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La Covid, la Ligne 5, le « Learning center » et UTOPIALes médias en auront fait leur feuilleton de l’été : la culture est au plus mal et le cinéma carrément à l’agonie. Impossible d’ouvrir un journal, d’allumer la radio ou de jeter un œil sur le fil de son réseau social préféré, sans e...

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JEUNE JULIETTE

Écrit et réalisé par Anne ÉMOND - Québec 2019 1h37mn VOSTF - avec Alexane Jamieson, Léanne Désilets, Robin Aubert...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

JEUNE JULIETTEJuliette est enveloppée. Et la séquence qui ouvre le film la met en scène avec un professeur de sport, tout suant, et tout aussi rondouillard qu’elle. La comédie s’installe ainsi dès l’ouverture de ce récit fantasque et délicat, qui raconte le destin contrarié d’une adolescente confrontée à ses premiers émois amoureux. Nous sommes au Canada avec ce français incroyable du Québec, agrémenté même de patois qui, au passage, nous en fait savourer les originalités.

Quelle belle intelligence ! C’est à peu près ce qu’on l’on peut dire de ce film qui à première vue ne paie pas de mine mais qui relate avec douceur et tendresse la difficulté pour notre Juliette d’exister au milieu des autres élèves, avec ses kilos de trop. Elle n’est pas la seule à vivre avec une différence. Elle est amie d’une camarade de sa classe, qui l’aime autant que Juliette aimerait que le meilleur ami de son frère, le beau gosse de l’école, l’aime. Et elle a l’occasion d’accompagner un nouvel élève, atteint d’un autisme léger, qu’on reconnaît aux obsessions de la saleté, aux propos décalés et à sa façon toute particulière d’envisager la réalité. Mais la réalisatrice n’en fait surtout pas des tonnes dans l’expression de ces différences physiques, sexuelles ou cognitives. L’enjeu pour Anne Émond demeure essentiellement dans la façon dont Juliette doit gagner en confiance en elle et composer avec un univers adulte pas toujours en phase avec ce qu’elle aurait pu attendre.
Il y a beaucoup de pudeur et de tendresse dans le portrait que la réalisatrice brosse de cette famille quelque peu originale. La relation entre Juliette et son frère en fera rêver plus d’un, tant elle est jolie et sensible. Le cinéma offre rarement des films qui refusent l’intellectualisme à outrance, sans tomber dans la vulgarité ou la lourdeur. La légèreté apparente du scénario accompagne le spectateur d’un bout à l’autre de ce récit ingénu et drôle. L’humour ne cède jamais à la moquerie ou à la niaiserie. De fait, Juliette devient un personnage d'une humanité débordante, au milieu d’une famille bancale, mais aimante. D’ailleurs, le sentiment d’amour vrai traverse toute cette histoire, donnant enfin l’occasion aux spectateurs d’échapper à la sinistrose du cinéma réaliste et social. Voilà donc un film fait pour rire, s’émouvoir, et s’évader dans un univers attendrissant.

S’agit-il d’un film pour adolescents ? Oui, sans aucun doute. Mais plus que cela, Jeune Juliette est une invitation aux familles de se laisser porter par un demi-rêve, où il sera question de l’émancipation intellectuelle et émotionnelle d’une jeune fille qui démontre, non sans ingéniosité, que le bonheur est permis à tout le monde. La joie constitue la marque de fabrique de ce film, qui pourtant dévoile la cruauté du monde des élèves à l’égard des enfants handicapés ou différents. Cela n’est pas sans interroger le modèle dominant d’une école qui se voudrait inclusive. Mais l’inclusion ne se décrète pas. Elle doit se doter d’un discours, d’une pédagogie qui incite les plus jeunes enfants à vivre avec des êtres vulnérables ou ne rentrant pas dans les normes établies par la société. Voilà sans doute l’objectif éclatant de ce long-métrage qui nous fait, avec une économie de mots, une magistrale leçon sur l’intégration scolaire.

(avoir-alire)