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"Un sale métier" à voir sur Mediapart
UN SALE METIER, c’est le titre (emprunté au Voleur de Georges Darien) d’un très chouette film réalisé par Pascal Catheland il y a quelques années, qui est visible en accès libre sur le site de Mediapart pendant une semaine à partir du 26 avril 2020 : Un sale métier / Mediapart. La présentation d...

LES GRANDS VOISINS, LA CITE REVEE
LES GRANDS VOISINS et Utopia Sainte Bernadette à MontpellierUne fois n’est pas coutume, à la suite de nos amis d’Utopia Tournefeuille, nous nous essayons à partager avec vous un film, LES GRANDS VOISINS - et de profiter autant que possible de ce moment pour discuter, ensemble, avec d’autres. San...

La Lettre de Wajdi Mouawad
“Nogent-sur-Marne, le 12 avril 2020Mon cher petit garçon, T’écrire ces quatre mots me bouleverse. Ils rendent si réel l’homme que tu es, en cet aujourd’hui qui est le tien, quand, dans celui qui est le mien, tu n’es encore qu’un enfant. Cette lettre je l’adresse donc à l’homme que tu n’es pas en...

Séance unique mercredi 11 mars à 20h suivie d’un débat avec Lynda Touati (neurologue, Montpellier) et Abdelkader Gouaich (enseignant-chercheur, LIRMM – Montpellier, qui a conçu un serious games thérapeutique spécifique pour les personnes ayant eu un AVC), avec la participation de Guillaume Tallon, respon-
sable clinique de Naturalpa.

UN HOMME PRESSÉ

Écrit et réalisé par Hervé MIMRAN - France 2018 1h40mn - avec Fabrice Luchini, Leïla Bekhti, Rebecca Marder, Yves Jacques, Micha Lescot... Scénario d’Hervé Mimran et Hélène Fillière, d’après le livre de Christian Streiff.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UN HOMME PRESSÉQue l’on soit inconditionnel de Fabrice Luchini ou pas, qu’il vous agace, vous éblouisse ou vous laisse de marbre, nul ne peut contester son talent hors pair quand il s’agit de manier les mots, ceux des autres en particulier, ou les siens, qu’il sait si parfaitement agrémenter de citations distillées avec gourmandise. Il est sans doute l’un des seuls comédiens français à maîtriser aussi bien cet art oratoire, l’un des seul aussi à le mettre en avant dans chacun de ses films, quelle que soit la nature du récit ou le profil de son personnage.
« Ce serait un film où Fabrice Luchini serait incapable d’aligner deux mots » ! On se dit bien que c’est le genre d’idée un peu saugrenue qui a dû jaillir de l’esprit des scénaristes d’Un homme pressé, flairant là, et à raison, la matière première d’un numéro d’équilibriste dont l’acteur a le secret. Luchini qui a perdu de sa superbe ? Pas tout à fait, car même quand il s’emmêle les pinceaux, même quand il perd ses mots, le maître le fait avec panache et virtuosité, avec ce timbre de voix reconnaissable entre tous. Impossible donc de séparer cette comédie de son interprète principal, il est la colonne vertébrale du film, sur qui tout repose, vous voilà prévenus.

Ce n’est donc pas un mystère, Alain est un homme pressé. Ce n’est pas qu’il subisse le rythme de sa vie sans pouvoir rien faire pour le ralentir, non, il est pressé et il aime ça. Il ne vit d’ailleurs que pour ça : courir, du matin jusqu’au soir, et remettre ça le jour suivant, et puis celui d’après et cela depuis des années. Alain n’est pas marathonien mais homme d’affaires, secteur industriel, le genre à se déplacer avec chauffeur, le genre à avoir des costards taillés sur mesure et un bureau avec vue sur le monde qu’il domine, forcément, du haut de son arrogance. Enfin, ça, c’est la version « Valeurs Actuelles » du type. Car côté pile, c’est un autre visage. Il vit seul, forcément, avec sa fille qu’il a négligé toute son enfance, forcément, et qui lui en veut à mort, bien évidemment.
Mais les bonnes choses ont toujours une fin et il en est des hommes d’affaires comme des entreprises cotées au Cac 40 : parfois, le système défaille, le train de la belle réussite capitaliste déraille et se mange le décor, emportant la belle moquette du bureau, les couvertures de magazines et les pompes italiennes à deux smics. Dans le monde merveilleux du business, ça s’appelle une crise financière ou un krach boursier, dans le monde merveilleux du cerveau survolté d’Alain, ça s’appelle un AVC.
Voilà donc notre homme passablement dans les choux, ne pouvant plus prononcer deux mots sans se prendre les pieds dedans, cafouillant, hésitant, buttant et trébuchant sur le vocabulaire le plus basique qu’il va joyeusement se réapproprier en mode almanach vermot. Heureusement, il croise la route d’une orthophoniste dévouée qui va tenter de l’aider à remettre consonnes et voyelles en place.

L’histoire est bien entendu écrite d’avance : sans son arrogance, sans sa superbe, sans ses qualités oratoires, le bonhomme va tomber de son piédestal, se retrouver à poil, pile sur la face qu’il avait jusqu’alors négligée, celle de sa vraie nature. Luchini est à la hauteur de l’exercice qui lui est demandé : être drôle avec les mots, en faire beaucoup, mais point trop quand même. Il excelle dans ce numéro de clown brillant qui tombe le masque et aligne son texte, même quand il n’a pas de sens, avec une facilité déconcertante qui fait mouche à tous les coups. C’est sûr, ce type est capable de vous réciter l’annuaire comme s’il s’agissait d’À la recherche du temps perdu !

Dans le cadre de la 22 e édition de la Semaine du Cerveau, proposée par l'Inserm, le CNRS, l'Université de Montpellier et de Nîmes, l'Université Paul Valéry, Génopolys, Biocampus, le Pôle Rabelais, le CHU, coordonnée par l’Association La Comédie des neurones
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