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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
Le collectif Stop Bolloré a vu le jour en décembre 2021 et rassemble des membres et des organisations de la société civile qui s’inquiètent de la concentration des médias et de l’édition en France et des dangers que cela représente pour la démocratie. Le projet du collectif, qui est poli...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

LA SALLE DES PROFS

Ilker ÇATAK - Allemagne 2023 1h39mn VOSTF - avec Leonie Benesch, Michael Klammer, Rafael Stachowiak, Anne-Kathrin Gummich... Scénario de Ilker Çatak et Johannes Duncker.

Du 03/04/24 au 23/04/24

LA SALLE DES PROFSC’est l’histoire d’un engrenage…
Tout commence avec une série de vols dans la salle des professeurs d’un collège en Allemagne. On commence d’abord par accuser les élèves, leur mettant la pression, les incitant à se dénoncer les uns les autres, tout cela renforçant une ambiance pesante, propice au harcèlement scolaire. L’histoire est recentrée sur Carla Nowak, une enseignante qui voit l’inconfort que cette enquête peut procurer à ses élèves, d’autant plus lorsqu’on entend les représentants du corps enseignant répéter : « si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez rien à craindre ». Elle s’entête alors dans sa recherche de vérité, jusqu’à vouloir prendre le pickpocket la main dans le sac…

Sous la forme d’un récit haletant, prenant place quasiment exclusivement dans l’enceinte du collège, nous suivons le parcours de cette enseignante hyper consciencieuse et motivée qui, prise dans l’engrenage de son enquête, est menée à son tour à la délation. Et finalement, à la manière d’un thriller hitchcockien, le vol devient presque un MacGuffin, un ressort central mais qui n’est finalement qu’un prétexte : au fil du déroulement de l’intrigue, ce n’est plus le vol qui est la pièce maîtresse du récit mais plutôt la question de savoir jusqu’où peut-on aller pour le dénoncer et les conséquences que cela engendrera pour celle, celui, celles, ceux (ça peut faire du monde !) qu’on soupçonne à plus ou moins juste titre. Moralement, éthiquement, quel est le pire entre être un voleur ou être une « balance » ? Qui des deux serait alors le plus condamnable ? L’établissement scolaire fonctionne comme un microcosme de notre société, avec ses failles, ses conflits psychologiques et ses rapports sociaux, les adolescents n’étant pas considérés à égalité avec les adultes. Et pourtant la question se pose rapidement : si l’auteur du vol n’était pas un élève mais un prof ?
Tout le monde se juge, tout le monde se toise et finalement règne l’impression qu’il faut toujours trouver un bouc émissaire pour fonctionner en artificielle harmonie. Dans ce climat anxiogène, il est très difficile pour les élèves de se situer, de s’exprimer, de construire une solidarité active et durable…

Nous ne pouvons pas sortir du film indemnes, sans nous poser mille et une questions sur ce dilemme moral, que le réalisateur réussit à incarner avec une authenticité captivante, grâce à une mise en scène d’une grande précision, et en s’appuyant sur une équipe d’acteurs absolument remarquables, notamment les jeunes non professionnels qui jouent les élèves, et qui ont travaillé sur le tournage de manière collective, pour un rendu impressionnant de naturel. İlker Çatak nous livre ici un récit d’une grande justesse, reflétant les points de fracture de notre société.