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Cycle FILMER LA FOLIE proposé par l'ARASM Croix Marine : Avant-première mardi 19 février à 19h suivie d'une rencontre avec Guillaume Massart, réalisateur du film, animée par Jean-Pierre Montalti, psychiatre, et Joseph Mornet, psychologue.
Le film est programmé à partir du 20 février.

LA LIBERTÉ

Écrit et réalisé par Guillaume MASSART - documentaire France 2017 2h26mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA LIBERTÉOn vous le dit d'emblée : La Liberté, de Guillaume Massart, est un sacrément beau film. Visuellement beau, par ce qu'il cadre, ce qu'il montre, aussi bien les portraits que les décors – et juré, la beauté de l'Île n'y est pas pour grand chose. Moralement beau surtout, parce qu'on ne va jamais à la rencontre de cette frange de l'humanité déclassée, bannie, déclarée perdue pour la société. Sans sensationnalisme ni condescendance, sans complaisance non plus, Guillaume Massart lui offre, pendant presque 2h30 (et la durée est ô combien nécessaire), une écoute attentive et, autant que faire ce peut, bienveillante.

Il faut imaginer cette Corse de carte postale faite de garrigues arides, de soleil implacable et d'un littoral où alternent les calanques escarpées et de longues plages apaisées. À l'est, au bord de la mer, se trouve la prison de Casabianda, depuis 1948 la seule prison « ouverte » de France. Dans ce vaste domaine agricole, ni murs, ni barreaux pour retenir les prisonniers – mais des gardiens, bien sûr, et quelques panneaux rappelant les limites à ne pas franchir. Et un règlement, draconien : pas d'avertissement, pas de deuxième chance, tout contrevenant réintègre immédiatement le système carcéral traditionnel. Casabianda accueille 130 hommes qui, pour l'essentiel, terminent de longues peines, principalement pour des crimes sexuels, généralement intrafamiliaux. Pédophilie et inceste, pour parler crûment.

Parti pour observer ce singulier territoire d'enfermement à la limite de l'oxymore (qu'est-ce que, précisément, dans un lieu ouvert, la « privation de liberté » ?), le cinéaste a vu son film bifurquer. La Liberté est devenu un « film conversé » avec des détenus. Où il n'est pas question de rédemption, mais d'invention d'un chemin par les mots. Les itinéraires diffèrent, certains saisissent le film pour avancer, faisant de la parole un territoire possiblement émancipateur. Beau, donc, et passionnant.

(d'après Arnaud Hée)