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LE VIEIL HOMME ET L’ENFANT

(EINVERA) Ninna PÁLMADÓTTIR - Islande 2023 1h15mn VOSTF - avec Þhröstur Leó Gunnarsson, Hermann Samúelsson, Anna Gunndís Guðmundsdóttir, Hjörtur Jóhann Jónsson... Scénario de Rúnar Rúnarsson.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE VIEIL HOMME ET L’ENFANTNe vous fiez pas au titre français, écrasant, aussi chargé en références dans notre imaginaire collectif qu’une notice wikipedia sourcée : ce petit bijou de subtilité islandaise qu’est Le Vieil homme et l’enfant, tendre, inventif, n’est ni un remake du (très beau) film de Claude Berri avec Michel Simon, ni l’une de ses innombrables déclinaisons plus ou moins heureuses avec quoi le cinéma, de Papillon en Petites victoires, nous abreuve de bons sentiments transgénérationnels. La Solitude du titre original, Einvera en VO, n’a pas la noirceur qu’on pourrait croire. Elle contient toute la mélancolie d’un standard de Duke Ellington et colle parfaitement à la situation du vieil agriculteur déraciné, transplanté à son corps défendant dans un appart de la banlieue anonyme de Reykjavík, comme à celle de son petit voisin « d’en face », gamin livré à lui-même au sein d’une famille qui se délite. Elle dit aussi tout de l’incommunicabilité en milieu urbain qui, malgré la densité démographique, n’a rien à envier aux étendues battues par les vents de la rude campagne islandaise. Deux solitudes et, mieux que la rédemption d’un pépé grincheux par la magie de l’innocence enfantine, un timide rayon d’humanité qui vient percer la grisaille du quotidien. La possibilité d’une rencontre, si la vie moderne, corsetée dans des conventions sociales égoïstes, veut bien la laisser advenir.

Le vieil homme (bon, pas si vieux que ça) c’est Gunnar, un éleveur de chevaux exproprié de sa ferme pour cause de grand projet d’utilité publique (la création d’un barrage hydro-électrique). L’enfant s’appelle Ari, 10 ans au compteur, navigue entre un père et une mère en instance de divorce et se fait trois sous sur son temps libre en distribuant des journaux. L’un a l’humanité rugueuse du rural qui a l’habitude d’aller à l’essentiel. La curiosité et l’ingénuité de l’autre, apanages de son jeune âge, commencent à se cogner aux réalités du monde des grands – un monde où les parents se séparent, où une maman ou un papa ne trouve pas le temps de prendre soin de leur unique enfant, un monde où des êtres humains réfugiés, traumatisés, sont impitoyablement refoulés aux frontières par la police au nom de politiques « responsables ». Simple et pragmatique, Gunnar vient spontanément en aide à qui en a besoin – en fonction de ses moyens et de ses besoins (et contrairement aux apparences, si ses besoins restent fondamentalement modestes, ses moyens sont conséquents, le gouvernement ayant racheté sa ferme au prix fort). Il peut aussi bien ouvrir sa porte à un gamin esseulé laissé sous la pluie, qu’abandonner un reliquat de sa relative fortune pour aider une association d’aide aux migrants. D’un réalisme et d’une simplicité extrême qui fait la part belle aux non-dits, à la complicité silencieuse entre les deux solitaires, la mise en scène de Ninna Pálmadóttir distille avec douceur sa poésie dans les à-côtés de la belle histoire – principalement dans le passé de Gunnar, qui se dévoile partiellement, peu à peu. Dans la blessure de son expropriation et de l’abandon de ses bêtes, auxquels il ne se résout pas, et qui éclate dans une séquence admirable, presqu’onirique, de tentative de retour à sa terre submergée. Rien d’appuyé ou de chargé pour autant, ni dans les moments de grâce, ni lorsque le drame affleure. Ni même quand nos deux héros sont rattrapés par une réalité et d’effroyables trouilles modernes qui les dépassent, et qui les laisseraient comme en suspens… on n’en dit pas plus. Maligne, la réalisatrice clôt son film par une belle pirouette qui, derrière son apparente tristesse, ouvre une fenêtre teintée d’optimisme sur d’autres possibles. Il suffit de vouloir.