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L'ORIGINE DU MAL

Écrit et réalisé par Sébastien MARNIER - France 2022 2h05mn - avec Laure Calamy, Jacques Weber, Dominique Blanc, Doria Tillier, Céleste Brunquell, Suzanne Clément...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L'ORIGINE DU MAL« Familles, je vous hais ! Foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur. » André Gide, Les Nourritures terrestres

Le thriller familial est un genre délicieusement inépuisable. L’apostrophe célèbre de Gide n’a cessé d’inspirer les cinéastes. Quel formidable sujet cinématographique que la famille dysfonctionnelle ! Des familles qui pètent juste un câble comme dans le génial Festen de Thomas Vinterberg, ou qui révèlent les petites perversités des uns ou des autres comme dans American beauty de Sam Mendes… Ou, pour plonger plus carrément dans le thriller, la famille qui bascule dans l’étrange ou le crime par l’irruption d’un être extérieur, comme dans L’Ombre d’un doute d’Hitchcock ou le terrifiant film japonais Visitor Q de Takashi Miike, qui rappelait lui-même le Théorème de Pasolini, le summum de la névrose familiale.

Mais venons-en donc à ce film d’un réalisateur encore peu connu mais au casting XXL, qui réunit pour notre plaisir tous les ingrédients du genre : une famille de la haute bourgeoisie, dirigée par un patriarche autocrate, s’entre-déchire au sein d’un manoir d’une île paradisiaque et va se voir terrassée par l’arrivée inattendue d’un personnage extérieur, qui va faire exploser les secrets et les tabous… Au début du film, on est bien loin de l’atmosphère feutrée d’un manoir, mais auprès de Stéphane (Laure Calamy), une jeune femme à la vie modeste, qui emballe des heures durant des anchois dans des barquettes, vit chez une logeuse de fortune et rend régulièrement visite en prison à une femme dont on comprendra vite qu’elle est son amoureuse.
Ce soir-là Stéphane, semble-t-il bouleversée, se décide à passer un coup de fil moult fois repoussé et qui va changer sa vie. Elle appelle un certain Serge, dont on devine qu’il serait le père qui l’a délaissée pendant des décennies et avec qui elle reprend contact tardivement. L’homme lui propose finalement de venir chez lui, sur la merveilleuse île provençale de Porquerolles. Serge (Jacques Weber) a fait fortune dans la restauration, il s’est retiré des affaires après un AVC qui l’a laissé affaibli. Si l’accueil du « père » se veut chaleureux, s’il paraît heureux de redécouvrir cette fille et d’ainsi se débarrasser d’une certaine culpabilité, l’attitude de son épouse Louise (Dominique Blanc) et de sa fille ainée George (Doria Tillier), qui gère désormais les affaires familiales, est franchement glaciale. Mais l’apparente bienveillance du patriarche débonnaire et repentant ne cache-t-elle pas une autre personnalité, beaucoup plus sombre ? La jeune femme retrouvée est-elle bien celle qu’elle prétend être, alors qu’elle ment dès le premier repas, prétendant être la gérante de la conserverie où elle travaille ? Mais c’est peut-être simplement pour donner le change face au niveau social de sa nouvelle « famille »…

Sébastien Marnier mène formidablement ce jeu de secrets et de mensonges auquel se livrent tous les protagonistes, et le film s’avère riche en rebondissements. Mais le film repose avant tout sur une distribution hors pair. Doria Tillier est parfaite en femme de tête faussement cynique et indifférente, Dominique Blanc est incroyable en épouse dépressive et acheteuse compulsive, la québecoise Suzanne Clément, égérie de Xavier Dolan, est impressionnante de colère rentrée en compagne incarcérée de Stéphane et surtout, surtout, Laure Calamy est une fois de plus impériale dans la composition de cette héroïne insaisissable dont on ne sait longtemps si elle est ingénue ou machiavélique. Sébastien Marnier nous offre ainsi un thriller familial et social cruellement acide sur cette haute société qui s’autodétruit de sa cupidité et de sa vacuité.