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Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

LE DOMOVOÏ - bistrot d'Utopia Borderouge - est (enfin !) ouvert !
« Génie familier de la maison, Domovoï est originellement celui du feu du foyer. Il se fonde sur l’usage de déposer dans la nouvelle maison un feu pris dans la précédente et sur celui d’offrir au domovój, chaque 28 janvier, un pot de gruau recouvert de braises. » Merci Wikipédia, on en sait à pr...

MOOLAADÉ

Écrit et réalisé par Ousmane SEMBENE - Sénégal 2004 1h57mn VOSTF - avec Fatouma Coulibaly, Maïmouna Hélène Diarra, Salimata Traore Aminata Dao... PRIX UN CERTAIN REGARD, FESTIVAL DE CANNES 2004.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MOOLAADÉLes films d’Ousmane Sembene ont tous été primés (Xala, Ceddo, Emitaï), ou presque, Ceddo ayant été le premier à être sélectionné, il y a près de cinquante ans, au festival de Cannes. Moolaadé a été tourné dans un petit village Burkinabé, à deux pas du Mali, niché dans un écrin de verdure, au pied d’une chaîne de montagnes, d’un bel ocre chaud comme les maisons au toit de chaume. C’est superbe et une grande fête se prépare. Une fête qui n’a lieu que tous les six ou sept ans, un événement majeur dans la vie d’une femme. D’ailleurs, ce sont les femmes qui organisent tout, sous l’œil bienveillant des hommes. Rien n’est assez beau, rien n’est trop cher : il faut du faste, du luxe, de l’abondance. Pendant toutes les semaines qui précèdent, mères et tantes préparent psychologiquement les petites filles à ce qui va marquer la fin de leur enfance, une cérémonie de purification au cours de laquelle les exciseuses vont passer à l’action : « la Salindé ». Rituel vieux comme le monde, antérieur au Talmud, à la Bible, au Coran… l’excision viendrait de l’Égypte des pharaons. Hérodote semble être le premier a y faire allusion. C’est dire si l’on imagine mal que, dans ce petit village, la tradition puisse être remise en question.

La Salindé doit être supportée sans geindre ni pleurer, c’est ce qui va élever la petite fille au plus haut niveau, la rendre « royale », pure, digne d’être épousée : elle devient ainsi l’honneur de sa famille, de son futur mari. Ce sont les femmes qui officient, qui perpétuent la tradition. Les femmes… mais dans ce petit village couleur d’or, Collé Ardo a fait entorse à la tradition : peu prête à filer doux et à baisser le nez, excisée elle-même, elle a refusé l’excision pour sa fille, quelque sept ans avant. On se doute que la chose ne lui a pas valu que des sympathies dans la petite communauté, même si certaines aimeraient bien avoir son audace. Aussi lorsque, dans la nouvelle fournée de futures excisées, quatre gamines se révoltent et fuient le chœur des exciseuses, c’est vers elle qu’elles viennent demander « Moolaadé » pour échapper au rite qui les terrifie. Moolaadé, ça fait aussi partie des valeurs sacrées, impossibles à remettre en question, une obligation tout aussi incontournable que la Salindé : celle de porter assistance et de protéger celui qui est en fuite et vous demande refuge.
C’est rien de dire que ça va mettre de l’animation dans le village : assemblées et discussions vont être plus que vives, les exciseuses sont scandalisées et les hommes ne savent plus que penser… C’est que le village n’est pas fermé sur lui-même : il y a ceux qui ont fait leurs études en Europe, celles qui travaillent à la ville et ont acquis une indépendance économique qui les aide à lever le nez. Partagés entre l’obligation de respecter le droit d’asile et la perspective de voir leurs filles virer « Bilaroko » (impossibles à marier), les esprits s’échauffent, les femmes piaillent, on tient forum…

Sembene raconte que les choses ne sont pas si simples et d’ailleurs, Collé, elle-même excisée, semble n’être pas sûre d’avoir raison. Si au Sénégal et au Burkina il y a des lois contre l’excision, la population ne les respecte pas forcément. On n’aborde jamais le sujet au Mali. Les Africains sont pudiques dit-il (l’impudeur est dans ce que l’oreille entend), et il est tout récent, sous l’impulsion de femmes universitaires, que le sujet soit abordé en public. Il l’aura au moins été dans le village où a été tourné le film : tous les habitants y ont participé.

RENCONTRES AU FÉMININ : soirée-débat jeudi 16 décembre à 20h30 à Tournefeuille. Projection unique suivie d'une rencontre animée par Saida Barkat Daoud, sociologue, conférencière, formatrice, créatrice de supports éducatifs sur les mutilations sexuelles féminines. En partenariat avec l'association Baadon, l'USFMP (Union des Sages-Femmes de Midi-Pyrénées Occitanie) et Korpo Real. Places disponibles dès maintenant au cinéma et sur billetweb.fr.