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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

LÉGER TREMBLEMENT DU PAYSAGE

Écrit, réalisé, monté et mixé par Philippe FERNANDEZ - France 2008 1h21mn - avec Bernard Blancan, Michel Théboeuf, Anatole Vialard, Corentin Chapa, Chantal Quillec, Toto Nobo, Pierre Coudeneau... (homme-orchestre jusqu'au bout, il a aussi composé la musique, avec la collaboration de Plimplim) Film réalisé avec le soutien de la Région Aquitaine.

Geste sympathique et symbolique, pendant le confinement, Philippe Fernandez, cinéaste, plasticien, musicien... et franc-tireur dans l'âme nous fait l'amitié de mettre à notre, et surtout à votre disposition ses deux longs métrages : Léger tremblement du paysage (qui figure au catalogue Vidéo en Poche) visible un peu plus bas sur cette page et Cosmodrama. Nous remercions chaleureusement Philippe Fernandez : une preuve de plus que les liens qui unissent les créateurs, Utopia et ses spectateurs ne sont pas ordinaires !

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LÉGER TREMBLEMENT DU PAYSAGEDans Les Cahiers du Cinéma, Jean-Michel Frodon écrit, à propos de Léger tremblement du paysage : « Peut-être avec Les Herbes folles de Resnais la plus belle idée de comédie inventée en France depuis longtemps […] véritable météorite projeté sur ses spectateurs, avec la confiance souriante et exigeante que le léger tremblement qui en résulte déclenche rires et pensées. »
On n'a pas encore vu le Resnais, on ne s'étendra donc pas sur la comparaison, mais pour le reste, on souscrit à chaque mot de ce que dit Frodon. Philippe Fernandez nous fait sourire, et même souvent rire, comme personne ne le fait, et peut-être comme personne ne l'a jamais fait au cinéma (moi, la seule référence qui me vient, c'est le Tati de Mon Oncle et Playtime, autant vous dire que c'est pas n'importe quoi !). Il invente un monde qui n'est pas la plate copie du nôtre, un monde décalé, comme en apesanteur, peuplé d'êtres qui nous ressemblent évidemment mais qui passent leur temps, qui occupent leur vie à se poser des questions essentielles : sur le temps, sur l'espace, sur les origines et le futur de l'univers, sur la place de l'homo sapiens, sur le sens profond de tout ça… Et non seulement ils se les posent ces questions, mais ils essaient en outre d'y apporter des réponses, en tout cas de s'y confronter, d'en expérimenter les paramètres à travers leurs activités quotidiennes. C'est de là que vient l'humour et la cocasserie, c'est ça précisément qui fait que le film de Fernandez n'est pas fastidieux une seconde, que jamais il ne considère son spectateur de haut, l'entraînant bien plutôt dans un processus ludique d'interrogations multiples, de réflexion en chaîne. C'est ce que le réalisateur appelle sa « filmosophie » : « un cinéma qui se donnerait pour objectif de faire réfléchir le spectateur, d'activer son intelligence… En tant que mot-valise et calembour, c'est aussi un vocable assez drôle, qui indique que, même si l'entreprise est sérieuse, je ne me prends pas au sérieux et qu'on risque même de s'amuser en regardant mes films… »




Un petit village moderne, à l'architecture géométrique (Fernandez a déniché un décor incroyable, le centre de recherche INRA de Bordeaux, à Villenave d'Ornon). Une petite communauté humaine y vit tranquillement, à l'époque des premiers pas de la conquête spatiale. Ceci nourrit l'imaginaire et les jeux des enfants, qui gravitent autour de personnages se consacrant à leurs obsessions personnelles : un peintre amoureux des nuages (Michel Théboeuf, grand comédien bordelais), une chercheuse en morphogenèse végétale, un prof de gym pilote amateur qui cherche obstinément le réglage parfait, la trajectoire idéale (Bernard Blancan, indéfectible complice de Fernandez, génial de concentration décalée, de loufoquerie pince-sans-rire), flanqué d'un mécanicien mutique, qui regarde des ondes à la télévision… Plus quelques animaux qui vaquent : des dindons, un cochon d'Inde, un singe qui n'aime rien tant que descendre de l'homme (en tout cas de ses épaules…).
C'est intelligent, c'est excitant pour les méninges et en plus, vous verrez, c'est d'une qualité plastique rare…