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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Stop Bolloré ! L'appel du collectif
Le collectif Stop Bolloré a vu le jour en décembre 2021 et rassemble des membres et des organisations de la société civile qui s’inquiètent de la concentration des médias et de l’édition en France et des dangers que cela représente pour la démocratie. Le projet du collectif, qui est poli...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°101 au n°117
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°101 au n°117   Samedi 17 avril Hier, fin N° 101. Juliette Binoche, 30 ans plus tard, et magnifique, dans un autre de ses plus beaux rôles. La musique, c’est le célébrissime Canon en ré majeur de Johann Pa...

Quiz des "trente dernières secondes" du n°51 au n°100
Ici sont archivées les publications du quiz des “trente dernières secondes” du n°51 au N°100 //////////////////////////////////////// Vendredi 26 février  Hier, fin N° 51. Saisissante. Tout comme l’est la séquence d’ouverture du film, qui montre la jungle s’enflammer sous les bombes a...

YURT

Écrit et réalisé par Nehir TUNA - Turquie 2023 1h56mn VOSTF - avec Doga Karakas, Can Bartu Aslan, Ozan Çelik, Tansu Biçer...

Du 03/04/24 au 16/04/24

YURTUne délicate entrée en adolescence dans la Turquie des années 1990, retracée par ce premier long métrage maîtrisé et attachant.
Après L’Innocence de Kore-Eda il y a quelques mois, qui faisait rejouer selon trois angles différents la même histoire pour que surgisse sa vérité dans un dernier et bouleversant segment, c’est au tour de ce premier film turc d’accomplir, plus ou moins, le même geste. Si Yurt n’a pas la structure de L’Innocence, il est lui aussi travaillé par un souci formel permanent (noir et blanc léché, ritournelle musicale entêtante…) dont la pose impeccable pourrait faire croire à un pur exercice de style. Il n’en est rien tant le film laisse longtemps ses images imprimées dans nos têtes…

Bien moins cadré que ses plans à la composition millimétrée, Yurt se révèle volontairement ambigu et mental dans la façon dont il cartographie ses espaces disjoints. D’un côté, le dortoir d’un pensionnat religieux (le « yurt » du titre), où le jeune Ahmet, 14 ans, suit aux côtés d’autres garçons les enseignements de l’islam. De l’autre, l’école laïque où il s’efforce de préserver secrète sa double réalité. En 1996, année où il se déroule, Yurt dépeint un pays pris en pleine bataille idéologique entre laïcs inspirés d’Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne, et religieux. En se basant sur ses propres souvenirs, le cinéaste Nehir Tuna fait de son personnage le réceptacle de ces tensions politiques, adoptant une allure de relâchement malgré la violence de la répression. Par son attitude, Ahmet ne cherche ni la rébellion, ni la validation de ses pairs mais incarne une idée de l’adolescence lucide et inspirée par la sédimentation du désir – comme pour L’Innocence, il faut attendre un peu pour que Yurt se dévoile entièrement…
Enfin, le film ne serait pas le même sans son jeune comédien Doga Karakas, omniprésent, dont chaque expression suffit à produire de foudroyants ravissements.

(M. Duponchel, Les Inrockuptibles)