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On n'est jamais à l'abri du meilleur… Le projet Utopia Cinéma Durable continue ! 400% son objectif initial déjà atteint, 80 000€ ! Mazette ! Une fin d'année sur les chapeaux de roue !
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Comme un cadeau de Noël à la planète ! Vous êtes-là ! Attention J-1 : il ne tient qu'à vous…
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Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

Lundi 12 octobre à 20h30 à Tournefeuille, en collaboration avec la Libre Pensée 31, séance unique suivie d’une rencontre avec Jean Yves Croizé et Claude Singer et des descendants de fusillés de Haute Garonne.

MORTS PAR LA FRANCE

(Écrit par Jean Yves Croizé et Claude Singer) Jean Yves CROIZÉ - documentaire France 2018 56mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MORTS PAR LA FRANCELe 31 juillet 1914, le député socialiste et pacifiste Jean Jaurès est abattu à bout portant dans un café parisien par un étudiant nationaliste, Raoul Villain, alors que l’élu de gauche s’apprêtait à rédiger pour le journal L’Humanité un article – qui se voulait l’équivalent du J’accuse de Zola – pour appeler la France à ne surtout pas s’engager dans la guerre meurtrière qui se profilait. Trois jours plus tard, la France entrait en guerre avec l’Allemagne, beaucoup d’anciens amis de Jaurès se sentant obligés, malgré son assassinat, de rallier l’union sacrée des belligérants.
Jaurès fut ainsi la première victime pacifiste de la Grande Guerre, rompant l’illusion nationaliste de toute une France qui serait partie fleur au fusil, persuadée de revenir pour les fêtes une fois victorieuse des « Boches ». Mais tout au long de cette boucherie, ils furent des centaines exécutés par les armes de leur propre pays : pour avoir déserté, reculé, incité à la désertion ou simplement pour avoir été soupçonnés, parfois à tort, de s’être mutilés volontairement dans le but d’échapper aux combats. Pas moins de 2500 soldats furent condamnés à mort, dont 700 furent effectivement fusillés. Seuls une cinquantaine à ce jour ont été réhabilités.

Le documentaire de Jean Yves Croizé, produit par la Libre Pensée, organisation athée et anticléricale militante qui fut une des pionnières dans le combat pour cette réhabilitation, s’ouvre par le témoignage de descendants de tous ces soldats injustement passés par les armes, parfois par leurs propres camarades de bataillon, et dont le destin des familles fut brisé (la Grande Muette, dans son incommensurable cruauté, leur refusa même une pension au même titre que les morts pour la France). Et on entend défiler des histoires d’une absurdité totale : celle par exemple de ce jeune paysan blessé à la main, qui fut accusé de mutilation volontaire et rapidement jugé. Le condamné le plus célèbre est probablement Lucien Bersot, dont le seul crime est d’avoir refusé, alors qu’il demandait un pantalon d’hiver, un vêtement taché du sang d’un soldat défunt. Son histoire inspira le téléfilm emblématique d’Yves Boisset, Le Pantalon.
Morts par la France décrit les recherches, les souffrances et les combats des ces familles mais aussi des associations qui ont accompagné leur démarche : Libre Pensée, Union Pacifiste, Ligue des Droits de l’Homme, Association Républicaine des Anciens Combattants. Le film suit par ailleurs la construction puis l’érection, dans le village picard de Chauny, d’une statue-hommage à ces fusillés pour l’exemple, ces victimes d’hommes sans cœur comme un certain Philippe Pétain, considéré pourtant comme le héros de Verdun et affublé un peu plus tard du doux surnom du Bon Berger. A l’heure où nombre de monuments pacifistes (dont celui célèbre de Gentioux dans la Creuse où est inscrit l’apostrophe « Maudite soit la Guerre ») ne sont toujours pas reconnus comme officiels, et où l’immense majorité des fusillés n’est toujours pas réhabilitée, Morts par la France a quelque chose de salutaire.