MON C.E. ROULE POUR UTOPIA

METTEZ VOTRE PUB
DANS LA GAZETTE !


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 55€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Groupe ( >30p.) : 3,50€
TARIF étudiants, lycéens, collégiens, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA : 4,50€ (sur présentation d'un justificatif). PASS CAMPUS : 4 euros. Paiement CB, Chèque ou Espèces.

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

LA GAZETTE UTOPIA 327 DU 15 MAI AU 18 JUIN 2024
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA 327 DU 15 MAI AU 18 JUIN 2024...

LA GAZETTE UTOPIA 326 DU 10 AVRIL AU 14 MAI 2024
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA 326 DU 10 AVRIL AU 14 MAI 2024...

LA GAZETTE UTOPIA 325 du 28 FÉVRIER AU 9 AVRIL 2024
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA 325 du 28 FÉVRIER AU 9 AVRIL 2024...

LA GAZETTE UTOPIA 324 du 24 JANVIER AU 27 FÉVRIER 2024
  ... Lire LA GAZETTE UTOPIA 324 du 24 JANVIER AU 27 FÉVRIER 2024...

Soutenez Utopia Palmer

UN JEUNE CHAMAN

Écrit et réalisé par Lkhagvadulam PUREV-OCHIR - Mongolie 2023 1h43mn VOSTF - avec Tergel Bold-Erdene, Nomin-Erdene Ariunbyamba, Anu-Ujin Tsermaa, Bulgan Chuluunbat...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UN JEUNE CHAMANZé a 17 ans et il est chaman : un intermédiaire entre le monde visible et les mondes invisibles. Il consacre beaucoup de temps à communiquer en état de transe avec les esprits des ancêtres… Lourde et épuisante tâche pour cet adolescent qui prend ainsi soin de sa communauté à Oulan Bator, à travers des rites aux fonctions thérapeutiques. A cette fonction convoquant les êtres du passé, s’ajoute celle qui concerne son avenir : étudier pour réussir sa vie. C’est dans un uniforme étriqué, bien éloigné de celui du chaman, qu’on le découvre en salle de classe parmi ses camarades, davantage préoccupés par les vidéos pornos sur leur portable que par la communication avec les esprits ou les rêves prémonitoires ! A l’heure des écrans et des réseaux sociaux, difficile pour un jeune empreint de spiritualité de trouver sa place, de se faire respecter, de « garder la tête sur les épaules » comme le souhaite sa mère…

Heureusement, le film dépasse largement l’affrontement binaire entre tradition et modernité. Il nous raconte surtout la construction identitaire de ce jeune homme dont la vie se trouve bouleversée par sa rencontre avec Maralaa, une adolescente au cœur fragile. Tous les deux vivent dans le « quartier des Yourtes », à l’image de 60 % de la population d’Oulan Bator. Zone frontière entre les steppes enneigées et la capitale tentaculaire d’où émergent des colonnes de fumées noires, c’est là que palpite la jeunesse issue de l’exode rural mais surtout le cœur de Zé. Jusqu’alors visité par les esprits des ancêtres et autres créatures invisibles, son espace mental est soudain envahi par le sentiment amoureux ! En compagnie de Maralaa, il fait ses premiers pas hors du quartier qu’il connaît par cœur et s’aventure dans « l’étrangeté » du centre-ville. Notons la performance de Tergel Bold-Erdene, acteur amateur débutant dont la présence nous happe dès sa première apparition, virtuose dans ses expressions et regards pour suggérer l’invisible. Déambulations dans les centres commerciaux ou transe techno dans les boîtes de nuit prennent une dimension particulière sous ses yeux curieux, espiègles, amoureux, mais aussi inquiets. En pleine puberté, que de tiraillements pour Zé qui expérimente le désir et autres émotions inédites et qui voit surtout ses pouvoirs guérisseurs vaciller…

À travers le parcours initiatique singulier de ce chaman en pleine ébullition adolescente, le film dresse avec force le portrait d’une jeunesse soumise à un système éducatif ultra-rigide et traditionnel, porté par des valeurs nationalistes sclérosantes. Il évoque aussi en creux une population déstructurée par l’exode rural, en proie à l’alcoolisme, fléau récurrent. Il montre comment le chamanisme, ne se résumant pas aux cérémonies du tambour, est présent à l’intérieur des familles, quelles que soient les générations. Même si les provocations de « chaman arnaqueur » arrivent aux oreilles de Zé, et si tous ces jeunes aspirent davantage à regarder vers le futur que vers le passé, il n’en reste pas moins que tous les personnages restent étroitement attachés à la vie rurale et à la nature avec laquelle ils gardent un rapport viscéral. En témoignent les rituels quotidiens s’adressant aux montagnes et aux cieux, superbement captés par une caméra qui caresse les paysages et réussit à les faire vibrer. En témoignent aussi les rêves d’émancipation que partagent les amoureux à l’occasion d’un des plus beaux moments du film. Mais là où la réalisation s’avère la plus puissante dans le registre animiste, c’est à travers la dernière séquence dans la salle de classe. On ne vous en dira pas plus sinon qu’elle exprime un élan collectif exaltant, capable de donner des ailes à tous les élèves…