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A l'occasion de la lutte contre la réforme des retraites proposée par le gouvernement, SÉANCE UNIQUE EN SOUTIEN À L'INTERSYNDICALE ( CGT, FO, FSU, Solidaires, soutenus par ATTAC ) LE JEUDI 30 JANVIER À 20H30 À UTOPIA ST-OUEN L'AUMÔNE
• L'intégralité de la recette de la séance sera reversée aux caisses de grève •

MÉLANCOLIE OUVRIÈRE

Gérard Mordillat - France 2018 1h30mn - Avec Virginie Ledoyen, Philippe Torreton, Marc Bardé, Patrice Valota et la participation de François Cluzet et François Morel... Scénario de Gérard Mordillat et Philippe Sainteny d'après l'essai de l'historienne Michelle Perrot.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MÉLANCOLIE OUVRIÈREMélancolie ouvrière redonne une voix et un visage, ceux de Virginie Ledoyen, à Lucie Baud, l’une des premières femmes syndicalistes, qui prit la tête des grèves dans les filatures d’Isère à la fin du XIXe siècle.
« Vous n’êtes qu’un capitaliste qui fait danser les millions que d’autres gagnent pour vous ! » Lucie Baud, le regard noir de colère, tient tête au puissant patron des filatures de Vizille (Isère). Après trente jours de grève, l’ouvrière campe sur ses positions : maintien des salaires que l’industriel veut réduire de moitié, réintégration du personnel et reconnaissance du syndicat qu’elle a créé. M. ­Duplan, inflexible et plein de morgue, la traite de « feignante » et de « sale petite femme » !

« Ce face-à-face, rapporté par le journal local, montre la réflexion et le niveau d’éducation de cette fille de paysan et d’ouvrier », souligne Gérard Mordillat, réalisateur de Mélancolie ouvrière.
Mettre en images cette trajectoire singulière, retracée en 2012 dans l’essai de l’historienne Michelle Perrot, était une « évidence ». « J’avais l’impression qu’elle était de ma propre famille », explique le réalisateur, ancien ouvrier imprimeur, dont la filmographie est jalonnée de films engagés, comme Les Vivants et les Morts (2010), sur une révolte contemporaine après une fermeture d’usine.

Gérard Mordillat voit dans la lutte des ouvrières de la soie (­reconstituée dans un atelier de filature de la Loire, incroyablement préservé) des résonances actuelles sur la condition des femmes, toujours victimes de violences sexuelles (le contremaître exige un droit de cuissage), et sur les questions d’immigration.
Pour Lucie Baud, ce sont juste des compagnes d’infortune qu’il faut aider, comme en témoigne une belle scène de baignade au lac où les Françaises donnent leurs vêtements aux Italiennes, entonnant en chœur Va, pensiero de Verdi. D’autres chants, comme Le Temps des cerises ou Chagrin d’amour, rythment le film, traduisant tour à tour la colère, le doute ou le désespoir.

(d'après Cécile Jaurès, dans La Croix)