UTOPIA SAINTE BERNADETTE
5 avenue du Docteur Pezet, 34090 Montpellier (Tram 1 Saint Eloi)


INFOS PRATIQUES et TARIFS

LA GAZETTE UTOPIA (à télécharger au format PDF)
Où trouver la gazette (carte des dépôts)

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

À LA VIE À LA MORT
Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

Loi « sécurité globale » : « un outil pour permettre aux forces de l’ordre de cacher leurs dérapages »
Lu dans le journal Le Monde https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/11/05/loi-securite-globale-un-outil-pour-permettre-aux-forces-de-l-ordre-de-cacher-leurs-derapages_6058574_1653578.htmlJournalistes indépendants, collectifs, associations et syndicats se mobilisent contre un texte qu’...

ANY DAY NOW

Hamy RAMEZAN - Finlande 2020 1h22mn VOSTF - avec Aran-Sina Keshvari, Shahab Hosseini, Shabnan Ghorbani, Khimiya Eskandari... Scénario de Hamy Ramezan et Antti Rautava. Pour les enfants à partir de 12 ans. Musique de Tuomas Nikkinen et Linda Arnkil.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ANY DAY NOWÀ l’heure où nous écrivons ces lignes, le sinistre ex-ministre fascisant italien Matteo Salvini est jugé pour avoir mis en danger la vie de centaines de migrants en empêchant durant deux longues semaines le bateau qui les avait secourus d’accoster. La vie et le film du réalisateur Hamy Ramezan sont comme un superbe pied de nez à ce genre de tristes individus qui enlaidissent l’Europe. Hamy, à l’âge de sept ans, a fui avec sa famille son pays natal, l’Iran, en proie à l’époque à une terrible guerre avec son voisin irakien. Il a, comme des millions d’autres exilés, traversé les déserts jusqu’à Istanbul, puis les mers jusqu’aux îles grecques avant de remonter, en passant par les horribles camps de réfugiés de Belgrade, jusqu’en Finlande, où il a enfin trouvé la paix et une carrière prometteuse de cinéaste. De ses souvenirs parfois terribles, il a tiré ce film lumineux et apaisé à regard d’enfant.



L’alter ego fictionnel de Hamy, c’est Ramin, treize ans. Un enfant finnois comme un autre, qui va à l’école finlandaise où il a un meilleur ami, une jeune fille pour laquelle il en pince, mais aussi un couple de vieux voisins chez qui il va régulièrement s’adonner à l’horticulture. Sa vie serait presque identique à celle de ses camarades de classe s’il ne rentrait pas chaque soir rejoindre sa famille dans la chambre exiguë du centre de demandeurs d’asile qui rassemble tous ceux qui, comme Ramin, sa mère, son père et sa petite sœur, attendent avec angoisse ce courrier qui leur annoncera la suite de leur vie : la possibilité de construire leur avenir sur cette terre qu’ils ont mis tant de temps à atteindre ou l’expulsion qui les mettra dans le premier avion à destination de leur pays d’origine.

Ce qui est très beau et très fort dans le film de Hamy Ramezan, écrit en collaboration avec un brillant scénariste et romancier finlandais, c’est qu’il pose son regard à hauteur d’enfant, cet irrésistible Ramin qui retient de toutes les situations les côtés positifs, sans penser aux lendemains qui pourraient s’avérer sombres. On se réjouit avec lui des petits rituels de la famille Mehdipour qui, malgré les aléas, réussit à rester soudée, chacun se montrant attentif et bienveillant envers les autres. Il y a la douceur de la mère qui organise chaque matin un réveil tout en tendresse, il y a ce père parfaitement lucide des obstacles et des dangers qui les guettent, mais qui reste positif en toute circonstance (incarné magnifiquement par l’acteur iranien Shahab Hosseini, prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes pour Le Clientd’Ashgar Farhadi)…
Et puis il y a l’amitié entre Ramin et un collégien finlandais, avec cette très jolie scène qui montre les deux garçons remonter une rue en éteignant un à un à coups de pieds les lampadaires, qui se rallument de manière synchronisée. Et le film s’avère, alors que le ciel politique de l’Europe s’assombrit, une invitation à savourer la liberté, l’amitié, l’amour familial et le temps présent. Un temps présent où, quelles que soient les péripéties, la famille de Ramin reste digne et soudée.

Il faut souligner la magnifique prestation du jeune Aran-Sina Keshvari, trouvé un peu miraculeusement parmi les rares adolescents finnois qui parlent persan et qui fait preuve d’un naturel et d’une justesse exceptionnels.