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LA NUIT DES FEMMES

Kinuyo TANAKA - Japon 1961 1h33mn VOSTF - avec Chisako Hara, Akemi Kita, Yosuke Natsuki, Sadako Sawamura... Scénario de Sumie Tanaka d’après le roman de Masako Yana. Copie restaurée 4K.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA NUIT DES FEMMESLes programmes de restauration continuent de nous amener de magnifiques découvertes et celle-ci est de taille : l’intégrale des six films totalement inédits en France réalisés par Kinuyo Tanaka, immense actrice (plus de 200 films) chez Mizoguchi, Ozu, Naruse et tant d’autres…
Cinquième long-métrage de cette unique réalisatrice de l’après-guerre au Japon, La Nuit des femmes aborde le sort d’une communauté féminine placée en maison de réhabilitation suite à la loi anti-prostitution de 1958. Outre les conditions de vie autarciques et strictes, la réintégration dans la société s’avère problématique. De ce groupe émerge la jeune Kuniko, décidée à reprendre envers et contre tout son destin en main. Engagée dans une épicerie, elle doit rapidement affronter les stigmates sociaux laissés par son ancienne activité.

« Je voulais, depuis longtemps, que des femmes soient filmées par une femme ». Cette œuvre constitue une éclatante réussite de l’ambition affichée par Kinuyo Tanaka. Phénomène central de la situation catastrophique vécu par le Japon à la sortie de la guerre, la prostitution a été le sujet de nombreux films, dont deux chefs-d’œuvre : La Rue de la honte de Kenji Mizoguchi et La Barrière de chair de Seijun Suzuki. Des titres décrivant chacun à leur façon la cruauté de cette réalité. Kinuyo Tanaka évacue cet aspect lors des cinq premières minutes pour se concentrer sur un point de vue inédit : quel avenir et quelle place pour ces femmes au sein d’une société qui évolue rapidement ?
Si le thème central de toute la filmographie de la cinéaste est bien présent – des héroïnes aspirant à une émancipation sans cesse empêchée par les conventions sociétales, familiales ou religieuses, parfois jusqu’au sacrifice –, la modernité du propos est impressionnante jusqu’à la conclusion. Épousant diverses inclinaisons féministes, la tentation de la victimisation est ici écartée au profit d’une dénonciation âpre de la violence sociale et morale. Passant de la description juste et plurielle d’une sororité loin d’être idéalisée, Tanaka recentre son film sur le portrait bouleversant d’une femme se débattant pour retrouver son humanité. Changeant régulièrement de ton au gré des aventures de Kuniko, la cinéaste se garde bien de donner une quelconque leçon et accorde magnifiquement sa mise en scène et sa photo aux ruptures du récit.

Une découverte majeure donc, qui rappelle notre relative méconnaissance du cinéma de patrimoine japonais. Le travail de festivals et de distributeurs passionnés fait heureusement évoluer notre appréhension d’une des plus passionnante cinématographie mondiale. Somptueusement restaurée par les studios Toho, La Nuit des femmes ne peut évidemment s’apprécier à sa juste valeur que sur grand écran !