UTOPIA SAINTE BERNADETTE
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À LA VIE À LA MORT
Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

Loi « sécurité globale » : « un outil pour permettre aux forces de l’ordre de cacher leurs dérapages »
Lu dans le journal Le Monde https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/11/05/loi-securite-globale-un-outil-pour-permettre-aux-forces-de-l-ordre-de-cacher-leurs-derapages_6058574_1653578.htmlJournalistes indépendants, collectifs, associations et syndicats se mobilisent contre un texte qu’...

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Du plateau à l’écran – Parcours spectacle vivant et cinéma proposé par les étudiants en Master Direction Artistique de Projets Culturels Européens de l’Université Paul Valéry, en partenariat avec le domaine d’O et le cinéma Utopia. Deux cartes blanches cinématographiques offertes à des metteurs en scène, pour découvrir des formes artistiques singulières et des lms atypiques illustrant l’univers des artistes.

Séance unique samedi 23 février à 15h en présence de Anna Zamora, metteuse en scène de Le Groenland, et d’une intervenante féministe.

LOUISE WIMMER

Écrit et réalisé par Cyril MENNEGUN - France 2011 1h20mn - avec Corinne Masiero, Jerôme Kircher, Anne benoît, Marie Kremer, Jean-Marc Roulot, Frédéric Gorny, Cécile Rebboah...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LOUISE WIMMER« Un rôle comme ça dans un film comme ça, c'est le plus beau cadeau que l'on puisse faire à une fille » dit Corinne Masiero en parlant de Louise Wimmer et c'est vrai qu'elle est magnifique, cette grande belle femme dont le visage un peu dur raconte qu'elle s'est coltinée à la vie. Sa formidable présence impose dès les premières images un personnage qui ne cherche pas vraiment à être sympathique et qui pourtant attache comme rarement au cinéma. Dans un tout autre genre, elle a un point commun avec le héros infirme d'Intouchables : c'est une qui ne supporte pas l'humiliation de la compassion des autres, qui a la fierté chevillée au corps et une envie de vie qui lui donne l'énergie nécessaire pour ne jamais renoncer. Mais la comparaison s'arrête là. Elle est, Louise, comme vous et moi et son histoire pourrait être celle de plein d'autres femmes : elle vivait bien, et les foulards de soie et autres babioles qui lui restent sont le vestige d'une vie aisée avec quelques photos de vacances heureuses qui en racontent l'insouciance. Elle travaillait avec son mari, n'était pas déclarée comme souvent les épouses et, après son divorce, elle n'a pour revenu que son petit salaire de femme de ménage dans un hôtel. Pas de quoi payer un loyer, juste assez pour continuer à donner le change aux yeux du monde, de son ex-mari et surtout de sa fille, cachant à tous que sa voiture est devenue sa maison et qu'elle se bricole une survie comme elle peut, allant faire sa toilette dans le bistrot de sa copine.

C'est fou l'énergie qu'il faut pour arriver à avoir l'air… d'aller bien, de mener une vie normale. C'est qu'il est impensable pour elle d'accepter la solidarité des autres. Elle ne supporterait pas que leur regard lui renvoie l'image de ce qu'elle refuse d'être : une victime. Louise se bat avec une sorte de rage pour sauver la face, prête à sortir les griffes si son amant ou ses rares amis font mine de lui tendre la patte. Pas le genre à pousser une porte et avouer : « bonjour, j'ai besoin d'aide ». Seule elle est et seule elle se débrouille, quoi qu'il arrive, siphonnant les réservoirs d'essence des autres bagnoles quand la sienne n'a plus de quoi rouler, toujours impeccablement mise, bousculant la travailleuse sociale jeunette qui débute dans l'attribution d'appartements HLM.
Elle n'admet pas cette vie qui lui est tombée dessus, et il y a une bonne dose d'orgueil dans cette attitude d'irréductible insoumise qui force l'empathie de ceux qui l'approchent et de nous en tout premier lieu. On voit tout à coup le monde à travers ses yeux, on la pige au quart de poil et le moindre détail de ce qui lui arrive nous atteint, et cette chanson de Nina Simone, qui revient régulièrement dans le film, lui donne une couleur qui nous va bien aussi. Le film, qui peut paraître noir en son commencement, peu à peu s'illumine et c'est avec un bonheur extraordinaire qu'on file avec elle vers ce coin de toit enfin trouvé : le réalisateur, miraculeusement, réussit à donner à un décor qu'on aurait pu trouver à tout autre moment ordinaire, une ampleur magique et une beauté qui nous font chavirer d'émotion.

Le visage de l'extraordinaire Corinne Masiero ne vous est peut-être pas étranger : une cinquantaine de rôles au théâtre, autant à la télé (dernièrement dans Fais pas ci, fais pas ça, Les Vivants et les morts). Louise Wimmer est son premier grand rôle au cinéma… le premier avant plein d'autres puisque que, sélectionné dans plein de festivals, Louise Wimmer a donné l'idée à d'autres de faire appel à elle : vous la retrouverez donc tout bientôt.