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Le blog des profondeurs...
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Le cinéma et le bistrot d'Utopia Tournefeuille sont fermés jusqu'au 12 août
Le lieu sera fermé jusqu’au 12 août pour réalisation des grosses œuvres afin de conforter le terrain qui héberge le cinéma. En effet un affaissement du terrain concernant l’annexe de la salle 1, sortie de secours côté bistrot, a mis à rude épreuve notre bâtiment, comportant de problèmes divers e...

SOS Méditerranée lance un appel aux dons
Chères citoyennes, chers citoyens,À l’heure où nous vous écrivons, l’Ocean Viking fait route vers la Méditerranée centrale pour porter secours aux personnes en détresse en mer. Durant ces dernières semaines et suite à la fin de notre partenariat médical avec Médecins Sans Frontières, nous avons dû n...

Pour un cinéma durable et des rencontres d’une nuit (par Anna Pitoun)
La chance quand on est réalisatrice de films documentaires c’est que vos travaux suscitent des débats. Alors on vous invite. Pour une soirée, une matinée. A une rencontre avec le public. C’est l’une des choses que je préfère. Ces moments d’échange, quand la lumière se rallume et que les spectateurs ...

Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...



SOLE

Carlo SIRONI - Italie / Pologne 2019 1h40mn VOSTF - avec Sandra Drzymaleska, Claudio Segaluscio, Barbara Ronchi, Bruno Buzzi... Scénario de Carlo Sironi, Giulia Moriggi et Antonio Manca. Prix Jean Renoir des Lycéens - Antigone d’or – Festival Méditerranéen de Montpellier.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SOLEIl était une fois… la rencontre de deux solitudes, de deux vies tristes comme un jour de crachin. Même pas une vraie pluie, mais pas le soleil, juste l’horizon bouché d’une jeunesse sans perspectives, sans rêves d’avenir, sans désirs de grand large…
Ermanno parle peu et erre comme un étranger dans cette ville où pourtant il est né. Orphelin, la seule famille qui lui reste est un oncle qui ne s’intéresse à lui que lorsque ça l’arrange. À part un ou deux vagues copains, la seule compagnie qui semble lui être nécessaire est celle des machines à sous auxquelles il se confronte chaque jour, hypnotiques et parfois vaguement généreuses… La femme de son oncle est en mal d’enfant, mais la loi italienne est hostile à la procréation pour autrui, il faut donc tricher un peu : ce neveu fauché, qui traîne sans but, est tout indiqué pour leur rendre, pour pas trop cher, le service de reconnaître le bébé d’une fille qui ne veut pas du sien… faire le lien jusqu’à l’adoption finale, ça ne sort pas de la famille…

Lorsque Léna arrive, par on ne sait trop quelle filière, de sa Pologne natale, Ermanno est donc mandaté, moyennant finances, pour prendre soin d’elle jusqu’à ce qu’elle accouche et un peu au-delà car l’administration se méfie.
Léna est plutôt jolie, très Polonaise, d’une belle santé, n’a guère plus de vingt ans et compte sur ce passage par l’Italie, finançant son voyage vers un monde qu’elle espère meilleur avec le bébé qui lui arrondit le ventre comme passeport pour une nouvelle vie.
Tout aussi taiseuse, tout aussi indifférente à ce garçon indifférent qu’à une ville qui ne lui semble pas spécialement accueillante, elle se laisse conduire dans un appartement qu’elle ne connaît pas, résignée à attendre que les choses se passent… Ils vont devoir pendant quelques semaines faire semblant d’être un couple, répondre aux questions soupçonneuses de l’administration, se soumettre aux examens habituels : l’enfant va bien, l’échographie annonce une fille, mais Lena regarde ailleurs… La tante d’Ermanno et son mari jubilent à la perspective de l’arrivée imminente de ce bébé avidement désiré… par la tante surtout ! Ils s’extasient sur le petit cœur qui bat sous leurs yeux. Ermanno lui, regarde à la dérobée… Mais les choses ne vont pas tout à fait se passer comme prévu et lorsque Lena stresse parce que le bébé ne bouge plus… il faudra bien alors qu’Ermanno s’implique davantage…

Peu de musique, peu d’explications, peu d’agitation… c’est insensiblement et tout en douceur qu’on se laisse emporter dans un film où les mots sonnent d’autant plus intensément qu’ils sont rares, où chaque regard, chaque geste ébauché trahit un rapport difficile au monde, un mal être dont on pressent parfois qu’il ne demande qu’à évoluer… et où, sans affectation, l’humanité révèle ce qu’elle a de meilleur quand la rencontre de l’autre conduit à la découverte de soi.