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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
Le collectif Stop Bolloré a vu le jour en décembre 2021 et rassemble des membres et des organisations de la société civile qui s’inquiètent de la concentration des médias et de l’édition en France et des dangers que cela représente pour la démocratie. Le projet du collectif, qui est poli...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

THE SWEET EAST

Sean Price WILLIAMS - USA 2023 1h44mn VOSTF - avec Talia Ryder, Simon Rex, Earl Cave, Jacob Elordi, Ayo Edebiri... Scénario de Nick Pinkerton. Prix du jury et de la révélation, Festival du cinéma américain de Deauville 2023.

Du 20/03/24 au 15/04/24

THE SWEET EAST« — Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici ?
- Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller.
- Peu importe l’endroit…
- En ce cas, peu importe la route que tu prendras.
- Pourvu que j’arrive quelque part », ajouta Alice en guise d’explication.
- « Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelque part, si tu marches assez longtemps. » (Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll)

The Sweet East est une comédie satirique, un voyage rocambolesque, une plongée fulgurante et au réalisme aléatoire dans l’Amérique de Trump et Biden. Un road-movie naviguant entre naturalisme et rêveries, une relecture contemporaine du périple d’Alice de Lewis Carroll, à la narration savamment (et joyeusement) déconstruite, comme sous hallucinogènes – « Mange-moi », disait déjà le gâteau à la petite fille du conte, avant de distordre sa réalité. Notre Alice, c’est ici Lillian, timide certes, mais pas du tout naïve et bien consciente des personnes qui l’entourent. Surtout, Lillian est curieuse de tout, et de tous. Elle choisit à l’instinct, sans hésiter, les routes qui s’offrent à elle. Douée d’une grande capacité d’adaptation à son environnement, qu’il soit hostile ou bienveillant, elle a également la faculté de fuir dès que ça sent le roussi. Dans les pas de Lillian, le film nous emmène aux quatre coins de ces fameux états de l’Est (le « East » du titre), à la rencontre d’une ribambelle d’allumés comme seul ce pays sait en enfanter : des faux rebelles, des complotistes, des frustrés, des laissés-pour-compte de l’Amérique contemporaine… Un joyeux programme qui nous tend les bras.

Au commencement est donc Lillian (Talia Ryder, parfaite), jeune lycéenne de Caroline du Sud. Lillian est en voyage scolaire tout ce qu’il y a de plan-plan à Washington. Lillian a un petit copain qui n’a pas l’air très exclusif, et on sent qu’elle subit cette relation plus qu’elle ne s’y épanouit. Pendant le voyage, le petit groupe fait une pause repas dans une pizzeria, dans laquelle fait irruption un forcené armé jusqu’aux dents, qui soupçonne le gérant de cacher des enfants martyrisés dans sa cave. Lillian profite du chaos pour ouvrir une porte dérobée qui soudain s’offre à elle – et prendre la tangente. Son périple picaresque chez les sales rejetons de l’oncle Sam peut alors débuter. Elle va croiser un pseudo-artiste punk qui fait partie d’un groupe d’activistes politiques, un prof universitaire, plutôt genre suprémaciste sauce QAnon, un couple de réalisateur branchés et ultra-snobs, un islamiste frustré et sa bande armée pathétique, une escouade de moines aux croyances étranges… À la manière de Tarantino, Sean Price Williams et son scénariste Nick Pinkerton se sont façonnés une culture cinématographique en bossant dans un vidéo-club mythique de New-York, aujourd’hui fermé. Ils signent un premier film endiablé, malin, roboratif, qui gratte avec humour l’Amérique profonde là où ça fait mal. Parmi les plus importants directeurs de la photographie du cinéma indépendant new-yorkais (il a travaillé avec les frères Safdie, Alex Ross Perry ou Abel Ferrara), Sean Price Williams soigne particulièrement son image et donne une belle cohérence à un film qui revendique de n’en avoir – au premier abord – que très peu. La pellicule 16 mm imprime à sa vision des États-Unis un look seventies très marqué, qui ajoute à l’étrangeté de l’entreprise. Sous ce vernis vintage, se révèle finalement un film tendre, saisissant parfaitement l’air du temps, dessinant des personnages décalés et des situations délicieusement amusantes, aux dialogues souvent drôles.