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NON à la Vente de La Maison départementale des syndicats du Val d'Oise
Le Conseil Général dans le cadre d’une opération immobilière a décidé d’expulser les syndicats du Val d’Oise, dès février 2015. Les syndicats départementaux y sont hébergés depuis plus de 35 ans et y mènent une activité intense. « Les salarié-e-s ont besoin des syndicats reconnus d’utilité publi...

Manifestez contre la visite de Marion Maréchal-Le Pen à Eragny...jeudi 6 novembre
Jeudi 6 novembre, Marion Marechal Le Pen sera, à l’initiative de Stéphane Capdet, conseiller municipal frontiste de la ville, auRigatoni Café d’Eragny pour un repas entre militants “Front National”. Nous appelons à un rassemblement à 19h devant le restaurant, pour dire non à Le Pen, et non au Fr...

Master of the Universe, confessions d'un banquier
Après Viramundo en 2013, Vidéo en Poche participe pour la seconde fois à une expérience européenne (SPIDE) proposant une sortie quasi simultanée en salles et en vidéo dans dix territoires européens du film Master of the Universe : ça n’a l’air de rien mais c’est une petite révoluti...

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JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE

Benoît JACQUOT - France 2015 1h35mn - avec Léa Seydoux, Vincent Lindon, Vincent Lacoste, Clotilde Mollet, Hervé Pierre, Patrick d'Assumçao, Rosette... Scénario de Benoît Jacquot et Hélène Zimmer, d'après le roman d'Octave Mirbeau.

Du 01/04/15 au 04/05/15

JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRELe 14 Septembre 1898, Célestine, jeune soubrette au minois charmant, la langue bien pendue et l'esprit vif, arrive dans sa nouvelle place. C'est sa douzième en deux ans ! « Faut-il que les maîtres soient difficiles à servir maintenant… C'est à ne pas croire ! » Elle, la Parisienne jusqu'au bout des bottines, se retrouve au Mesnil-Roy, un bled normand paumé, dans la maison des Lanlaire, un couple de bourgeois racornis, aussi ridicules que leur nom, où elle va devoir supporter la maniaquerie perverse et insultante de Madame Euphrasie – « Euphrasie ! Je vous demande un peu… » – et repousser les avances de Monsieur Isidore, un libidineux frustré qui ne pense qu'à la tripoter dès que sa marâtre a le dos tourné… Tout ça sous le regard impénétrable de Joseph, l'énigmatique jardinier de la propriété, pour qui elle ne va pas tarder à éprouver une véritable fascination…

Célestine tient scrupuleusement son journal, dans lequel elle note tous les menus événements du quotidien, tous les travers et les turpitudes de ses patrons présents et passés. L'occasion d'une peinture au vitriol de la bourgeoisie française de l'époque, de sa mesquinerie, de son étroitesse d'esprit… Mais pas d'angélisme, pas d'illusion, pas de grand soir à attendre : la domesticité n'a guère plus de morale que ses maîtres, et la mutine Célestine saura se montrer plus calculatrice, plus retorse, plus cruelle que les pathétiques Lanlaire, tralalère… « Un domestique, ce n’est pas un être normal, un être social… C’est quelqu’un de disparate, fabriqué de pièces et de morceaux qui ne peuvent s’ajuster l’un dans l’autre, se juxtaposer l’un à l’autre… C’est quelque chose de pire : un monstrueux hybride humain… Il n’est plus du peuple, d’où il sort ; il n’est pas, non plus, de la bourgeoisie où il vit et où il tend… Du peuple qu’il a renié, il a perdu le sang généreux et la force naïve… De la bourgeoisie, il a gagné les vices honteux, sans avoir pu acquérir les moyens de les satisfaire… et les sentiments vils, les lâches peurs, les criminels appétits, sans le décor, et, par conséquent, sans l’excuse de la richesse… »

Après Jean Renoir et Luis Buñuel – excusez du peu – Benoît Jacquot s'attaque à l'adaptation du Journal d'une femme de chambre, roman le plus célèbre de l'inclassable furieux qu'était Octave Mirbeau. Il choisit de revenir à la lettre du texte et en restitue toute la violence sociale et culturelle, toute la noirceur. Et il offre un rôle en or à Léa Seydoux, qui confirme son exceptionnel talent, sa capacité à aborder tous les registres, à endosser tous les costumes (rappelez-vous : elle était déjà formidable dans Les Adieux à la reine, du même Jacquot, disponible en Vidéo en Poche). Elle dégage ici une force rageuse que n'atténue pas, bien au contraire, une sensualité, un érotisme plus subi que voulu.