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Le blog des profondeurs...
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RAGING BULLES
Autour d'un verre, au cinéma Utopia, salle de la cheminée, on parle de Bande Dessinée. Six albums sélectionnés, quatre chroniqueurs, un animateur. Les prochains rendez-vous : Jeudi 27 Novembre et Jeudi 18 Décembre à 20h. Contact : 9-33@neuf.fr • 06 15 53 29 26 •RAGING BULLES...

TAXE DE PARKING: MERCI À LA MAIRIE DE BORDEAUX
Cela fait toujours un peu drôle, quand on compte ses sous, de voir tout à coup notre compte en banque prendre un vieux coup d'obésité sous l'effet d'un afflux brutal d'euros (plus de 100 000). C'est la surprise plutôt bonne qui nous est tombée dessus la semaine dernière : on a pensé à une ...

DE L'AMAZONIE ET DU BIEN COMMUN DE L'HUMANITÉ...
Lors d'un débat dans une université aux États-Unis, le ministre brésilien de l'éducation, Cristovam Buarque, fut interrogé sur la question de l'internationalisation de l'Amazonie, réclamée par certains pour assurer sa préservation, insufisamment assurée par l'état brésilien. L'étudiant américain...

Des sous pour continuer à faire briller la Belle Etoile !
La fermeture de Sangatte fin 2002, saluée pitoyablement de concert par la droite et la gauche ramollo et démago (en l’occurrence ce cher pitre Jack Lang, autant à sa place en député de Boulogne sur Mer qu’une danseuse du Crazy Horse), avait joyeusement transformé Calais et ses environs en terre ...

Rencontre politique et médias du Mardi 21 Octobre
Mardi 21 OCTOBRE à 19h30 au cinéma Utopia, salle de la cheminée : Élection présidentielle américaine. Le point sur la campagne, le programme des candidats avant l'élection le 4 novembre, avec des journalistes, des femmes et des hommes politiques, des enseignants, des chercheurs, à partir d'...

TOKYO !

Michel GONDRY, Leos CARAX et BONG Joon-ho - Corée/France/Japon 2008 1h45mn VOSTF - avec Ayako Fujitani, Ryo Kase, Ayumi Ito, Denis Lavant, Jean-François Balmer, Teruyuki Kagawa, Yu Aoi...

Du 19/11/08 au 08/12/08

TOKYO !Un film à trois. Trois vrais cinéastes aussi passionnants que différents : Michel Gondry, le doux rêveur-bricolo angoissé par la solitude ; Leos Carax, l'enfant terrible et poète maudit du cinéma français ; et Bong Joon-ho, coréen surdoué que l'on admirait jusque là pour sa capacité à exploser les codes du cinéma de genre. Ces trois-là, donc, sans autre cahier des charges qu'un tournage à Tokyo, partent chacun dans sa direction, et nous reviennent avec une œuvre commune, brillante, étrangement cohérente, et surtout chargée du meilleur de ce qu'ils avaient chacun à nous offrir. Pas un qui écrase l'autre, pas un qui démérite, bluffant de bout en bout. Trois contes fantastiques, mélancoliques, gais, parfois violents et un rien désespérés, comme trois variations sur la même triste poésie urbaine, faite de déshumanisation, de quête éperdue de sentiments et de solitudes.
À part ça Tokyo ! n'a rien d'un dépliant touristique. La capitale nippone est moins un thème qu'un prétexte et chacune des trois histoires aurait pu avoir pour décor n'importe laquelle des métropoles de la planète. L'essentiel étant probablement le déracinement des cinéastes, qui donne au film cet air de fragilité et de profonde humanité.

Des trois segments, c'est très certainement celui de Leos Carax, Merde, situé au milieu, qui va le plus faire causer. Parce que Carax fait toujours causer, et qu'on guette depuis tellement longtemps le retour de l'enfant prodigue… Faut avouer qu'on est littéralement séché par ce brûlot rageur porté à bouts de bras par un Denis Lavant et un Jean-François Balmer déchaînés. Merde, c'est M. Merde, rejeté de la société des Hommes, terré dans les égouts, se nourrissant de billets de banque, assassinant, salissant, détruisant pervertissant jusqu'à la justice. Et Merde, le film, c'est un intense bras d'honneur, une longue gueulante d'ado, malpolie, crade, mais drôle et foutrement énergique, balancée à la face du Monde par un Carax punk (enfin) décomplexé.
Mais avant et après cette éruption hallucinée, qu'on peine à qualifier, il y a deux films qu'avec un rien d'enthousiasme on se laisserait aller à considérer comme les meilleurs de leurs auteurs. Où le fantastique et la poésie naissent du quotidien, d'un moment détraqué juste ce qu'il faut, de rien ou pas grand chose, et qui basculent insensiblement de la légèreté de la jeunesse à la gravité de l'existence…
L'ouverture de Michel Gondry, Interior Design, suit avec une délicate attention l'histoire d'un jeune couple qui vient se perdre dans la (trop) grande ville, lui pour poursuivre ses rêves de cinéaste-bidouilleur façon Be kind rewind, elle parce qu'elle croit en lui – ou du moins en sa capacité de donner corps, fût-ce avec des bouts de ficelles, à ses rêves. Lui, tout en insouciance, force et égoïsme, elle condamnée à la transparence, à la réalité… et à l'abandon de son humanité. Sauf que Gondry pousse ici plus loin que d'habitude sa logique, jusqu'à l'angoisse, jusqu'au cauchemar, jusqu'à la résignation.
Quant à Shaking Tokyo, de Bong Joon-ho, c'est un peu la cerise sur le gâteau. Difficile de reconnaître la patte du type qui nous vrillait les nerfs dans Memories of murder ou nous avait enthousiasmé avec son gros lézard dans The Host. Inracontable sous peine de déflorer le sujet, Shaking Tokyo décrit la façon dont un homme, volontairement cloitré dans son appart, sans contact avec le monde extérieur, obsessionnel, maniaco-quelque chose sûrement, par la grâce de tremblements de terre et par la magie d'une rencontre avec une cyborg, va redécouvrir le chemin qui le mène vers ses semblables. Simple, ensoleillé, plein de douceur, ne cédant jamais au sentimentalisme, Shaking Tokyo est juste un poème qui nous soigne de la noirceur des deux films qui l'ont précédé, comme une compresse fraîche posée sur le front fiévreux du désespoir urbain.