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TOUT DE SUITE MAINTENANT

Pascal BONITZER - France 2016 1h38mn - avec Agathe Bonitzer, Vincent Lacoste, Lambert Wilson, Isabelle Huppert, Jean Pierre Bacri, Pascal Greggory, Lilia Faure... Scénario de Pascal Bonitzer et Agnès De Sacy.

Du 22/06/16 au 12/07/16

TOUT DE SUITE MAINTENANTC'est une fille bien d'aujourd'hui… Et ce n'est pas ça qui va nous rassurer sur l'état de notre présent ! Le prototype parfait de la gonzesse performante, ambitieuse aux canines acérées, à l'esprit aussi coupant et vif que son physique est superbe et glacé, sortie brillamment diplômée des plus grandes écoles, époustouflante d'efficacité dès qu'il s'agit de jouer sur l'échiquier de la finance internationale… Trentenaire au top, réactive comme la bourse : il faut du résultat et du gain TDSM (Tout De Suite Maintenant) comme on dit dans ces milieux-là qui sont le cœur agité et stressé de l'air du temps où on n'a plus le temps de le prendre, le temps, où tout doit filer à la vitesse d'un tweet… Plus le temps de divaguer, d'hésiter, de rêver, d'avoir des états d'âme… la productivité de chaque seconde compte, même en amour, même quand on est tout seul… Sauf que les humains ça peut aussi les déglinguer grave, ce nouveau moule dans lequel ils se contraignent à se couler… (Voyez le superbe La Nouvelle vie de Paul Sneijder, contrepoint parfait au film de Bonitzer)

Le jour où elle débarque, pimpante, dans des bureaux qui sont des personnages à part entière du film tant ils sont à l'image de ces entreprises branchées sur le monde entier, Nora Sator affiche une assurance qui la met très vite dans le sillage de ceux qui détiennent le pouvoir. Il ne faudra pas trois jours pour que son PDG pousse le pion précédent, un charmant jeune homme pourtant brillant et séduisant, pour l'installer à sa place. Echec et mat ! Pas grand chose à changer, juste son ordinateur à poser sur un autre bureau à l'endroit de l'ordinateur enlevé aussi vite par celui dont elle a pris la place… Cruauté d'un monde de la consommation rapide des salariés comme du reste.
Mais elle s'aperçoit vite qu'il y a quelque chose de bizarre dans cet univers trop clean, trop bien huilé et ce quelque chose tient à son père : quels étaient jadis les liens entre lui et son nouveau et arrogant PDG, avec lequel il semble avoir partagé beaucoup de choses avant de se replier dans son petit appartement en solitaire.
Son PDG l'invite à venir exécuter un travail urgent dans sa villa, moderne et ostensible signe extérieur de richesse, où elle croise son épouse diaphane qui tangue entre deux whiskies… Que s'est-il passé entre son père et cette femme, quel rapport avec l'associé de son PDG qui semble lui-même touché sur le point de couler dans un double jeu cruel plein de mensonges et de pièges ?

Nora est une jeune femme qui a tout pour « réussir » et la vie devant elle, mais ce qui s'est passé avant elle la rattrape au tournant. C'est que sous ses airs de joli robot, fabriqué pour la performance, il lui reste un large fond d'humanité sensible qu'elle n'a pas complètement évacué, entretenu sans doute par ses liens de complicité avec une sœur qui est son exact contraire, brune fantaisiste débordante de sensualité. Il y a aussi les liens qui subsistent avec ce père amer qu'elle aimerait comprendre, comme s'il lui était insupportable de caler devant une équation non résolue qui la concerne d'aussi près… Et puis il a ce collègue de son âge qui n'est peut-être pas aussi prêt qu'elle à tout miser sur son seul projet de carrière, il y a cette femme que son père a connu, si classe, si belle et percluse de désenchantement…
Autant de choses qui la poussent à réagir, à chercher à comprendre le pourquoi du comment, à s'interroger sur la réalité de son envie de faire partie de ce monde-là… Le film est remarquablement écrit, superbement interprété. Tranchant. Pas confortable, pas gentil, tranchant.