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CALENDRIER - ACCESSIBILITÉ PMR partie 9
Chers spectateurs,Suite aux travaux de reconstruction, merci de noter que la rampe PMR ne sera pas accessible aux fauteuils roulants entre le mercredi 26 février et le vendredi 28 février inclus.N’hésitez pas à nous appeler (0467523200) pour connaître l’avancement des travaux afin de ne pas vous...

CALENDRIER - ACCESSIBILITÉ PMR partie 8
Chers spectateurs.Actuellement, la rampe d’accès PMR est praticable.Veuillez noter qu’une nouvelle déconstruction/reconstruction est prévue, mais nous ne savons pas encore quand.Cordialement.... Lire CALENDRIER - ACCESSIBILITÉ PMR partie 8...

CALENDRIER - ACCESSIBILITÉ PMR partie 7
Chers spectateurs,Suite à une erreur de construction, la nouvelle rampe PMR doit être démolie puis reconstruite !Nous sommes donc désolés de vous annoncer, une fois de plus, que la rampe PMR n’est toujours pas accessible aux fauteuils roulants, et ce jusqu’à nouvel ordre !N’hésitez pas à nous ap...

LE LAC AUX OIES SAUVAGES

Écrit et réalisé par DIAO Yinan - Chine 2019 1h50mn VOSTF - avec Hu Ge, Gwei Lun Mei, Liao Fan...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE LAC AUX  OIES SAUVAGESComme dans son précédent film, Black coal (disponible en Vidéo en Poche), Diao Yinan nous offre avec Le Lac aux oies sauvages du très beau cinéma de genre, très composé, magistralement filmé. À la façon du théâtre, on pourrait parler de cinéma d’ombres, tout autant que de film noir, tant le cinéaste joue avec les contrastes, les reflets qui se font et se défont, la luminescence des objets que sublime la nuit oppressante. L’action se situe dans la tentaculaire Wuhan, « la ville aux cent lacs », où la culture portuaire, conjuguée à l'industrialisation et à la civilisation urbaine, a donné des paysages d'une incroyable variété, très éloignés de la sérénité que suggère le titre. Dans l’univers onirique de Diao Yinan, aucune oie (surtout pas blanche) ne traîne et tout n’est parfois que sauvagerie. Quant à la poésie, bien présente mais contrainte, il lui faudra, pour parvenir à exister, suinter entre les interstices, à la façon d’un rai de lumière éphémère. Tout comme cette humanité maladroite, en marge, qui peine à surnager.

À l’instar de Jia Zhang-Ke (dans Les éternels), le réalisateur convoque le « Jianghu », littéralement « rivières et lacs », concept mandarin antédiluvien qui désigne une société hétéroclite parallèle, qui englobait jadis autant les combattants, les moines errants, les artistes… que les bandits, les péripatéticiennes… puis, désormais, par extension, les triades chinoises et la puissante pègre contemporaine qui détruit autant qu’elle protège, dans la plus généreuse des ambivalences. Confusion accentuée ici par le fait que les flics endossent les mêmes costards que les voyous. Autant vous prévenir de suite, même dans les passages où le temps semble soudain suspendu, empruntant presque la langueur d’un danseur de buto, il vous faudra rester vigilants pour ne pas perdre le fil, guetter les personnages secondaires, deviner tout ce qui se passe en creux, à l’arrière plan. Ce dernier est ici plus qu’un élément de décor, c'est le cœur de l’action même, souvent nerveuse, tour à tour apaisée puis brutale, survoltée.
L’histoire pour nous débute dans la lumière laiteuse et jaunâtre d’un quartier sans lune. Sous une pluie torrentielle, un homme aux abois attend, à deux pas d’une gare. À l’abri d’un pilier, il guette les mouvements de la nuit, espère sa femme (on le découvrira plus tard) qui ne viendra pas. L’inconnue qui s’approche de lui est plus sophistiquée, plus assurée que son épouse. Elle a cette beauté immédiate et distante de celles qui savent se faire désirer. La blasée, l’impavide Liu Aiai malgré ses airs juvéniles a déjà trop vécu. À sa manière d’allumer une cigarette, on sait qu’on pourrait avec elle s’embraser. Quand elle interpelle le fugitif par son nom, Zhou Zenong, ce dernier sait qu’il n’aura d’autre choix que de lui faire confiance. Elle sera désormais le seul lien avec son entourage, son seul espoir pour réussir l’unique plan auquel il se raccroche.
Grâce à des flashbacks subtilement articulés, on découvrira la genèse de l’affaire. La sortie de prison de notre sombre héros, sa fuite en avant, un meurtre malencontreux, la cavale qui va s’en suivre. Le film s’émaille progressivement de scènes tout autant hyper réalistes que surréalistes, comme cet incroyable symposium entre gangsters venus discuter le bout de gras, ou en train d’organiser des sessions de formation pour apprendre à leurs apprentis comment crocheter une voiture. Bagarres décapitantes, poursuites frénétiques, ballets intrigant des parapluies ou des danseurs de rue en ligne, essaim de scooters zébrant les ténèbres tandis que les flics surexcités rentrent dans la valse…

Le Lac aux oies sauvages est un polar décoiffant et formellement magnifique, à l’ambiance tout à la fois très léchée et poisseuse, qui laisse derrière lui une impression lumineuse persistante malgré la noirceur d’un univers sans lendemain.