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EDITO (GAZETTE 205)
Allez parfois vous nous reprochez peut-être à raison que nous sommes des râleurs congénitaux, que nous conspuons à longueur de textes notre société occidentale et ses dérives.Pourtant, il nous arrive néanmoins parfois d’être (un peu) satisfaits... Non pas parce qu’un joli manteau blanc recouvre ...
UTOPIA SUR LES BANCS D'INFAMIE…(2) la suite.
La suite de l’affaire....« Ca vous en bouche un coin! Voilà Utopia rangé par certains dans la catégorie des affreux antisémites (les Brasillach d’aujourd’hui, en pire)... ne riez pas, c’est du sérieux, même que nous voilà embarqués dans deux procès: l’un fait à Utopia Avignon par l’Association c...
UTOPIA SUR LES BANCS D'INFAMIE…
Ça vous en bouche un coin ! Voilà Utopia rangé par certains dans la catégorie des affreux antisémites… Ne riez pas, c’est du sérieux, même que nous voilà embarqués dans deux procès : l’un fait à Utopia Avignon par l’Association Culturelle Juive des Alpilles, l’autre initié par chacun des U...
Communiqué ISF
L'association ISF (Indépendants, Solidaires et Fédérés) se réjouit de la formidable réflexion qui traverse actuellement tous les secteurs du cinéma. Elle se félicite de la publication des rapports Ferran / Club des Treize et Perrot / Leclerc et souhaite apporter son grain de sel aux pistes ouver...
La séance du lundi 8 février à 20h30 à Utopia Saint-Ouen
sera suivie d’une rencontre avec Anne Duncan, vice-présidente de Slow Food France et avec Christian Jacquiau, auteur de « Les coulisses de la grande distribution » en partenariat avec Patibio, notre boulanger préféré et bio à Eragny-sur-Oise
Robert Kenner - documentaire USA 2009 1h34mn VOSTF -
Allez, rêvons ! Si vous êtes un ou deux millions à venir voir Food Inc et que vous racontez à d’autres ce que vous avez vu, la malbouffe a du souci à se faire… Déjà on savait depuis Super Size me, où un documentariste faisait l’expérience du régime burger XXL midi et soir, que la fréquentation assidue des fast food avait une conséquence indéniable et rapide sur la santé.
Mais après Food Inc, vous risquez d’être pris par le besoin irrépressible de fouiller vos placards et congélateurs pour virer sans hésitation toutes les saloperies que peut concevoir l’agroalimentaire pour soi-disant nous simplifier la vie et au final mieux nourrir nos cancers de demain : plats préparés, viandes reconstituées, biscuits ou desserts lactés gavés d’OGM… Le documentariste Robert Kenner et Eric Schlosser, auteur du best seller incontournable Fast Food Nation, ont mené une enquête aussi rigoureuse qu’impitoyable au cœur de l’empire agro-alimentaire américain.
Acteurs du système (agriculteurs, ouvriers des abattoirs ou des entreprises de transformation…) consommateurs victimes, scientifiques sont interrogés et le constat est accablant. On découvre toute l’horreur des conditions d’élevage des animaux, et de transformation. Contrairement aux belles images des briques de lait ou des boîtes d’œufs, montrant de jolies vachettes paissant dans l’herbe verte et des poulettes caquetant allègrement dans des basse-cours champêtres, la réalité est tout autre : vaches génétiquement modifiées pour produire plus rapidement des quantités de lait de plus en plus importantes, et par dessus le marché nourries au maïs OGM ; volailles qui ne voient jamais la lumière du jour, entassées dans leur cage et baignant dans leurs fientes jusqu’à la mort… Quant aux grands abattoirs fonctionnant grâce à des ouvriers mexicains travaillant dans des conditions effroyables, quant aux usines de fabrication de hamburgers, ils ressemblent très fort à l’antichambre de l’enfer. Et les résultats sanitaires sont particulièrement inquiétants, notamment avec la multiplication des cas de contamination des produits par une terrifiante bactérie : l’E Coli. Une bactérie planquée dans un hamburger, qui a tué le jeune fils de 2 ans de Barbara Kowalcyk, une gentille ménagère pas franchement gauchiste qui désormais mène un combat don quichottesque contre un géant du hamburger niant évidemment toute relation entre son produit et la mort de l’enfant.
Mais bien au-delà du constat sanitaire inquiétant sur un modèle alimentaire dominant qui entraine obésité des jeunes enfants, augmentation des diabètes, cancers du système digestif ou problèmes cardio-vasculaires, le film analyse avec intelligence tout le système macroéconomique et politique qui permet cette catastrophe. Il met en cause :
• des politiques agricoles qui ont permis notamment le brevetage des semences par des grandes firmes comme Monsanto, et qui ont, par le biais d’un système d’aides absurde, favorisé la mécanisation et l’agriculture intensive (ruinant au passage les agricultures des pays en voie de développement).
• la grande distribution et les grandes firmes de fast-food qui pratiquent une politique de dumping des prix de la restauration rapide et des plats préparés tout spécialement destinés aux classes sociales les plus fragiles.
• la perméabilité entre les responsables de l’administration sanitaire et ceux des grands groupes de l’agroalimentaire. Ce qui explique peut être la raréfaction des inspections sanitaires (plus de 50 000 en 1970, moins de 10 000 en 2006).
Les plus optimistes diront que le cas américain est particulièrement terrifiant mais que nous sommes protégés en France par des règlementations plus contraignantes. Sauf que, si les légumes OGM sont étiquetés en France, savez-vous que nos jolies vaches laitières sont, dans leur grande majorité, nourries au soja et maïs OGM ? OGM que l’on retrouve aussi largement dans les plats préparés, les biscuits industriels ou autres bonnes choses sucrées. Raison de plus pour faire du modèle américain une vision de ce qui pourrait nous arriver si nous n’organisons pas rapidement la résistance en commençant d’abord par changer nos habitudes alimentaires. Notre pouvoir commence avec le choix de ce qu’on met dans notre caddie.
Le Mouvement International Slow Food compte 82 000 adhérents sur près de 50 pays. Slow Food s'oppose aux effets dégradants de la culture fast-food qui standardisent les goûts ; Il promeut les effets bénéfiques de la consommation délibérée d'une alimentation locale, a des programmes d'éducation du goût pour les adultes et les enfants. Slow Food aide les producteurs-artisans de l'agroalimentaire qui font des produits de qualité, et encourage les initiatives de solidarité dans le domaine alimentaire. L'objectif de Slow Food est d'améliorer la biodiversité et d'offrir aussi des perspectives pour les régions moins riches.
Slow Food cherche à combiner le plaisir avec un profond sens de responsabilité à l'égard de l'environnement et du monde de la production agricole. On ne peut pas être gastronome et ne pas être sensible à la protection des cuisines locales, des races animales, des espèces végétales en danger d'extinction.
