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Le blog des profondeurs...
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Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

LE DOMOVOÏ - bistrot d'Utopia Borderouge - est (enfin !) ouvert !
« Génie familier de la maison, Domovoï est originellement celui du feu du foyer. Il se fonde sur l’usage de déposer dans la nouvelle maison un feu pris dans la précédente et sur celui d’offrir au domovój, chaque 28 janvier, un pot de gruau recouvert de braises. » Merci Wikipédia, on en sait à pr...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
Le collectif Stop Bolloré a vu le jour en décembre 2021 et rassemble des membres et des organisations de la société civile qui s’inquiètent de la concentration des médias et de l’édition en France et des dangers que cela représente pour la démocratie. Le projet du collectif, qui est poli...

L’HORIZON

Écrit et réalisé par Émilie CARPENTIER - France 2021 1h25mn - avec Tracy Gotoas, Sylvain Le Gall, Niia, Clémence Boisnard...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’HORIZONVoilà la fraîcheur faite film ! Par ces temps mi-figue, mi-raisin, cela n’a pas de prix de se faire du bien, de se prendre un bon bain de jouvence et de militance. Les deux ne sont pas incompatibles, bien au contraire, c’est ce que raconte cette comédie ludique, pêchue et romancée mais pas naïve pour deux sous, au ton fichtrement libérateur. Le futur qui fait peur sur fond de réchauffement climatique, l’impossible ascension sociale par l’emploi… Cet horizon sans perspectives réjouissantes, il n’y a pas trente-six façons de l’aborder : soit en essayant de vivre insouciant et heureux en attendant le pire, soit en le regardant droit dans les yeux, en décidant de l’affronter. Deux positions a priori inconciliables : celle d’Adja, toujours en train de galéjer, et celle d’Arthur, un gentil gars plus chaud que le climat. S’ils ne suivaient le même cursus scolaire vers un bac pro « Aide, Soin et Service à la Personne », ces deux-là ne se seraient peut-être jamais croisés.

Première scène immersive, Adja, qui sera désormais de tous les plans, se trémousse sur des airs à la mode avec sa bande de copines, sexy et légères sous leurs déguisements d’héroïnes de manga. Comme des milliers d’autres, elles ont été attirées telles des lucioles par la clinquante Japan Expo de Villepinte, l’une des grands messes annuelles du divertissement et de la surconsommation. Dans ce temple de la culture pop japonaise mondialisée, tout semble fait pour que les cerveaux restent au vestiaire, véritable anesthésie générale de la pensée sociale. Quand nos demoiselles rentrent au bercail, vers leur banlieue dortoir, c’est encore toutes galvanisées, excitées comme des puces qu’elles sont bloquées par un barrage de zadistes qui défendent les terres agricoles contre un projet d’implantation gargantuesque nommé « Dream City » (projet fictif mais inspiré de tant d’autres, tels Europacity à Gonesse ou Les Portes de Gascogne en Occitanie…). Nos fausses écervelées, qui se complaisent à jouer les cagoles comme toujours, se moquent, œillades pétillantes sous le ricil : « Ça fait vingt ans qu’on nous prédit la fin du monde ! ».

Mais un petit quelque chose titille Adja et ce n’est pas seulement le doux sourire amusé d’Arthur, qui bien sûr fait partie de la bande des joyeux activistes. Quelle perspective a-telle dans sa vie, si ce n’est grandir dans l’ombre de son grand frère, qui entame une fulgurante carrière de footballeur, et de sa meilleure amie Niia, influenceuse reconnue sur les réseaux sociaux (à l’écran, comme dans la vraie vie). Hors du sport, du miroir aux alouettes d’internet ou de la réalité… point de salut ! Il lui faut retourner une fois de plus faire un énième stage en maison de retraite… Une carrière qui ne la réjouit guère, non qu’elle ne s’intéresse pas au sort des personnes, mais au contraire parce qu’elle y est trop sensible, comme on le découvrira… Car vous le verrez, ce chouette premier film, porté par une troupe d’acteurs et d’actrices magnétiques, est un condensé de société. Bienvenue dans une génération joviale et courageuse, trop souvent stigmatisée, que les vieilles méthodes politiciennes indiffèrent, mais qui s’informe et se politise à sa manière, qui court à bout de souffle pour laisser le vieux monde derrière elle. Une jeunesse au bord du gouffre, au sens propre comme au sens figuré, qui danse sur des airs métissés de Rilès à Muzi en passant par Stromae, Mura Masa… (puissante bande son !) et pousse un cri qui part des tripes, mu par une irrésistible pulsion de vie : « Est-ce qu’on est foutus ? Non, on est déterminés ! »