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MANGE TES MORTS

Jean-Charles HUE - France 2014 1h34mn - avec Jason Dorkel, Mickaël Dauber, Fredéric Dorkel, Moïse Dorkel, Philippe Martin... Prix Jean Vigo 2014.

Du 17/09/14 au 06/10/14

MANGE TES MORTSQuand on adoré un premier film, qui nous a révélé un grand réalisateur et une famille d'acteurs stupéfiants, on a toujours une petite appréhension avant de découvrir le suivant. Alors, habités par le souvenir vivace du magnifique La BM du Seigneur (disponible en Vidéo en Poche), on était, avant la projection de Mange tes morts, aussi fébriles que des mômes qui s'apprêtent à découvrir ce qui se cache au pied du sapin un matin de Noël.
Avant de vous dire à quel point le résultat fut à la hauteur de nos espérances, rappelons quel est l'univers étonnant de Jean-Charles Hue, que l'on avait donc découvert avec La BM du Seigneur. Dans une démarche qui correspondait autant à une quête d'identité (le réalisateur cherchait aussi à approcher l'histoire de ses ancêtres) qu'à un projet cinématographique, Jean-Charles Hue nous plongeait dans l'univers d'une famille yéniche d'un campement près de Beauvais. Les Yéniches, ce sont ces gitans/voyageurs bien plus blonds que leurs homologues du Sud, à qui l'on prête des origines plus celtes qu'indo européennes, dont la force et la résistance à la souffrance sont légendaires, considérés parfois avec méfiance par leurs cousins méridionaux.

Dans La BM du Seigneur, entre immersion documentaire et polar mystique, où une BMW Alpina (la berline la plus rapide du monde, pour ceux qui ne sont pas férus de bagnoles) mythique et un chien fantôme avaient une place de choix, Jean-Charles Hue nous faisait rentrer dans l'intimité de la famille Dorkel, avec le patriarche Moïse et ses sacrés gaillards de fils, notamment Fredéric, au physique de catcheur, qui crevait l'écran. Des personnages partagés voire déchirés entre l'amour des 400 coups et le respect des valeurs insufflées par les pasteurs évangéliques de plus en plus influents dans les communautés de gens du voyage.
Dans Mange tes morts au titre sonnant comme un blasphème (l'insulte suprême pour un gitan), Fred Dorkel revient après un long séjour en prison et le moins qu'on puisse dire, c'est que son retour engendre de la crainte dans la famille, qui espérait avoir trouvé l'apaisement et la fin des démêlés avec la justice, tout spécialement pour les plus jeunes frères, Michael et Jason. Mais la soif d'aventure va être la plus forte et les garçons vont sortir d'un garage poussiéreux la BM Alpina pour une virée épique en quête de filles et de camions de cuivre, pour le meilleur et surtout le pire.

Alors que Jean-Charles Hue était avec son premier long métrage dans l'observation quasi-documentaire, Mange tes morts est clairement un polar tragique mâtiné de western fordien, la BM s'étant substituée aux destriers des cows-boys, un film qui s'accroche au bitume mouillé et vous scotche à votre siège. Tous les Dorkel sont de vrais héros de cinémas, tragiques et plus grands que nature, allant au devant de leur destin inexorable le long des routes de Picardie jalonnées de bars improbables où l'amour pourrait naître et de casses où le destin de chacun peut basculer. Ce sont des James Dean dans La Fureur de vivre quand ils font « burner » leurs pneus sur quelques centaines de mètres qui pourraient être fatals. Et Frédéric Dorkel, extraordinaire de justesse, s'avère une réelle icône de bad boy au grand cœur quand, cerné par les chmits, il déclame un monologue expliquant en lui-même toute la destinée des gitans condamnés avant d'avoir été jugés.