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Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
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Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

Jeudi 27 JUIN 2024 à 20h

CINÉMA RETROUVÉ


Rendez-vous mensuel, consacré aux films classiques et aux raretés du cinéma mondial en copies restaurées, proposé par l’association RIFIFI en partenariat avec Positif.
Un cycle de séances pour renouer avec le patrimoine cinématographique dans les meilleures conditions - Séance précédée d'une présentation

L’ARMÉE DES OMBRES

Écrit et réalisé par Jean-Pierre MELVILLE - France 1969 2h25mn - avec Lino Ventura, Simone Signoret, Paul Meurisse, Jean-Pierre Cassel... D'après le roman de Joseph Kessel. Photographie de Pierre Lhomme - Musique d’Eric Demarsan - Version restaurée 4K.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’ARMÉE DES OMBRESUn monument du cinéma français, longtemps dégradé par des problèmes liés à la conservation de son matériel, nous revient dans une flamboyante restauration, projetée en première mondiale au dernier Festival de Cannes. Film tout aussi définitif sur son sujet (la Résistance) que sur sa forme (la fameuse épure melvilienne), L’Armée des ombres est un chef-d’œuvre nourri par le vécu du cinéaste et par une mise en scène si personnelle qu’elle semble aujourd’hui inouïe au sein du cinéma commercial français.

En octobre 1942, soupçonné de sympathie gaulliste, Philippe Gerbier (Lino Ventura) est interné dans un camp français puis transféré au quartier général de la Gestapo à Paris. Il s’en évade pour rejoindre Marseille où il est chargé d’exécuter un traitre au sein du réseau dont il fait partie. La suite du récit ira à rebours de toutes les conventions narratives sur la notion d’héroïsme. Résister, c’est se cacher, se taire, se méfier en permanence et se salir les mains. Point de manichéisme simpliste, de bravoure triomphale, ni de réalisme documentaire chez Melville. Mais une force émotionnelle quasi-funèbre qui nourrit une œuvre naviguant entre l’abstraction et le cauchemar éveillé. Le premier plan sidérant du film fait, à ce titre, toujours aussi froid dans le dos par les temps qui courent.
Melville transfigure comme à son habitude tous les acteurs qui tournent avec lui : Lino Ventura est exceptionnel d’intériorité. Alors même qu’il n’adresse plus directement la parole à Melville sur le tournage, à la suite d’une brouille ultérieure à leur première collaboration pour Le Deuxième souffle.
1969, c’est encore le temps où la Seconde Guerre Mondiale est abordée dans d’énormes co-productions internationales et spectaculaires aux castings quatre étoiles comme La Bataille d’Angleterre ou Le Pont de Remagen. Melville va, bien-sûr, employer une tout autre méthode. Calé entre Le Samouraï (1967) et Le Cercle rouge (1970), le réalisateur ne change pas sa conception de la mise en scène pour L’Armée des ombres, en utilisant « toujours les mêmes couleurs sur la palette ». En l’occurrence des dégradés de gris. Et la critique de l’époque a tôt fait d’accuser Melville de traiter ses résistants comme les gangsters mutiques de ses polars.

Lui-même résistant, il inaugure son œuvre en 1949 avec une adaptation d’un autre roman phare sur l’Occupation écrit par Vercors, Le Silence de la mer, dans des conditions rocambolesques. Dès sa lecture du livre de Joseph Kessel, écrit en 1943, il veut l’adapter. Le projet mature pendant 25 ans et Melville dirige un film à la subjectivité revendiquée, nourrie de ses expériences et d’une vision « à froid », contrairement à celle du roman. Melville se défend de tout réalisme, notamment dans la représentation de l’occupant allemand, à cent lieues de la fascination décorative et parfois maladroite qu’elle peut générer dans les films de guerre (le nazi comme méchant ultime). Ici la menace est désincarnée, nulle part et partout à la fois.