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Toujours plus de nouveaux films en Vidéo en Poche
Pour faire un beau cadeau à Noël, pas cher et original, venez au ciné remplir une clé USB avec des films Vidéo en Poche, il y en a pour tous les goûts et les âges (quand même, l’intégrale de Bill Plympton, ça aurait de la gueule et ça tient sur une 8Go). 5€ par film, sans DRM et en HD quand c’e...

Edito 222 - LA GUERRE INVISIBLE CONTRE LES PEUPLES
On en parle peu, mais se livre actuellement une course à l’armement semblable à celle qu’on a connue durant la guerre froide, sauf que celle-ci opposait des États à d’autres États… Cette guerre, c’est celle de la maîtrise d’Internet, des canaux d’informations qui échappent aux pouvoirs politique...

Les nouveaux films en Vidéo en Poche
Vidéo en Poche s’étoffe ! Bien entendu, on rajoute régulièrement des nouveaux films, mais également trois cinémas s’apprêtent à rejoindre le réseau à Saint Etienne, Poitiers et Bayonne. Les Films du Losange et ASC distribution nous rejoignent et vont nous aider à enrichir l’of...

Nouveau en Vidéo en Poche : Gasland
Film indispensable, enquête passionnante et rondement menée, Gasland est le rouage qui grince, le grain de sable qui pourrait gripper la nouvelle « cosmopompe » de l’industrie gazière et nous sauver d’une catastrophe écologique provoquée par l’extraction des gaz de schiste : « Quand on ne sait p...

SPORT DE FILLES

Patricia MAZUY - France 2011 1h41mn - avec Marina Hands, Bruno Ganz, Josiane Balasko, Amanda Harlech, Isabel Karajan, Olivier Perrier... Scénario de Simon Reggiani, inspiré par Patrick Le Rolland. Musique de John Cale.

Du 25/01/12 au 21/02/12

SPORT DE FILLESGracieuse. Avec un prénom pareil, soit on est danseuse étoile, le chignon haut, le front royal et le tutu impec, soit on la joue contre-pied : mèche sauvage rarement coiffée, blouson élimé et allure frondeuse. Gracieuse serait plutôt comme ça : une herbe folle poussée en pleine campagne, indomptable, imprévisible, impétueuse, incapable de rester à « sa » place parmi ses semblables. D’ailleurs, ses semblables, elle ne les trouve pas vraiment à son goût : trop calculateurs, trop lisses, toujours décevants. Gracieuse, les siens, ce sont les chevaux. Ils sont comme elles : sincères, francs du collier, directs.
Mais le petit monde du dressage, dans lequel elle essaie de faire son trou, est un microcosme bien aiguisé, bien tranchant, un monde qui semble venu tout droit d’une autre époque, quand les seigneurs ne se mélangeaient pas avec les paysans.

Et elle, la fille d'agriculteur, n’appartient pas au sérail. Quand elle arrive dans le haras de Joséphine de Silène, elle doit s'estimer heureuse d'être engagée comme « fille d’écurie », une sorte de bonne à tout faire, version canasson : nettoyer les boxes, préparer les chevaux, les enclos, bref, la sale besogne, les bottes dans le crottin. Pendant ce temps, Madame (Josiane Balasko qui trouve là l’un de ses meilleurs rôles depuis belle lurette) fait des affaires. Et c’est un gros business, le dressage de chevaux, une entreprise où il faut allier sens des affaires et flatteries bien placées, prodiguées aux meilleurs clients comme on caresse la croupe d’une jument. Joséphine de Silène fait cela à la perfection, et en plusieurs langues. Mais son haras, reconnu, admiré, convoité dans le milieu très fermé du dressage de chevaux, ne serait pas grand chose sans le talent de Franz Mann, entraîneur allemand qu’elle a elle-même, d’une certaine manière, très bien dressé.
Ancien champion, Franz est désormais le conseiller hippique de Joséphine, en même temps que l'entraîneur particulier de sa championne de fille… La passion des chevaux est toujours là, même si l'enthousiasme, forcément, s’est étiolé au fil des années, au fil aussi de sa soumission à sa patronne-amante, qu'il a lui-même acceptée mais dont il sent bien qu'elle l'emprisonne. De cette situation bancale, voire perverse, Franz tire une ironie cynique et mordante…
Dans ce monde de fric, de prestige et de condescendance, Gracieuse n’a bien sûr pas le droit de monter un cheval, privilège réservé à Alice, la fille, et aux éventuels acheteurs… Mais la belle (ben oui, forcément, c’est Lady Chatterley) est têtue comme une mule et bien décidée à montrer ce qu'elle vaut, prête à braver les interdits de caste pour qu’on la reconnaisse non plus comme une simple palefrenière, mais comme la talentueuse cavalière qu’elle est.

Bien sûr il faut voir dans Sport de filles une peinture assez cruelle, sabre au clair, du monde singulier et sans pitié du dressage hippique, de ses codes, de ses hiérarchies. C’est donc très logiquement une forte histoire de luttes de classes. Mais en plus des magnifiques scènes à cheval (Marina Hands est une cavalière émérite, ce qui contribue pour beaucoup à leur authenticité), on y croise des personnages romanesques tout droits sortis d’un roman du xixe siècle, voire d’un conte de Perrault, revisités par l'énergie très rock'n roll de Patricia Mazuy : l'héroïne idéaliste et insoumise d’origine modeste, la mégère avide de pouvoir et d’argent prête à toutes les manipulations pour parvenir à ses fins, la fille pimbêche cachant ses complexes sous le verni doré des médailles et surtout le prince vieillissant (formidable Bruno Ganz qui devient le personnage central du film), revenu aigri de presque toutes ses batailles, mais prêt à repartir pour un ultime tour de piste, le plus vrai, le plus libre.