Loading

MON C.E. ROULE POUR UTOPIA

METTEZ VOTRE PUB
DANS LA GAZETTE !

NOUS CONTACTER
NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Groupe ( >30p.) : 3€
TARIF étudiants, lycéens, collégiens, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA : 4€ (sur présentation d'un justificatif)

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

LA GAZETTE UTOPIA 267 ( DU 7/12 au 17/01/17) À TÉLÉCHARGER
Utopia-267_web_-1.jpg, déc. 2016 ... Lire LA GAZETTE UTOPIA 267 ( DU 7/12 au 17/01/17) À TÉLÉCHARGER...

LA GAZETTE UTOPIA 266 ( DU 26/10 au 6/12) À TÉLÉCHARGER (cliquez su l'image)
couv-266.jpg, oct. 2016 ... Lire LA GAZETTE UTOPIA 266 ( DU 26/10 au 6/12) À TÉLÉCHARGER (cliquez su l'image)...

LA GAZETTE UTOPIA 265 ( DU 21/09 AU 25/10 ) À TÉLÉCHARGER
Couv265.jpg, sept. 2016 ... Lire LA GAZETTE UTOPIA 265 ( DU 21/09 AU 25/10 ) À TÉLÉCHARGER...

LA GAZETTE DE RENTRÉE - N° 264 - DU 17 AOÛT AU 20 SEPTEMBRE - À TÉLÉCHARGER
LE NOUVEAU PROGRAMME C’EST LÀ :264-COUV.jpg, juil. 2016 ... Lire LA GAZETTE DE RENTRÉE - N° 264 - DU 17 AOÛT AU 20 SEPTEMBRE - À TÉLÉCHARGER...

BACCALAURÉAT

Écrit et réalisé par Cristian MUNGIU - Roumanie 2016 2h08mn VOSTF - avec Adrian Titieni, Maria Dragus, Lia Bugnar, Malina Manovici... Festival de Cannes 2016 : Prix de la Mise en scène.

Du 07/12/16 au 10/01/17

BACCALAURÉATAprès 4 mois, 3 semaines, 2 jours et Au-delà des collines, voici le nouveau et magnifique film de Christian Mungiu, cinéaste phare de cette vague roumaine de plus en plus passionnante…
Tout commence devant un immeuble bas sur pattes et grisâtre comme la monotonie d’une vie. Une de ces constructions qui ont semble-t-il poussé partout dans les années 80 : on pourrait tout aussi bien se croire en France si on ne se savait dans une petite ville de Transylvanie. Derrière la fenêtre, une femme affaiblie, la mère, qu’on devine plus qu’on ne la voit, usée avant l’âge… Puis on découvre son mari, Roméo (interprété par un acteur exceptionnel : Adrian Titieni)… Un homme mûr, empâté, qui résiste avec peine au poids des années. La charpente lourde d’avoir trop ou mal mangé et bu, un sourire las qui ne parvient pas à égayer un regard qui sans doute en a trop vu. Si le bonhomme a le tour de taille d’un notable, on peine à croire qu’il en ait le niveau de vie. Rien dans l’appartement modeste aux tons pastels, comme délavés par l’usure des habitudes, ne laisse présager que Roméo Aldea est médecin. On le comprendra plus tard, quand il arrivera à l’hôpital dans lequel il travaille, après une brève escapade dans les bras d’une amante peu enthousiaste, vivant dans un autre immeuble gris et court sur pattes. Murs et hommes sont comme uniformisés dans cette société post Ceausescu.

Un seul être, pourtant, redonne un brin d’espoir à Roméo. C’est Eliza, sa fille unique, fleur inattendue poussée sur l’asphalte de la routine, brise de fraîcheur qui vient apporter un peu d’air au marcheur exténué. Cette nymphette à la longue chevelure blonde et sage, il la protège, l’éduque, la prépare à affronter le monde. Exigeant qu’elle soit irréprochable, à l’image de ce que devrait être la société, à l’image de ce qu’il dit être lui-même. D’une voix patiente, retenue, susurrée… Construisant autour d’elle une ambiance feutrée, un écrin de tendresse pour protéger ce trésor. Retenant ses mots, ses humeurs, son souffle, il lui martèle doucement de beaux principes : l’honnêteté, la droiture, l’excellence. Il essaie de l’arrimer à une destinée prometteuse, plus prometteuse en tout cas qu’un avenir en Roumanie. Et il pense être au bout de ses peines lorsqu’arrive enfin la réponse favorable d’une prestigieuse université anglaise. Il voit déjà Eliza en route vers un pays plus libre, moins corrompu, où l’avenir n’est pas encore fermé à double tour. Il ne reste plus qu’une étape à franchir, presque une formalité pour cette brillante élève : réussir son baccalauréat avec une moyenne de 18 sur 20.
Ce matin-là, Eliza est prête à partir au lycée… Tout est normal, sa mère qui peine à émerger, son père dans son rôle de mâle raisonnable, même s’il a dormi sur le canapé… Puis il y a cette pierre qui fracasse la vitre du salon, dont on peut se dire qu’elle est l’annonciatrice d’une vie brisée. Menace sous-jacente qu’on a du mal à interpréter, d’autant qu’on ne verra jamais la main coupable, pas plus qu’on ne comprendra ses motifs. Le ton est donné : inquiétant et grave. Ce n’est que le début d’une chute inexorable où tout peut et va se déglinguer, éloignant chacun de la voie qu’il pensait s’être tracée. Les apparences commencent à se lézarder et d’autres vérités pas toujours bonnes à entendre commencent à pointer leur nez.

L’écriture de Christian Mungiu nous tient par les tripes, nous dérange. Il ne nous laisse pas plus le choix qu’à ses protagonistes, il nous happe et nous entraîne dans un tourbillon intense dont on se demande sans cesse s’il va nous relâcher. Il procède à l’analyse fine d’une relation éducative tout en disséquant, sans la moindre concession, une société roumaine distordue par les trafics d’influence, les compromissions, où tout chez l’humain, de l’âme à la chair, se négocie dans la plus totale amoralité.
Plus « classique », plus retenu que 4 mois, 3 semaines, 2 jours ou Au-delà des collines, Baccalauréat est sans doute le plus grand film de Cristian Mungiu, le plus accompli, le plus riche et in fine le plus intense. Il confirme le réalisateur roumain comme un des plus importants du cinéma international actuel.