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On n'est jamais à l'abri du meilleur… Le projet Utopia Cinéma Durable continue ! 400% son objectif initial déjà atteint, 80 000€ ! Mazette ! Une fin d'année sur les chapeaux de roue !
Drôle d’année que 2020… Nous vous souhaitons une très belle année 2021, qu’elle soit meilleure et moins confinée que la précédente, qu’elle vous apporte la santé, la réalisation de vos projets. Il nous revient à tous de bâtir des alternatives solidaires, durables, respectueuses de l’humain et de nat...

Comme un cadeau de Noël à la planète ! Vous êtes-là ! Attention J-1 : il ne tient qu'à vous…
Lors de nos permanences, dans nos halls, sur les réseaux, il n'y a pas à dire vous êtes-là !Même sur Ulule : vous êtes-là ! sur https://fr.ulule.com/utopia-pont-sainte-marie/Par solidarité, pour soutenir un projet légitime, pour faire votre part ! WE DO OUR PART ! Parce qu'on ne peut pas laisser les...

Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

LA SAVEUR DES COINGS

Écrit et réalisé par Kristina GROZEVA et Petar VALCHANOV - Bulgarie 2019 1h27mn VOSTF - avec Ivan Barnev, Ivan Saniv, Hristofor Nedkov, Margita Goshevan...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA SAVEUR DES COINGSOn n’a pas oublié l’excellent Toni Erdmann (2016), de Maren Ade, portrait d’une cadre supérieure allemande exilée pour le business à Bucarest, qui voyait sa vie tourneboulée par l’irruption de son père fantasque et baba cool, tout l’opposé de sa fille brillante et efficace. La Saveur des coings pourrait être son pendant balkanique, tout aussi original et attachant. Quand Vassili, artiste septuagénaire réfugié dans un village loin de tout, a la douleur de perdre brutalement sa chère épouse Ivanka, il ne voit pas forcément d’un bon œil l’arrivée du fils prodigue, publicitaire à Sofia. Les retrouvailles sont donc compliquées, et ça ne s’arrange pas quand, à la grande stupéfaction de son fils, Vassili se persuade d’avoir reçu un message téléphonique post mortem de sa femme… Tout est en place pour que la situation vire à la chronique burlesque, entre bouffées délirantes du père, préparation obsessionnelle de gelée de coings – fruit national bulgare, avec lequel on confectionne douceurs sucrées et alcools forts – et poursuite improbable en charrettes !

Cette folie quasi-surréaliste rappelle avec bonheur un certain cinéma de l’Est, les films tchèques des années 60 ou le merveilleux film yougoslave Qui chante là-bas ?, tout récemment programmé chez nous. On aurait donc tort de ne voir dans La Saveur des coings qu’une foldinguerie balkanique dans la lignée des derniers Kusturica – qui, on peut bien le dire, a un peu trop tiré sur les ficelles du folklore agité du bocal. Car au-delà des situations absurdes, Kristina Grozeva et Petar Valchanov nous offrent le magnifique portrait d’un amour père-fils distendu et contrarié, qui se reconstruit peu à peu, chacun, lentement mais sûrement, faisant un bout du chemin vers l’autre.
Le père a vécu les dernières années dans la nostalgie illusoire d’un monde perdu (il fut apparemment une sorte de peintre officiel du régime communiste et sa femme était une actrice connue de séries télévisées à la gloire du patriotisme combattant (dont le veuf regarde en boucle les épisodes). Et il doit soudain faire face aux réalités. Le fils, lui, vit dans un monde superficiel de petits et gros mensonges autant personnels que professionnels qui l’entraînent dans des situations inextricables. Et il va lui falloir comprendre les priorités de l’existence.

La Saveur des coings s’avère ainsi une belle fable morale autant que politique. Tout comme dans Glory, leur film précédent sorti en 2016, portrait d’un cantonnier trop honnête pour une société qui ne l’était plus, les deux réalisateurs observent, avec une tendresse mêlée parfois d’acidité, la société bulgare partagée entre nostalgie d’une ère communiste prétendument bénie et protectrice, émergence de formes de mysticismes souvent pathétiques dans un pays où la religion n’a jamais cessé d’être omniprésente, et méfiance structurelle envers le système politique et son administration, que ce soit de la santé ou de la police, les pandores bulgares étant particulièrement gratinés. Dans une mise en scène habile qui sait capter aussi bien les moments intimes que les scènes de groupe parfois trépidantes, Kristina Grozeva et Petar Valchanov démontrent, s’il en était besoin, que les grands films sociaux se nourrissent des bouleversements de l’âme humaine et des histoires familiales.