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LET'S MAKE MONEY

Erwin WAGENHOFER - Autriche 2008 1h47mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LET'S MAKE MONEYIl nous avait déjà régalés, il y a deux ans, ce bon Erwin, d'un documentaire écolo pas piqué des hannetons : We feed the world. On y faisait la connaissance, entre drôlerie et effarement, d'une brochette de sales types qui tous ou presque s'étaient jurés de nous faire passer le goût du pain en fourrant toutes les cochonneries possibles dans nos assiettes. Toujours impliqué dans la défense de l'environnement, on le savait occupé à ferrailler à droite et à gauche sur un nouveau film contre des politiques qui toutes mènent à Davos. Il fallait donc bien s'attendre un jour à le voir dégringoler en culotte de peau de ses frais alpages autrichiens avec une sacré surprise dans son sac à dos. Un film dont le contenu tombe à pic des plus hauts sommets puisqu'il répond magistralement à des questions qui sont aujourd'hui dans toutes les têtes : dans quel gouffre sans fonds vont nous précipiter nos économies libérales devenues prédatrices et irresponsables ?

A l'origine donc de ce Let's make money, un simple slogan publicitaire qui mit notre autrichien sur le cul : « Faites travailler votre argent ». L'argent ne peut pas travailler. Seuls les hommes, les machines, voire les animaux peuvent travailler. Prendre ce slogan à la lettre, cela revient à dire que quelqu'un d'autre doit travailler pour vous. De cette proposition avantageuse (qui n'en rêve pas ?) découle un corollaire peu enviable : l'exploitation. Jusqu'où peut aller cette exploitation ? Jusqu'à l'esclavage. Plus loin encore : jusqu'à la situation délirante que vit aujourd'hui l'économie mondiale. Pourquoi avons-nous besoin d'une croissance économique alors que notre société a déjà atteint un degré de saturation qui met en danger la planète elle-même ? Qu'est-ce que cela veut dire quand on entend que la Banque Centrale Européenne injecte des milliards dans le marché pour qu'il ne s'effondre pas ? Qui paie lorsque les banques se trouvent confrontées au non remboursement du crédit ? Pourquoi des bananes qui sont transportées d'un point A à un point B indiquent sur leur document d'acheminement qu'elles partent en direction de Jersey puis de la Suisse, puis du Luxembourg, puis du Liechtenstein puis de l'île de Man et retournent à Jersey après avoir transité aux Bahamas ? Un circuit qui n'a pour seule raison d'être que l'évasion fiscale et l'augmentation des biens. Pourquoi en Espagne a-t-on construit trois millions de maisons, aujourd'hui vides d'occupants, associées à 800 terrains de golf nécessitant pour leur entretien la même quantité d'eau que pour 16 millions d'habitants ? Parce que ces opérations immobilières furent conçues comme objet de placement et non pas pour que les Espagnols qui ne jouent pas au golf y habitent. Des opérations qui furent portées par des investisseurs privés et leur âme damnée « les fonds de pension », selon le principe du « laisser travailler notre argent ».

Ainsi va Let's make money, porté par un condensé hallucinant de ce que l'espèce humaine peut produire de pire et de meilleur. De meilleur, quand cet ingénieur agronome burkinabé explique : « les Américains pratiquent le protectionnisme sur leur coton subventionné tout en nous demandant d'être libéraux. C'est comme si leur équipe de foot-ball, opposée à la nôtre, pouvait jouer avec les mains. Aujourd'hui, tout Burkinabé naît lourdement endetté et même ceux qui naîtront dans 25 ans le seront. Si l'occident ne cesse pas de subventionner son coton, tout Africain du Burkina, mais aussi du Mali du Bénin et d'ailleurs, devra émigrer en Europe. Nous n'avons pas d'autre choix, nous vous envahirons, c'est sûr… »
De pire, quand ce directeur suisse d'une banque, par ailleurs prof d'université, déclare à propos de l'immigration : « Il faut ouvrir les barrières pour les biens de consommation, l'argent et les services. C'est plus compliqué quand il s'agit des hommes. Il faut réfléchir à un prix d'entrée, comme c'est l'usage quand on veut rentrer dans un club de tennis. Il faut ensuite payer les cotisations mensuelles car des prédécesseurs ont fondé le club et préparé la place. Sinon, les nouveaux arrivants profiteraient de quelque chose auquel ils n'ont pas contribué… »
Faut-il rappeler à cet abruti que les matières premières : pétrole, or, cuivre, cobalt, diamant… du continent africain sont pillées depuis 150 ans par les occidentaux qui continuent à reverser aujourd'hui à ce continent guère plus de 3% de la valeur de ce qui en est retiré ?

Attendez-vous aussi à tomber à la renverse avec cette intervention d'un citoyen américain que l'on ne saurait classer dans le camp du pire ou du meilleur quand il révèle, pour soulager sa conscience (ce que l'on préfère croire), qu'il était un assassin financier dont l'activité relevait de la même philosophie que celle d'un tueur à gages sauf qu'il était chargé de tuer économiquement de petits pays pour le plus grand profit de sa patrie d'origine. Pire encore, ceux qui venaient derrière lui quand il avait échoué, « les chacals », étaient chargés d'éliminer physiquement ceux qui n'avaient pas pu être corrompus, de Salvador Allende à Saddam Hussein, ça fait pas mal de monde.
Pour les questions qu'il pose, le constat insensé qu'il dresse et la nécessaire moralisation collective du système qu'il suggère, Let's make money, ravageur, essentiel et inspiré, est à voir impérativement.