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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
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Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



LA LUTTE DES CLASSES

Michel LECLERC - France 2019 1h45mn - avec Leïla Bekhti, Edouard Baeri, Ramzy Bedia, Baya Kasmi, Laurent Capelluto, Claudia Tagbo... Scénario de Michel Leclerc et de Baya Kasmi.

Du 12/06/19 au 09/07/19 à Toulouse (Borderouge)

LA LUTTE DES CLASSESAprès l'excellent Le Nom des gens, qui voyait l'irrésistible Sara Forestier se dévouer corps et âme (au sens propre) à la rééducation des électeurs égarés à droite, Michel Leclerc et sa co-scénariste Baya Kasmi s'affirment avec ce savoureux La Lutte des classes comme les dignes héritiers de la causticité, de la lucidité politique de la grande comédie italienne, celle de Risi ou de Scola…
La Lutte des classes – titre à double détente puisqu'il sera aussi question dans le film de carte scolaire – va nous narrer les élans et les contradictions d'un couple de gentils bourgeois progressistes de l'Est parisien. Sofia est une jeune et brillante avocate « issue de la diversité », comme on dit en novlangue… Elle est en couple avec Paul, musicien paisiblement punk attaché à ses convictions d'il y a trente ans comme à son perfecto, qui cultive avec une forme de génie une absence totale d'ambition sociale ou économique. Il a d'ailleurs pour principale fonction d'être le père de Corentin, activité certes prenante mais qui lui laisse le loisir de donner des concerts improbables devant des migrants dubitatifs…

Sofia et Paul sont à un tournant de leur vie, puisqu'ils ont décidé de déménager de leur petit appartement parisien vers une jolie maisonnette à Bagnolet, ville de banlieue où Sofia a grandi. Ils sont heureux de vivre désormais dans une commune populaire dont l'environnement immédiat et le voisinage, ainsi que l'école Jean Jaurès où va entrer Corentin, nourriront leur idéal de mixité sociale… Tout va donc bien dans le meilleur des mondes jusqu'au jour où un nouvel incident à l'école incite de nombreux parents parmi les plus aisés à sortir leur rejeton du public pour les placer dans un établissement privé. Si bien que, pour appeler un chat un chat, Corentin devient le seul enfant blanc de sa classe. Notre couple se trouve devant un choix cornélien : résister et mettre en application leurs idées à l’épreuve de la réalité ou faire comme leurs amis, choisir la sécurité et la facilité de l’endogamie sociale en inscrivant Corentin dans le privé.
Michel Leclerc et Baya Kasmi – mari et femme à la ville – ont nourri le scénario de leur propre expérience et décortiquent avec une joyeuse lucidité les contradictions et les hypocrisies de leur classe. Il semble bien que, quoi qu'on y fasse, les gens de catégories sociales et raciales différentes vivent côte à côte mais pas vraiment ensemble, ne se rencontrant que superficiellement à la sortie de l'école. Leclerc et Kasmi en profitent pour brosser toute une galerie de personnages savoureux : Monsieur Toledano, le Juif totalement parano qui truffe sa maison de systèmes de sécurité (formidable Laurent Capelluto), ou encore l'insupportable militante écolo locale jamais avare en réunions publiques et en grandes leçons sur tout (notamment dans une scène hilarante où elle tente de convaincre du mérite de la biodynamie un couple qui voulait juste avoir accès au jardin partagé)… Et puis il y a l'impayable duo formé par l'institutrice stressée, qui n'ose pas s'exprimer simplement face à ses élèves et préfère user d'une improbable novlangue de bois (hilarante Baya Kasmi elle même), et le directeur cowboy, qui mène à l'inverse ses élèves comme une bande de quartier, formidablement et drolatiquement incarné par Ramzy Bedia.

Tout en faisant le constat de cette incommunicabilité des classes et des races dans un monde qui voudrait nier la différence au nom d'une pseudo laïcité et d'une égalité toujours affichée mais jamais appliqué, Baya Kasmi et Michel Leclerc ont l'intelligence de ne jamais juger leurs personnages, de les faire exister dans leur complexité et leur richesse, offrant donc à chacun le chemin de la réflexion et de l'ouverture sur l'autre, premier pas vers ce foutu vivre ensemble.