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Le blog des profondeurs...
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Communiqué ISF
L'association ISF (Indépendants, Solidaires et Fédérés) se réjouit de la formidable réflexion qui traverse actuellement tous les secteurs du cinéma. Elle se félicite de la publication des rapports Ferran / Club des Treize et Perrot / Leclerc et souhaite apporter son grain de sel aux pistes ouver...

LA COURSE À LA MORT DE L’AN 2000…
C’était une production American International, la société mythique de Roger Corman un producteur américain tout à la fois fauché et prolifique qui permit à une flopée de jeunes réalisateurs, aussi célèbres aujourd’hui que Martin Scorcese, de tourner leur premier film avec une poignée de dollars....

CHOMSKY MIEUX QUE LES CH'TIS !
Wahouuu !! quel pied de remplir à bloc et même plus la salle de Pontoise ce mardi 18 mars pour cet avant-première de CHOMSKY et Compagnie ! Quelle intelligence, quelle modestie, quel brio, quel humour ce Normand ! Merci à vous, chers spectateurs de nous offrir ces grands moments ! Cela donne du ...

Coup de sang !
L’information de cette semaine: la décision du Président de le République d’instaurer dans les classes de CM2 le «parrainage» par chaque élève d’un enfant juif déporté et disparu lors de la Seconde Guerre mondiale. Le «travail de mémoire», oui, mais alors une mémoire qui flanche, et si possible bi...

FOUTUE ÉPOQUE
… où il n’est plus possible d’interroger à contre consensus sans se retrouver à deux doigts de se faire lyncher (on se croirait « nonnistes » dans la campagne pour le traité européen)… Ça chauffe ferme dans le cinéma ! Dans une ambiance à la « Sorcières de Salem » fusent les slogans réducteurs,...

LE GRAND ALIBI

Réalisé par Pascal BONITZER - France 2008 1h33mn - avec Miou-Miou, Lambert Wilson, Pierre Arditi, Valeria Bruni-Tedeschi, Anne Consigny, Mathieu Demy, Caterina Murino, Maurice Bénichou, Dany Brillant... Scénario de Pascal Bonitzer et Jérôme Beaujour, d’après la nouvelle « Le vallon » d’Agatha Christie (éditions du Masque).

Du 30/04/08 au 10/06/08

Un week-end à la campagne, quelque part non loin de Paris, dans une vaste et magnifique demeure bourgeoise. Il ne manque rien ni personne au tableau pour faire de cette parenthèse estivale un pur moment de détente entre amis... la piscine couverte, le cuisiner asiatique, une table généreuse, des hôtes attentifs et des invités distingués issus de la même race des bien nés de ce monde. C’est Monsieur le Sénateur Henri Pagès et son épouse Eliane qui reçoivent. Ils ont invité le célèbre psychiatre Pierre Collier et sa charmante et discrète compagne, il y aussi une artiste sculpteur, un écrivain et leur nièce. Madame a cru bon utile, pour pimenter le week-end, de convier également, mais sans le dire à personne, la très belle comédienne Italienne Léa Montovani... comme qui dirait une vraie fausse bonne idée.

En apparence, tout ce beau monde se rit, se sourit, l’air ravi, si ravi de flotter dans ce nuage de plaisir et d’insouciance que tout être normalement constitué devrait immanquablement éprouver au contact de cette belle piscine, de cette belle demeure, de cette belle compagnie... Mais les apparences, elles, sont précisément là pour ne rien révéler des tourments violents qui s’agitent sous les crânes... Que dis-je, « tourments », c’est plutôt d’ouragans intimes dont il s’agit ici. Il n’y a qu’à voir la tournure que prennent les choses dès la première nuitée passée : avant même l’heure du déjeuner, c’est bien un macchabée que l’on retrouve au bord de la piscine chauffée. Pierre Collier est mort. Et ce n’est pas un stupide accident, ni un ultime caprice d’un cœur défaillant, ni même un suicide, niet : le célèbre psychiatre a été trucidé, qui plus est avec une arme de la maisonnée.
Qui a tué Pierre Collier ? Peut-être sa femme, si dévouée, si fidèle, si effacée. Ou bien sa maîtresse, ici présente. A moins que cela ne soit Philippe, écrivain en mal d’inspiration et secrètement amoureux de cette dernière. D’un autre côté, le sénateur a lui aussi ses raisons... Sans compter que la belle Italienne, sous ses allures de lionne domptée, digère mal la trahison de celui qui fut jadis son grand amour... Une affaire complexe à résoudre pour le commandant Grange, surtout quand on découvre que l’arme du crime est comme toute cette assemblée : pas celle que l’on croyait.

Amateur des jeux de rôles qui tournent au vinaigre, des petits mensonges qui font de gros dégâts et autres mesquineries cyniques et sincères très appréciées du genre humain, Pascal Bonitzer s’est régalé à nous convier à cette partie de Cluedo qui ne déroge à aucune règle d’un jeu sanglant et délicieux. Où l’on se délecte sans cachotterie de voir tous ces pions s’agiter, se mentir et se tromper dans une chorégraphie parfaitement huilée qui, forte d’un classicisme pourtant tant de fois déjà éprouvé, parvient néanmoins à insuffler un souffle tonique de souffre bien frais. Mené rondement par une troupe d’acteurs tous plus formidables les uns que les autres (y compris les deux jeunettes inconnues au casting), Le grand alibi est un mets savoureux qui procure un de ces plaisirs immédiats chers à la psychanalyse : quelque chose de brut et de pas du tout cérébral, délicieusement jouissif...