LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS APPELER

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...



DAMIEN VEUT CHANGER LE MONDE

Écrit et réalisé par Xavier DE CHOUDENS - France 2019 1h36mn - avec Franck Gastambide, Melisa Sözen, Camille Lellouche, Gringe, Patrick Chesnais, Liliane Rovère, Youssef Hajdi...

Du 27/03/19 au 30/04/19 à Tournefeuille

DAMIEN VEUT CHANGER LE MONDEPour la première page de cette gazette pas tout à fait comme les autres, il fallait un film qui soit au diapason du bonheur qu'on ressent de vous ouvrir les portes d'un ciné tout neuf à Borderouge, en même temps que de l'enthousiasme de la joyeuse équipe de Tournefeuille, désormais à la manœuvre sous la bannière de la SCOP Santa Magdalena.
Un film qui dise qu'on ne se lasse pas de toutes ces rencontres chaque jour avec vous, un film bienfaisant qui suggère qu'il suffirait d'un peu de solidarité et de bienveillance pour que notre quotidien à tous soit un poil plus heureux…
On a choisi ce film-là qui est comme un conte, et semble tracer, dans le magma des petites saletés que l'actualité charrie chaque jour, un petit chemin de lumière… pour que, à défaut de changer le monde, il soit possible au moins d'espérer pouvoir contribuer à ce qu'il soit un peu moins cruel pour certains, plus tolérant pour d'autres…

Il était une fois… Damien est le rejeton de parents qui manifestaient sur les barricades en 68, étudiants dans une fac en ébullition, militants forcenés, amoureux pour longtemps, idéalistes pour toujours… Si bien que la jeunesse du gamin et de sa sœur a été gavée des récits de leurs luttes. Là où d'autres s'endormaient avec Nicolas, Pimprenelle et le gros nounours réac de la télé (Bonne nuit, les petits…) Damien lui, avait droit aux chansons de Dominique Grange (À bas l'état policier !) et aux portraits du Che.
Mais rien ne se passe jamais comme prévu et les enfants ne deviennent pas toujours ce que leurs parents ont rêvé pour eux… tant s'en faut !
Damien est devenu adulte. Enfin, si on parle de son âge biologique, car finalement il se sent plus proche des élèves qu'il surveille dans une école primaire où il végète un peu que, par exemple, de sa sœur, qui a tout compris des recettes à appliquer pour réussir dans une société où il faut sortir les crocs et les griffes si on veut se tailler une place de choix.

Damien n'est pas très compliqué, n'est pas militant pour deux sous, ne revendique jamais et finalement n'en est pas malheureux pour autant. C'est Bahzad qui va révolutionner son quotidien. Un môme tranquille qui fréquente l'école laïque et républicaine où officie Damien, avec le sérieux, l'assiduité et la discrétion qui caractérisent souvent ces mineurs débarqués en France avec des parents sans papiers, qui ont fui des situations difficiles, parcouru des distances incroyables, parfois au péril de leur vie. Il apprend sagement à lire, à compter, à jouer, à rire en français, vit dans un foyer avec sa mère réfugiée et Damien aime bien ce gamin.
A la fin d'une journée d'école, il se retrouve coincé avec Bahzad qu'il doit garder, vu que personne ne vient le chercher et pour cause : sa mère a été prise dans un contrôle d'identité et embarquée au poste de police. Et alors là ! C'est tout un gouffre qui s'ouvre devant Damien éberlué, qui ne se doutait de rien, qui ne s'était jamais posé de questions : Bahzad et sa mère sont sous le coup d'un OQTF, sigle barbare qui signifie que du jour au lendemain, faute d'avoir des militants associatifs pour les soutenir, faute de pouvoir régulariser leur situation, ce petit gamin adorable, prêt à devenir plus français qu'un français, et sa charmante mère risquent l'expulsion… OQTF = Obligation de Quitter le Territoire Français. Manu militari si nécessaire. Indigné par l'injustice qui se vit là, maintenant, sous ses yeux, dans son quartier, dans son école, Damien va alors faire ce qui lui semble le plus logique et le plus simple : reconnaître l'enfant comme le sien et lui donner ainsi la nationalité française (il faut préciser que les yeux de braise de sa mère ne laissent pas notre Damien de glace). Simple. Rapide. Efficace…

La suite, je vous la laisse découvrir : c'est le flot jubilatoire de cette comédie qui le racontera, car vous imaginez bien que l'histoire ne va pas en rester là et que, comme on peut tous les mois donner son sang pour aider les plus fragiles ou les malades, Damien a cru comprendre qu'on peut aussi donner sa paternité et les avantages administratifs qui vont avec. Très vite, la nouvelle va se répandre et Damien, pris au piège de sa propre générosité, va devoir trouver d'autres pères pour d'autres gamins sans papiers… je ne vous dis pas le bazar !
C'est une comédie et on y rit, on y sourit, mais on y fond aussi parfois, car l'humanité qui caractérise tous ces formidables personnages crève l'écran, et on sait bien que le fond de cette histoire correspond à une réalité autrement moins drôle… Sans cynisme, sans amertume, avec une joie communicative, ce film qui est comme une grande bouffée d'air frais n'en raconte pas moins ce qui cloche dans notre société et sonne comme un vibrant appel à la fraternité et à la solidarité sur un air de rap… Tous les acteurs sont formidables et Franck Gastambide a un charisme aussi subtil qu'époustouflant.