UTOPIA SAINTE BERNADETTE
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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

À LA VIE À LA MORT
Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

Loi « sécurité globale » : « un outil pour permettre aux forces de l’ordre de cacher leurs dérapages »
Lu dans le journal Le Monde https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/11/05/loi-securite-globale-un-outil-pour-permettre-aux-forces-de-l-ordre-de-cacher-leurs-derapages_6058574_1653578.htmlJournalistes indépendants, collectifs, associations et syndicats se mobilisent contre un texte qu’...

ZAHORÍ

Écrit et réalisé par Marí ALESSANDRINI - Argentine / Chili 2021 1h45mn VOSTF - avec Lara Tortosa, Santos Curapil, Cirilo Wesley, Sabine Timoteo...

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ZAHORÍEntre le 40e « hurlant » et le 50e « rugissant » s’étend une des terres les plus venteuses, les moins peuplées du monde. Mi-chilienne, mi-argentine, même l’origine de son nom, amputé de ses racines amérindiennes, reste mystérieuse : la Patagonie. Il est étrange que ce territoire inhospitalier ait de tous temps attiré les aventuriers, avant même que ses richesses cachées ne soient décelées. Ici gisent en effet d’immenses réserves d’or noir et d’eau potable secrètement enfouies depuis des millénaires. Ô combien de marins et de conquistadores avides partirent à leur conquête ! Le plus étonnant d’entre eux fut peut-être un Périgourdin, Antoine Tounens, qui s’en déclara roi avant d’être balayé d’un revers de main et réexpédié en France par le Chili qui le décréta fou. Et si on avait suivi l’idée de Theodor Herzl, théoricien du sionisme, qui y voyait la terre promise et rêvait d’y créer au début du siècle dernier l’État d’Israël ? Peut-être la face de la Palestine en eût-elle été changée… On peut toujours rêver !?

Rêver… C’est ce que fait avec assiduité Mora (incarnée par Lara Tortosa, à la présence magnétique). Ses rêves, elle ne les partage avec personne, comme absente à son entourage, à ce quotidien qui ne la comble pas. Prise en tenaille entre une vie familiale dont l’ambiance dérape furieusement au fur et à mesure que s’effondre le projet d’autonomie alimentaire de ses parents écologistes italo-suisses et une école qui n’enseigne que des choses lointaines.
Ici tous sont scolarisés dans un unique pensionnat de fortune perdu au milieu de la pampa. Malgré le grand air, malgré la lumière dorée de ces vastes steppes dignes d’un western, Mora étouffe. Coupée des autres filles trop dociles. Pas intégrée aux jeux des gars qui lui rappellent constamment qu’elle n’est pas des leurs : jouer au foot, être un gaucho, c’est réservé aux mâles ! Du haut de ses treize ans, sa féminité qui pousse lui semble un carcan, dresse une barrière invisible devant tout ce à quoi elle aspire. Sans compter une inavouable forme d’exclusion sociale qui plane : « Les Mexicains descendent des Aztèques, les Péruviens des Incas et les Argentins… du bateau ! »… Or notre adolescente n’est rien de tout cela. Comment faire son trou dans ce monde qui ne l’accepte pas ? Elle se mure dans une forme de résistance silencieuse. Ce sera pour mieux s’en affranchir.

C’est l’histoire d’une éclosion dans un univers sec et organique, sous les yeux d’un petit frère qui aimerait comprendre cette grande sœur mutique et un peu androgyne qui le dépasse d’une longueur. Tout autant capable de l’aimer que de l’oublier dans la pampa, lui pourtant si complice, si solidaire. Mais Mora garde précieusement son jardin secret, peuplé de vie qui grouille, de tatous qui trottinent, de galops frénétiques, d’un bestiaire tout aussi concret que fabuleux tout droit venu de la mythologie Mapuche, comme son seul grand ami, Nazareno. Seul ce vieux gaucho semble accepter la jeune fille, la comprendre comme il comprend et observe chaque chose, à demi-mot. C’est la même soif viscérale d’indépendance, leur rattachement profond à la nature qui relient ces deux-là, ainsi qu’à tous les êtres d’un cosmos aux mystères indicibles.
Pour sa première fiction, la réalisatrice Marí Alessandrini nous entraîne dans un voyage initiatique non dénué d’humour et nous plonge dans un métissage somptueux, une hybridation des cultures où fraient ensemble les enracinés autochtones, les déracinés expatriés, tout un petit monde que les missionnaires de tous poils tentent de s’accaparer. Sans oublier Zahori, un cheval à la robe immaculée qui va venir bousculer l’ordre des choses.