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Le blog des profondeurs...
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Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

LE DOMOVOÏ - bistrot d'Utopia Borderouge - est (enfin !) ouvert !
« Génie familier de la maison, Domovoï est originellement celui du feu du foyer. Il se fonde sur l’usage de déposer dans la nouvelle maison un feu pris dans la précédente et sur celui d’offrir au domovój, chaque 28 janvier, un pot de gruau recouvert de braises. » Merci Wikipédia, on en sait à pr...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
Le collectif Stop Bolloré a vu le jour en décembre 2021 et rassemble des membres et des organisations de la société civile qui s’inquiètent de la concentration des médias et de l’édition en France et des dangers que cela représente pour la démocratie. Le projet du collectif, qui est poli...

THE CHEF

(Boiling point) Philip BARANTINI - GB 2021 1h34mn VOSTF - avec Stephen Graham, Vinette Robinson, Alice May Feetham, Hannah Walters... Scénario de Philip Barantini et James Cummings.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE CHEFC’est l’heure du coup de feu ! Pas de ceux bruyants qui pétaradent dans les polars. Les poulets ici ne portent pas d’armes et rien n’est saignant mis à part l’agneau cuit à cœur… à moins qu’un client capricieux n’exige que l’on carbonise cette viande de premier choix. Si l’action de ce thriller psycho-culinaire se déroule dans les coulisses d’un restaurant gastronomique agité, elle n’en est pas moins saisissante. Nous voilà sur le grill, tandis que la brigade s’active frénétiquement derrière ses fourneaux et que les barmen agitent leurs shakers. Au fil d’un long plan séquence en temps réel, plein de suspense, tendu de bout en bout jusqu’à la chute, sont restitués le stress, l’exaltation de tout un microcosme dans le feu de l’action. Nous voilà en immersion, pris au piège d’un huis-clos, comme un saumon dans un bocal, ou plutôt dans une véritable cocotte minute à retardement. On ne peut que guetter le point de non retour, le fameux « boiling point » (autrement dit « le point d’ébullition », traduction littérale du titre anglais, plus évocateur que celui choisi pour la sortie française), moment décisif en cuisine où tant de choses peuvent basculer. Sous l’apparente tranquillité liquide, on devine les molécules d’eau s’agiter sous l’effet de la chaleur. On sait empiriquement qu’il suffira d’un instant d’inattention pour que le lait déborde, que la crème anglaise tourne, que le caramel brûle… ou qu’une erreur fatale soit commise. Dans ce monde-là l’imperfection n’est pas de mise !

Ce soir-là, avant même que le service ne débute, on sent que la mécanique se grippe, que quelque chose s’est déjà déglingué. C’est d’abord un sévère inspecteur de l’hygiène qui vient balader son nez inquisiteur dans les moindres recoins des éviers, morigène une partie de l’équipe mal à l’aise, établit un rapport salé… Et le Chef étoilé, Andy Jones (formidable Stephen Graham) qui n’est toujours pas là, puis qui parlera de partir sitôt arrivé ! Il l’aurait fait sans Carly (tout aussi formidable Vinette Robinson), sa seconde de cuisine, qui le retient par le tablier. Duo faussement posé, dont la complicité s’émousse, alors qu’ils doivent affronter avec leur équipe l’une des soirées les plus fréquentées de l’année, le dernier vendredi avant noël, le « Magic Friday ». La magie… elle est sans doute dans les assiettes parfaitement présentées, mais plus vraiment dans l’arrière cuisine, malgré les airs contrits ou bienveillants de chacun entre deux coups de gueule du chef… Dès l’entrée des premiers fins museaux, le service redouble d’intensité. Gestes précis exigeant une sempiternelle vigilance, nerfs à toute épreuve pour résister à la pression de clients intransigeants, parfois désagréables. Pour couronner le tout, dans cette ambiance paroxystique, déboule le célèbre cuisinier et star de la télé Alastair Skye – chez qui Andy a naguère travaillé –, flanqué d’une critique gastronomique en vogue, qui guettera forcément le moindre faux pas du chef…
Si elle est criante de vérité, c’est que cette fiction est le fruit du regard lucide et sans concession d’un réalisateur qui fut lui-même chef cuisinier durant 12 années.