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PREMIÈRE AFFAIRE

Écrit et réalisé par Victoria MUSIEDLAK - France 2024 1h38mn - avec Noée Abita, Anders Danielsen Lie, Alexis Neises, François Morel, Chad Chenouga, Saadia Bentaïeb, Louise Chevillotte...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PREMIÈRE AFFAIRESi Première affaire suit comme son titre le suggère les premiers pas d’une jeune avocate fraîchement diplômée, ce n’est pas à proprement parler un film d’enquête, ni un film de procès, ni même une plongée dans l’univers fascinant de la Justice. Le contexte judiciaire dans lequel se situe le récit va plutôt servir de prétexte à raconter une histoire plus intime, celle d’un passage, d’une lente, complexe, sinueuse et troublante métamorphose. Il y a ici quelque chose de l’ordre du récit initiatique : comment la naïveté se trouble et s’efface au contact du réel, comment la cruauté du monde endurcit les belles utopies, comment les déconvenues, les erreurs d’appréciation, les maladresses façonnent un caractère… et comment enfin une jeune fille aux allures enfantines se mue sous nos yeux en une jeune femme. Pour ce premier film ambitieux, Victoria Musiedlak n’a pas choisi le plus accessible ni le plus bienveillant des terrains de jeu, mais elle se glisse avec talent et subtilité aux côtés de son personnage, l’accompagnant avec tendresse sur ce chemin tortueux.

Employée comme avocate pour des affaires financières dans un grand cabinet parisien, Nora, récemment diplômée, est appelée par son patron (notre cher François Morel dans un réjouissant contre-emploi) pour le remplacer dans une garde à vue, près d’Arras. Privilège des dirigeants que de refourguer aux novices les mauvais plans dont ils pressentent aussi bien le manque d’intérêt que le peu de prestige à en tirer.
Docile et exaltée à l’idée de cette nouvelle expérience, Nora se rend sur place, non sans difficultés, et découvre le prévenu. C’est un jeune homme rondouillard de 18 ans désemparé, les traits fatigués, le regard anxieux, qui affirme son innocence dans le meurtre sordide d’une jeune fille – à coups de barre de fer – dont il est accusé. La jeune Maître Aït comprend vite que cette première affaire, a priori ordinaire, peut déboucher sur son premier dossier « au pénal » et demande à son supérieur de lui en confier la responsabilité. Portée par l’enthousiasme de sa jeunesse, la fougue de ses convictions, et quelque chose d’autre qui résonne plus profondément avec la haute idée qu’elle se fait du noble métier qu’elle a choisi, elle promet d’assurer la défense de son accusé sans pour autant négliger ses missions parisiennes…

Mais si la machine judiciaire ne lui fait pas peur, elle va devoir faire face à deux figures masculines troublantes qui n’auront de cesse de la tester, de la bousculer, peut-être même de la manipuler : son client instable et ambigu dont la jeunesse la renvoie à la sienne et un policier autoritaire et mystérieux (le norvégien Anders Danielsen Lie, découvert dans Oslo 31 août), qui la place devant ses propres aspirations à devenir une professionnelle accomplie. Scrutant également le contexte familial de Nora, le scénario de Victoria Musiedlak trouve sa justesse dans les élans d’un personnage pour qui l’idéal de justice s’entrechoque à la violence presque ordinaire des obstacles rencontrés et dont la posture d’avocate doit composer avec le regard des autres, alors qu’elle défend un potentiel assassin monstrueux.

Mais le film éloigne d’un revers de main toute analyse concernant la vérité, la culpabilité ou non du prévenu, préférant rester centré sur ce personnage en pleine mutation qui éprouve son engagement professionnel en même temps que les contours de sa propre identité.
Laissant pointer une émotion retenue, Première affaire incarne la dureté d’un métier autant que celle de la vie, dans une ambiance singulière, celle des commissariats sans moyens et des locaux gris de garde à vue. La talentueuse Noée Abita (Ava, Slalom) incarne une Nora fascinante dont le physique frêle contraste avec la féminité naissante, l’assurance du verbe et la force de caractère. Une vraie réussite.