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CALENDRIER - ACCESSIBILITÉ PMR partie 6
Chers spectateurs,Petit point travaux : la rampe d’accès PMR est enfin praticable (malgré le fait que les travaux ne sont pas encore terminés, et que c’est encore un peu le chantier) pour les personnes en fauteuils roulants.Cordialement ... Lire CALENDRIER - ACCESSIBILITÉ PMR partie 6...

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

CALENDRIER - ACCESSIBILITÉ PMR partie 5
Chers spectateurs,Les travaux ayant pris du retard (et n’étant pas encore terminés), nous sommes désolés de vous annoncer que la rampe PMR n’est toujours pas accessible aux fauteuils roulants !N’hésitez pas à nous appeler (0467523200) pour connaître l’avancement de la situation, de fait de ne pa...

TERMINAL SUD

Écrit et réalisé par Rabah AMEUR-ZAÏMECHE - France 2019 1h37mn - avec Ramzy Bedia, Amel Brahim-Djelloul, Slimane Dazi, Salim Ameur-Zaïmeche... FIFIB 2019 : GRAND PRIX DE LA COMPÉTITION FRANÇAISE.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TERMINAL  SUDTerminal Sud captive, dès les premières images. Justesse de ton, tendresse pudique, tension de chaque instant, humour qui fait mouche – on oubliera pas le duo Ramzy Bedia et Slimane Dazi en train de se bidonner sur un constat : « Ici, il y a toujours un bémol »… Mais où est cet « ici » ? Un pays sans nom qui marche sur la tête. Pour son sixième film, Rabah Ameur-Zaïmeche (dont on suit la filmographie depuis le début, avec passion : Wesh, Wesh, Bled Number One, Dernier maquis, Les Chants de Mandrin, Histoire de Judas) fait encore une fois un pas de côté et nous incite à faire de même. Il brouille subtilement les pistes, non pour nous déstabiliser, mais pour nous inciter à regarder au-delà de l’espace et du temps, derrière les apparences. Qu’importe l’histoire officielle, qu’importe le lieu. Est-on ici et maintenant ? Est-on avant et ailleurs ? À chaque fois qu’on croira saisir « la » vérité, elle nous échappera, comme pour nous signifier qu’elle n’est qu’une vérité parmi d’autres. Cette atemporalité volontaire, très calculée, ce voyage en terra incognita, pourtant si familière, nous mènent droit à l’essentiel. Impossible de se raccrocher à de rassurantes certitudes, il faut, comme le personnage joué par Ramzy (formidable), être en permanence aux aguets, ouvrir l'œil, ne laisser échapper aucun des détails qui nous permettent d'avancer dans le récit. La seule évidence, c'est que nous sommes au cœur de la Méditerranée, le berceau de peuples unis par les mêmes racines, par la même histoire… et que l'Histoire et la folie des hommes a désunis.

Terminal Sud nous tend un miroir où se déforment les raccourcis simplistes. Nous voilà apatrides, ou plutôt citoyens universels. Ce film profondément libertaire ne prend pas le spectateur au piège de la facilité, il ne joue pas une civilisation contre une autre, une classe sociale contre une autre, ni les colons contre les colonisés. Il se place du côté de ceux que les événements dépassent, et broient, de ceux qui subissent sans comprendre alors qu'ils essaient, pourtant… Mais qu’y a-t-il d’ailleurs à comprendre à la sauvagerie ? Que rien ne justifie, aussi bonne que soit la cause. Rabah Ameur-Zaïmeche ne nous en fait pas une savante démonstration, il nous donne à ressentir les affres de l’humaine condition, son impuissance face à ce qui rend certains hommes plus loups entre eux que les loups eux-mêmes.
Le protagoniste principal de l’histoire est médecin. Un docteur dont on ne saura jamais le prénom, ni le nom, comme si l’homme ne pouvait que s’effacer derrière un rôle social plus grand que lui-même. Son travail à l’hôpital le place en première ligne face à une détresse qui ne fait pas dans la dentelle et ne choisit pas son camp. Chacun ici, juste ou corrompu, bourreau ou victime, se retrouve seul face à la maladie, aux blessures, à la souffrance, seul face à ce médecin qui tente l’impossible, avec comme seules armes l’écoute, quelques remèdes, deux ou trois instruments et un peu de savoir-faire, pour repousser la camarde qui rôde. Elle non plus ne choisit pas son camp. Notre toubib, lui, ne veut pas choisir le sien, pas choisir entre les vainqueurs et les vaincus, entre son couple et son boulot… et c’est ce qui le précipitera dans une fuite en avant, à son corps défendant. En attendant, le soir venu, il n’est qu’un homme sans ressort face à sa propre solitude, ses propres peurs, sa fatigue, sa tentation de baisser les bras. Même la rasade de whisky qu’il boit ne lui procure plus l’ivresse nécessaire à l’évasion. Il faudrait fuir, comme le lui répète son épouse, devenue invisible à force de ne plus être regardée. Pas de place pour les sentiments et pourtant on les devine bouillonnants, contraints sous une chape de fausse acceptation. Et c’est peut-être dans les scènes les plus anodines et légères qu’ils osent s’exprimer, comme sur cette place de marché, au milieu de la valse des camions poubelles, quand fuse soudain un fou rire enfantin entre deux hommes. Alors les larmes semblent enfin pouvoir affleurer.

Terminal Sud, sans discours, par l'observation et la restitution de mille gestes quotidiens, parle de l’écroulement d’une société civile et de la fragilité de l’État de droit. On y verra tout aussi bien des références à l'Histoire plus ou moins récente qu’à notre époque actuelle, une ode à tous les opprimés de la terre, entre thriller philosophique et chronique de la guerre ordinaire. Un film prenant, d’une grande intelligence, d'une grande force et d’une grande beauté.