lou Reed. Quelques pistes de pop music que vient brouiller son habituel compositeur Angelo Badalamenti, frère siamois d’une vision du monde comme un labyrinthe, tantôt effrayant, tantôt cotonneux.
25 ans après sa sortie initiale, Lost Highway n’a rien perdu de sa puissance. Le film reste une des œuvres majeures d’un des cinéastes les plus importants de notre temps. (Adrien Durand)