UTOPIA SAINTE BERNADETTE
5 avenue du Docteur Pezet, 34090 Montpellier (Tram 1 Saint Eloi)


INFOS PRATIQUES et TARIFS

LA GAZETTE UTOPIA (à télécharger au format PDF)
Où trouver la gazette (carte des dépôts)

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

À LA VIE À LA MORT
Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

Loi « sécurité globale » : « un outil pour permettre aux forces de l’ordre de cacher leurs dérapages »
Lu dans le journal Le Monde https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/11/05/loi-securite-globale-un-outil-pour-permettre-aux-forces-de-l-ordre-de-cacher-leurs-derapages_6058574_1653578.htmlJournalistes indépendants, collectifs, associations et syndicats se mobilisent contre un texte qu’...

MY KID

Nir BERGMAN - Israël / Italie 2021 1h32mn VOSTF - avec Shai Avivi, Noam Imber, Smadi Wolfman, Efrat Ben Zur... Scénario de Dana Idisis.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MY KIDHasard de la programmation, deux films de cette fin d'année nous parlent de paternité : Un endroit comme un autre, et ce très chouette My kid. Bien que très différents dans le ton ou la forme, tous deux abordent avec beaucoup de délicatesse et de subtilité le lien si particulier qui unit deux pères à leurs garçons. Si la référence est clairement revendiquée pour My kid, c’est bien l’ombre d’un certain film de Charlie Chaplin qui plane sur ces deux œuvres, pour la poésie à fleur de peau, un regard tendre entre rires et larmes et cette petite flamme qui brille d’une manière si particulière dans les yeux des pères, quels que soient les siècles, les pays et les circonstances. My kid se passe en Israël, mais ce pourrait être n’importe où dans le monde et presque n’importe où aussi sur l’échelle du temps. Car partout et de tout temps, il y a des enfants qui naissent différents et toujours il faut inventer de nouvelles façons de vivre pour apprendre à les accepter et à les aimer tels qu’ils sont.

Aaron a consacré sa vie à élever son fils autiste, Uri. Une vie toute entière à comprendre ses particularités, une vie toute entière à construire un langage unique lui permettant d’entrer dans le monde cadenassé à double tour de son gamin. A force de persévérance et d’abnégation, mais surtout avec beaucoup d’amour, Aaron a bâti avec Uri une relation forte, cimentée par la tendresse et l’humour, puis il l’a remplie avec une foultitude de petites routines, de celles qui construisent un rempart contre les angoisses et apportent cette sécurité dans laquelle Uri peut s’épanouir. C’est le plat de petites pâtes que l’on dispose d’une certaine façon dans l’assiette, les escargots imaginaires qu’il faut prendre soin de ne surtout pas écraser, les poissons dans leur bocal que l’on chérit comme les membres de la famille, ou le rituel du coucher qui rythme les soirées… C’est aussi et surtout le film de Charlie Chaplin The Kid, qu’Uri connaît par cœur, et les blagues qu’ils sont les seuls à se faire et à comprendre, comme un code secret.
Mais Uri a grandi et même si ses comportements, ses joies et ses peines sont ceux d’un enfant, le voilà devenu un adulte. Aaron quant à lui doit bien aussi se rendre à l’évidence : il n’est plus un papa de prime jeunesse… Les années filent et un jour, les enfants doivent quitter le nid.
Ce temps est arrivé pour Uri et sa mère est bien décidée à le faire admettre dans une institution adaptée où d’autres que son père prendront soin de lui, où il sera avec d’autres jeunes qui lui ressemblent.
Mais on comprend très vite qu’Aaron n’est pas de cet avis et qu’Uri est devenu, malgré lui et depuis bien des années, la source de vives tensions entre ses deux parents. Ce sont des choses qui arrivent parfois dans les couples, l’équilibre se rompt à force d’avis trop divergents sur ce qui est bon ou pas pour l’enfant différent.
Intimement convaincu qu’il est la seule et unique personne qui puisse comprendre et guider Uri, mais surtout la seule sur laquelle il puisse vraiment compter, Aaron embarque son grand gaillard de fils sur un chemin de traverse, loin des décisions des juges, loin des carcans sociaux, des éducateurs « mal payés » et en sous effectif qui ne feront jamais aussi bien le job que lui, loin aussi du tumulte du monde.

Car Aaron, dans ce rôle de père dévoué qui a sacrifié sa vie, son intimité, sa carrière pour prendre soin d’Uri, a aussi trouvé une manière de justifier quelques-uns de ses échecs personnels. Être le sauveur de son fils lui évite de se remettre en question, être à ses côtés dans chaque instant présent est un moyen imparable pour ne surtout pas penser à demain.
Les voilà partis sur la route, au gré des rencontres ou des retrouvailles… et c’est d’une justesse, d’une émotion et d’une authenticité bouleversantes. Avec une écriture fine, drôle et un regard empreint de douceur et de lucidité sur ses deux personnages, Nir Bergman (le créateur de la série En thérapie) réussit ce tour de force d’évoquer sans tabou toute la complexité de l’accompagnement des enfants porteurs d’un handicap tout en racontant simplement l’histoire d’amour universelle entre un parent et son enfant.