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AVANT QUE LES FLAMMES NE S’ÉTEIGNENT

Écrit et réalisé par Mehdi FIKRI - France 2023 1h36mn - avec Camelia Jordana, Sofiane Zermani, Sofian Khammes, Sonia Faidi...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

AVANT QUE LES FLAMMES NE S’ÉTEIGNENTEn juin dernier, les quartiers populaires français s’embrasaient suite au meurtre à Nanterre du jeune Nahel, abattu à bout portant au volant de sa voiture par un policier… pour un refus d’obtempérer. Ces émeutes rappelaient celles qui avaient suivi, il y a bientôt 20 ans, la mort dans un transformateur électrique de Zyed et Bouna, deux gamins de 15 et 17 ans, poursuivis par la police à Clichy-sous-Bois…
Mehdi Fikri a été pendant plusieurs années journaliste à L’Humanité, un des rares quotidiens à avoir enquêté longuement et régulièrement sur la vie dans les quartiers, sur les violences policières systémiques, sur l’impunité dont bénéficient les forces de l’ordre impliquées dans ces actes.
Devenu cinéaste, il a tiré de son passé de journaliste la substance de son premier long métrage, dont on verra sans aucune hésitation un reflet de l’affaire Adama Traoré, jeune homme mort en 2016 dans des circonstances suspectes à la caserne de gendarmerie de Persan dans le Val d’Oise, quelques heures après son interpellation. Sa sœur Assa Traoré lutte inlassablement depuis pour faire la lumière sur ce drame et elle est devenue une figure incontournable de la mobilisation contre les violences policières.
On pense forcément à Adama et Assa puisqu’il est justement question dans le film de la mort d’un jeune homme après son arrestation par la police mais surtout du combat que vont mener sa sœur puis toute sa famille pour obtenir la vérité et la justice. Le plus passionnant, plus que l’enquête proprement dite (même si sont clairement montrées l’expertise médicale bâclée ou l’enquête outrageusement à décharge contre l’institution policière…), c’est la manière dont Mehdi Fikri suit le réveil politique d’une famille et derrière elle d’un quartier, qui refusent l’inéluctable, à savoir le classement de l’affaire, comme c’est quasi systématiquement le cas.

Le film est porté par le personnage de Malika (incarnée magnifiquement par Camelia Jordana, un des plus fidèles soutiens médiatiques d’Assa Traoré), jeune femme parfaitement intégrée, mère d’un enfant, exerçant un métier prenant, qui décide néanmoins de consacrer le plus clair de son temps à sa quête de justice. Sans angélisme, sont aussi évoquées la complexité et la diversité des réactions au sein de la famille : la jeune sœur (la révélation Sonia Faidi) qui ne croit pas à la réussite de ce combat et n’y voit que les ennuis qu’il engendre ; le frère (excellent Sofiane Zermani, alias le rappeur Fianso), mû d’abord par la colère, qui sera comme dans l’affaire Traoré victime du harcèlement et de la vengeance des policiers ; le père, accablé… Et parmi les proches, Slim, le soutien de la première heure (Samir Guesmi, formidable comme toujours), qui représente la générosité et les échecs de toute une génération de militants des quartiers populaires, héritiers de la Grande Marche pour l’Égalité et le Racisme de 1983, porteuse d’un grand espoir avant d’être trahie par le gouvernement socialiste.
Si le film est aussi fort et attachant, c’est d’abord parce qu’il met en scène une aventure humaine face à un drame terrible, une aventure vécue par une famille maghrébine qui échappe à tous les clichés habituels, une famille où chacun est différent et suit sa propre voie, pas forcément tracée par le déterminisme social. C’est aussi parce qu’il met en avant la force politique des quartiers, leur capacité à apporter une réponse collective à cette violence policière que nos gouvernements continuent à nier, au mépris des faits.