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LES SÉMINARISTES

Ivan OSTROCHOVSKY - République tchèque 2020 1h18mn VOSTF - avec Samuel Skyva, Samuel Polakovic, Vlad Ivanov, Vladimir Strnisko... Scénario de Marek Lescak, Rebecca Lenkiewicz et Ivan Ostrochovky.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES SÉMINARISTES« Jusqu’à nouvel ordre, j’instaure le silence. Il nous faut du silence pour atteindre nos âmes. » Ce silence imposé par un prêtre à un groupe de séminaristes domine déjà depuis le début du film. Nous sommes dans les murs de la faculté de théologie de Bratislava au début des années 1980. Une grève de la faim déstabilise la direction. Qui en est l’instigateur ? Pour quelles raisons ? La première scène, tout droit sortie d’un film noir, nous montre une voiture sombre qui, dans une nuit d’encre, se gare près d’un tunnel. Un corps sans vie est sorti du coffre par un homme qui reçoit ses instructions d’un mystérieux correspondant. Cut brutal, un flash-back nous ramène trois mois plus tôt, avec l’arrivée au séminaire de deux postulants. L’alternance film noir – film religieux ne va plus cesser, sans que le ton change : personnages mutiques, bande sonore étrange, bruits sourds, grondements qui créent le malaise.
On découvre que le séminaire vit sous la coupe de « Pacem in terris », une organisation cléricale alignée sur le régime communiste. Une Église clandestine est née, qui communique secrètement avec le Vatican. Des prêtres, ordonnés en cachette, organisent des messes dans des maisons privées. Au séminaire, un tract sur un panneau d’affichage met le feu aux poudres, rappelant les conseils du Vatican au clergé. Réaction instantanée d’un agent de l’état : on saisit les machines à écrire de l’établissement pour en trouver l’auteur.

Tout est feutré, sous-jacent, les dialogues sont murmurés, dans une ambiance de conte fantastique où s’affronteraient le diable et le bon Dieu. « J’ai vu Satan tomber comme l’éclair depuis les cieux ! », s’écrie un séminariste traqué dans une cabine téléphonique d’où il tente d’informer une radio libre d’une fouille des archives du séminaire. C’est par cette radio qu’on en apprendra plus sur les exactions du régime : « on nous défenestre, l’armée envahit nos usines… »
Une mise en scène au cordeau, des cadrages méticuleux, presque exclusivement en plans fixes, avec plongées verticales sur la cour étroite où les séminaristes semblent coincés dans une cage, maintiennent un climat de danger. Le format de l’image – un 4/3 qui accentue la sensation de claustrophobie – est magnifié par un superbe noir et blanc rappelant les réussites de la nouvelle vague tchécoslovaque (Jiri Menzel, Milos Forman, Jan Nemec…). Aucun jugement manichéen chez Ivan Ostrochovky et ses co-scénaristes (dont Rebecca Lenkiewicz, co-scénariste de Ida, de Pawel Pawlikowksy, 2013), qu’intéressent uniquement les cas de conscience des personnages : un doyen muselé, un novice contraint de trahir un ami, des prêtres honteux d’applaudir poliment les diktats d’un ministre. Sans oublier un confesseur fortement compromis qui a participé à un meurtre, avec cette terrible « justification » : « La vie de l’Église se compte en millénaires. Que pèse à côté la vie d’un homme ? » Le scénario se base sur quelques faits réels, mais Les Séminaristes ne se borne pas au cas des religieux. C’est du conflit moral de tout citoyen face à un régime autoritaire que traite magnifiquement ce film, signant en beauté le retour du grand cinéma tchèque.

(B. Génin, Positif)