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On n'est jamais à l'abri du meilleur… Le projet Utopia Cinéma Durable continue ! 400% son objectif initial déjà atteint, 80 000€ ! Mazette ! Une fin d'année sur les chapeaux de roue !
Drôle d’année que 2020… Nous vous souhaitons une très belle année 2021, qu’elle soit meilleure et moins confinée que la précédente, qu’elle vous apporte la santé, la réalisation de vos projets. Il nous revient à tous de bâtir des alternatives solidaires, durables, respectueuses de l’humain et de nat...

Comme un cadeau de Noël à la planète ! Vous êtes-là ! Attention J-1 : il ne tient qu'à vous…
Lors de nos permanences, dans nos halls, sur les réseaux, il n'y a pas à dire vous êtes-là !Même sur Ulule : vous êtes-là ! sur https://fr.ulule.com/utopia-pont-sainte-marie/Par solidarité, pour soutenir un projet légitime, pour faire votre part ! WE DO OUR PART ! Parce qu'on ne peut pas laisser les...

Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

Également au programme - EXOTICA, EROTICA, ETC. - SAMOUNI ROAD - TERRA FRANCA

Dans le cadre du festival Marionnettissimo, Parcours une chronique de guerre, l’écho d’un conflit. Samedi 24 novembre à 10h séance unique suivie d’un échange avec la maître de conférences Rayya Roumanos, docteur en sciences de l’information et de la communication. À partir de 9h30 café offert, amenez vos pâtisseries, après la rencontre : repas citoyen, amenez un plat à manger ! Préventes à partir du 31 octobre (Tarif unique 4,50 euros). Jeudi 22 novembre à l’Agité : spectacle Mickey Mouse project à 20h30

CHRIS THE SWISS

Film d'Anja KOFMEL, animation de Simon ELTS et Serge VALBERT - documentaire Suisse / Croatie 2018 1h30mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CHRIS THE SWISSOn n'écrit jamais aussi bien la grande histoire qu'à la première personne. Même si les historiens ont pour but d'apporter de l'objectivité au récit des hommes, elle n'est que la somme raisonnée des subjectivités. Si le beau et troublant (autant par son récit personnel que par sa forme) premier long métrage de la suissesse Anja Kofmel évoque une des plus grandes tragédies du xxe siècle européen, il n'en démarre pas moins par un cauchemar d'enfant. Une petite séquence en animation montre une petite fille réveillée par des chuchotements et des sanglots d'adultes : c'était la nuit, il y a de cela vingt ans, où Anja a appris la mort de son grand cousin admiré Chris, journaliste de guerre, retrouvé étranglé à quelques centaines de kilomètres de la paisible Suisse alémanique, dans un champ boueux de Croatie. Dès les premières minutes, la réalisatrice nous plonge dans cette forme hybride qui fait toute la force et la beauté du film, la poésie des souvenirs familiaux et la tragédie d'une histoire trouble enfouie avec sa part de réalité incertaine, que retranscrivent l'animation et le travail d'enquête. Deux décennies en effet après cette nuit d'effroi, Anja Kofmel, réalisatrice de films d'animation et jusque là nullement journaliste ni documentariste de terrain, décide, armée de quelques vieux carnets de voyage et de notes de son cousin, de prendre le même train que celui qu'avait pris Christian Würtenberg (le Chris du film) en 1992, direction Zagreb.

Débute ainsi une enquête d'autant plus complexe que le pouvoir croate, aujourd'hui d'extrême droite, est peu désireux de déterrer le passé et se soucie surtout de faire perdurer la mémoire des prétendus héros croates qui ont conquis l'indépendance du pays face aux Tchetchniks serbes. Car l'histoire est des plus troubles : Chris, reporter radiophonique sur les différents fronts de la première guerre des Balkans (celle qui opposait Croates et Serbes), avait fini par rejoindre une hétéroclite milice internationale, composée de volontaires ultra catholiques d'extrême droite, venus en découdre avec les héritiers du communisme de Belgrade. Une milice dirigée par un personnage de méchant tout droit sorti d'un album de Corto Maltese : Chico, un Bolivien d'origine hongroise, formé militairement par l'Union soviétique avant de devenir journaliste pour le journal conservateur la Vanguardia puis de former sa milice pro-croate.

L'enquête d'Anja Kofmel pose des dizaines de questions : pourquoi Chris avait-il endossé l'uniforme ? Par fascination romantique pour ces anti-héros ? Pour infiltrer la milice, dont on pense qu'elle était financée par l'obscur Opus Dei, à l'affut d'un reportage choc qui aurait fait sa renommée de reporter ? La réalisatrice interroge même à un moment le sulfureux terroriste Carlos, qui a croisé la route de Chris et émet l'idée que c'était un agent secret suisse !
Le film alterne donc une enquête palpitante – faite de de rencontres avec d'autres reporters de guerre, qui transmettent bien l'ambiguïté d'un travail où chacun peut à un moment basculer au delà de l'objectivité journalistique, mais aussi d'anciens mercenaires membres de la milice – et des moments étonnants d'échappée visuelle, de poésie noire à travers les séquences d'animation. Chris the Swiss est ainsi une vraie réussite dans sa forme, aussi originale qu'aboutie, et dans sa réflexion sur le rôle du journalisme en même temps que sur les mécanismes qui poussent encore aujourd'hui des jeunes gens à partir aveuglément vers des conflits armés à travers le monde.